Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

Les clés pour bien gérer votre argent au sein du couple

logo de Capital Capital il y a 5 jours Jean-Victor Semeraro
Les clés pour bien gérer votre argent au sein du couple © Collection personnelle de Madame Héloïse Bolle Les clés pour bien gérer votre argent au sein du couple

Ex-journaliste à Capital et Challenges, Héloïse Bolle est aujourd’hui conseillère en gestion de patrimoine. Fondatrice du cabinet Oseille et compagnie, elle vient de faire paraître Les bons comptes font les bons amants aux éditions du Cherche Midi. 

Capital : Dans votre ouvrage, vous insistez sur l’idée que s’intéresser à ses finances, c’est se protéger. 

Héloïse Bolle : L’erreur souvent commise au sein d’un couple, c’est de déléguer à l’autre la gestion de l’argent. Je pense qu’il faut procéder à l’inverse. Remplir sa déclaration d’impôts à deux, lire le contrat de prêt immobilier ensemble, bien lire les contrats pour les actes importants. Il y a trop de familles où l’un des membres du couple est dans l’ignorance de la situation financière du foyer. C’est souvent par négligence, mais cela peut les mettre dans une situation délicate s’ils se retrouvent seuls du jour au lendemain.

Capital : C’est un peu l’antithèse du romantisme le thème de l’argent dans un couple ?

Héloïse Bolle : Ce n’est peut-être pas glamour de parler d’argent, mais que préférez-vous ? Passer trois jours à mettre vos papiers en ordre ou laisser votre famille dans une incertitude patrimoniale qui peut conduire à la catastrophe ? Si penser d’abord à sa protection n’est pas une idée qui va de soi, c’est pourtant indispensable. Je vous rappelle que l’Insee estime qu’en vous mariant en 2019, vous avez 40% de chances de divorcer. Et en cas de divorce, le jugement rendu par un tribunal est plus qu’incertain. De quoi inciter à tirer au clair sa situation financière.

Capital : Quels schémas familiaux faut-il éviter en matière d’argent ?

Héloïse Bolle : Les situations où l'on constate un fort déséquilibre de revenus sont porteuses de problèmes. Par exemple, si un couple est marié en séparation de biens, pacsé ou en union libre et que l’épouse a beaucoup moins de revenus que son mari, celle-ci doit absolument se constituer une épargne solide. Le piège est de vouloir participer aux dépenses du foyer à la même hauteur que son mari et ne rien pouvoir épargner pour soi. Autre schéma à fuir absolument : la situation où l’un paye le remboursement de la maison, et l’autre assume tout le quotidien. Au bout du compte, devinez lequel des deux repart avec la maison.

Capital : Choisir un régime matrimonial n’est pas à faire à la légère. Vous n’êtes pas forcément une adepte du régime légal. Pourquoi ?

Héloïse Bolle : C’est vrai. Je trouve que le régime de la communauté réduite aux acquêts peut générer de très mauvaises surprises. Imaginons que 5 années avant votre mariage, vous avez acheté un studio 200.000 euros. Avant d’épouser votre dulcinée, vous aviez déjà remboursé 50.000 euros. Le mariage intervient. Les 15 années suivantes, vous remboursez les 150.000 restant. Cette somme est en réalité remboursée par la communauté. Malheureusement vous divorcez. En vous mariant, souvent sans le savoir, vous avez généré une dette auprès de votre épouse. Si cette dernière n’est pas officiellement propriétaire sur l’acte notarié, elle peut tout de même revendiquer sa part. Car, tout ce que vous encaissez ou remboursez à partir de votre mariage entre dans la communauté - hormis l’argent récupéré par succession ou par donation. Votre épouse peut donc vous réclamer 75.000 euros ! 

Capital : Est-ce à dire qu’il faut privilégier la séparation de biens ?

Héloïse Bolle : Avec la séparation de biens, les choses sont claires. C’est particulièrement vrai si un époux fonde sa société par exemple. En cas de divorce, cela évite des situations très difficiles. Celles où à cause du régime de la communauté l’un des conjoints doit faire entrer un nouvel actionnaire pour racheter les parts de son ex ou, au pire, vendre sa société. Au-delà de la catastrophe sentimentale, cette situation amène parfois à la liquidation de sa vie professionnelle. Être en séparation de biens permet de prévenir un tel désastre.

Capital : Dans la gestion quotidienne du budget de la famille, vous conseillez d’ouvrir des comptes bancaires spécifiques pour certaines dépenses. Pourquoi ?

Héloïse Bolle : En effet, je pense que, par exemple, le remboursement du crédit immobilier ou le paiement des impôts peuvent être effectués avec un compte bancaire dédié. Cela permet de laisser des traces évidentes et faciles à repérer de votre participation aux dépenses importantes. Ainsi, ces charges non négligeables pour le foyer ne se perdent pas dans le relevé de compte courant entre les courses du marché et les baskets du petit dernier.

Capital : Pour conclure, pourquoi est-il si important d’organiser sa succession ?

Héloïse Bolle : Dans une famille nucléaire classique, un couple et deux enfants, la loi est plutôt protectrice de l’époux survivant. Et il n’y a aucune ambiguïté sur la dévolution successorale, à savoir qui sont les héritiers. En revanche, organiser sa succession est vraiment crucial pour les familles recomposées. Sauf ordre contraire sur le testament, le survivant - grâce à la loi du conjoint survivant - occupe le logement jusqu’à la fin de ses jours si le défunt était propriétaire. Parfois, une donation au dernier vivant lui laisse, en plus, la jouissance de tous les biens jusqu’à son décès ! Une situation qui peut amener un fort ressentiment chez les enfants qui n’hériteront pas du bien, où à un âge très avancé. Dès qu’il y a remariage, il faut prendre rendez-vous chez un notaire. L’enjeu est simple : comprendre, en cas de décès de l’un des époux, qui est protégé, qui hérite de quoi. Ce n’est peut-être pas agréable, mais cela facilite beaucoup les choses au moment de la succession.

AUSSI SUR MSN : Finances personnelles : les erreurs à éviter

Téléchargez l'application Microsoft News pour Android ou iPhone, et soyez ainsi toujours au courant de l'actualité.

>> Notre service - Testez notre comparateur d’ASSURANCES VIE

Publicité
Publicité

Plus d'info : Capital.fr

Publicité
image beaconimage beaconimage beacon