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Plus d'un milliard de perdu en 4 ans, le gouffre financier de beIN Sports

logo de BFM Business BFM Business 18/05/2017 Frédéric Bianchi et Jamal Henni
© Fournis par BFMNews

Depuis son lancement en 2012, la chaîne de sport qatarienne n'a pas été rentable une seule année. Des pertes cumulées qui atteignent la somme colossale de 1,03 milliard en quatre ans. En cause: des droits sportifs trop élevés alors que les abonnés ne sont pas au rendez-vous.

Y a-t-il une colossale bulle financière autour du foot sur le point d'exploser? Si les clubs dans leur ensemble peinent à être rentables (15 clubs de Ligue 1 sur 20 ont perdu de l'argent en 2015), les chaînes de télé aussi semblent échouer à rentabiliser leurs investissements. C'est notamment le cas de beIN Sports. Selon une information révélée par Capital, la chaîne qatarienne a cumulé plus de 1 milliard d'euros de pertes depuis son lancement en France dans l'Hexagone. 

Dans le détail, la chaîne qui détient notamment les droits de la Ligue 1 française, n'a pas bouclé un seul exercice dans le vert depuis 2012.

2012: -262 M€

2013: -292M€

2014: -336M€

2015 (avril à décembre): -142M€. 

Soit un total de 1,03 milliard d'euros engloutis en 4 ans. Sur le dernier exercice déposé par la société qui couvre la période d'avril à décembre 2015, le chiffre d'affaires a atteint 184 millions d'euros et la perte 142 millions. La faute évidemment à l'achat de droits sportifs. Le montant s'est élevé à 416 millions d'euros sur cette période alors que les dépenses de personnel (journalistes, techniciens) n'étaient que de 16,8 millions sur la période.

Des coûts très élevés que ne compensent pas les recettes des abonnements. Toujours sur les 9 derniers mois de 2015, elles ont atteint 171 millions d'euros, soit 19 millions par mois. Sachant que sur un prix d’abonnement de 13 euros TTC, il faut enlever 10% de TVA (on tombe à 11,81 euros HT) et les 30% de commission laissés au distributeur, on arrive à un chiffre d'affaires mensuel par abonné de 8,27 euros. Sur cette période, beIN Sports a donc eu une moyenne de 2,3 millions d’abonnés. Très loin du point mort que la chaîne estime à 4 millions. Même si depuis fin 2015, le nombre d'abonnés a progressé, notamment grâce à l'Euro, puisqu'il aurait dépassé les 3 millions en juillet selon la chaîne.

Les droits sportifs sont-ils trop chers?

Reste que la situation financière ne semble pas prête de s'améliorer. En cause, les droits sportifs qui devraient continuer à enfler dans les années à venir. Selon Morgan Stanley, ils devraient coûter à la chaîne 470 millions d'euros en 2016 (contre 416 en 2015). Outre la Ligue 1 de football, beIN diffuse la Ligue 2, les championnats allemand, italien et espagnol, ainsi que la majorité de la Ligue des champions et de l’Europa League. Mais aussi d’autres sports tels que la NBA, la Coupe d’Europe de rugby, des tournois de tennis (dont Wimbledon), ou le championnat de France de handball. Or la concurrence devrait s'accroître entre les médias dans les années à venir. Car outre le rival Canal+, le groupe Altice (propriétaire de 49% de NextRadioTV auquel appartient BFM Business) s'est lancé dans la bataille des droits sportifs en rachetant les droits de diffusion de la Premier League britannique.

Mais la bataille vaut-elle le coût? Aux États-Unis et en Grande-Bretagne, les médias se posent en tout cas de plus en plus la question. Outre-Manche par exemple, les audiences de la Ligue des Champions ont baissé de 40% ces dernières années. Et si celles de Premier League se maintiennent, elles ne progressent plus. Pas de quoi justifier l'inflation des droits du championnat anglais qui ont atteint les 8,3 milliards de livres sur les trois prochaines saisons. Aux États-Unis, la question se pose avec encore plus d'acuité. Alors que les chaînes et câblo-opérateurs ont payé 47 milliards de dollars pour acquérir les droits de la NFL (football américain), les audiences accusent des baisses à 2 chiffres depuis le début de l'année selon le Guardian. 

Les jeunes se détournent du sport? 

Et chose étonnante, ce seraient les jeunes qui se détourneraient du sport. Il y a certes la concurrence d'internet et des sites pirates qui retransmettent les matchs sans avoir les droits. Mais il y a plus inquiétant pour le business du sport. Selon un sondage réalisé par Ampere Analysis auprès de 31.000 personnes en Europe et aux États-Unis, les 18-24 ans seraient la catégorie d'âge la moins intéressée par le sport. Un tendance très marquée notamment aux États-Unis et en Grande-Bretagne mais aussi dans le reste de l'Europe, à l'exception notable de la France. 

En cause, la multiplication des distractions numériques. Des séries TV sur Netflix à Snapchat en passant par Facebook, Pokemon Go ou Candy Crush, le millenials ont accès à de plus en plus de passe-temps divers, et le sport et les médias traditionnels en général semblent être les victimes de cette offre de plus en plus pléthorique. 

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