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Rénovation énergétique des logements : les arnaques explosent, méfiez-vous

logo de Capital Capital 08/02/2018 Chantal Masson
Rénovation énergétique des logements : les arnaques explosent, méfiez-voust © Getty images / Hakan Jansson Rénovation énergétique des logements : les arnaques explosent, méfiez-voust

"Isolez vos combles pour 1 euro", "Économisez jusqu’à 70 % sur votre facture d’électricité en faisant installer des panneaux solaires"… Les promesses de sociétés de rénovation énergétique et surtout leurs méthodes agressives de démarchage téléphonique ou à domicile, l’attitude des banques peu regardantes sur les crédits accordés pour ce type d’opération et les rentabilités annoncées qui ne sont pas au rendez-vous, c’est que dénonce l’UFC-Que Choisir. L’association a passé au crible environ 300 dossiers sur près de 900 litiges reçus.

Du démarchage au harcèlement

Le démarchage dans ce domaine avait pourtant connu une accalmie en 2015-2016, après le vote de la loi Hamon prévoyant des dispositions plus protectrices pour les consommateurs. Fin 2016 et en 2017, avec le développement des crédits d’impôt pour la transition énergétique (CITE), il a pourtant repris de plus belle. Il frise aujourd’hui le harcèlement. Tous les moyens sont bons pour faire plier le prospect. On fait, par exemple croire, au propriétaire que le démarcheur est envoyé par la mairie et qu’on risque une amende si on n’effectue pas des travaux d’isolation. On fait signer un document présenté comme une évaluation énergétique et il s’agit en fait d’un bon de commande qui engage le signataire. On exige un acompte alors que cette pratique est interdite avant l’expiration du délai de rétractation de 14 jours auquel a droit toute personne démarchée (par téléphone ou physiquement). Cette option est souvent passée sous silence et le bordereau de rétractation n’apparaît pas toujours ou quand il est présent, le dossier est antidaté pour faire tomber l’opportunité d’annuler la commande… En l’occurrence, le délai de 14 jours, quand il est mentionné, paraît bien court pour des travaux qui coûtent en moyenne 20.000 euros et qui, très techniques, nécessitent des conseils, des avis différents, des comparaisons. Si le signataire revient sur son engagement dans les 14 jours, il n’est pas rare que le démarcheur retourne chez le client et use de manœuvres d’intimidation, voire de menaces…

L’éco-PTZ oublié

Dans la liasse de papiers présentés lors de ces opérations coup de poing, se glisse parfois un dossier de crédit que le client signe sans s’en apercevoir. Et là, l’association de consommateurs pointe du doigt les établissements bancaires pas très regardants sur les pratiques des sociétés de rénovation énergétique démarcheuses. Ils n’exercent aucun contrôle. Le hic, c’est que les sociétés démarcheuses peuvent par exemple passer sous silence les charges d’un foyer pour gonfler sa solvabilité et faire en sorte que le prêt soit accordé plus facilement. Elles proposent les solutions les plus rentables pour le banquier et les plus chères pour le client : le crédit classique ou le prêt personnel au détriment d’un éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) ou d’un crédit affecté. Dans ce dernier cas, le crédit est lié à la fourniture du service et le paiement des traites ne démarrent qu’une fois le chantier fini et en cas de malfaçons importantes, on peut même demander au juge que le remboursement du crédit affecté soit interrompu.

Bref, il reste du ménage à faire dans ce secteur si les pouvoirs publics comptent parvenir aux objectifs fixés : réduire la consommation énergétique des logements de 38 % d’ici 2020…


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