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Un labo quintuple le prix de son médicament "par devoir moral"

logo de Capital Capital 12/09/2018 Sarah Ugolini


Un labo quintuple le prix de son médicament "par devoir moral" © Getty Images Un labo quintuple le prix de son médicament "par devoir moral"

Le PDG du laboratoire se justifie en invoquant son "devoir moral de vendre le produit au prix le plus élevé". La FDA a vivement condamné ses propos.

Nirmal Mulye a un curieux sens de la moralité. Le PDG des laboratoires pharmaceutiques Nostrum, dans le Missouri, a fait s'envoler le prix d'un de ses antibiotiques de plus de 400 % le mois dernier. Comme le rapportent Les Échos, le médicament victime de cette subite inflation est la nitrofurantoïne. Elle vise à traiter les infections de la vessie. Vendu habituellement 474,75 dollars, son prix a quintuplé est le médicament est désormais vendu à 2,392 dollars selon une base de données américaine. La nitrofurantoïne étant inscrite sur la liste des médicaments essentiels de l'Organisation mondiale de la santé, cette augmentation vertigineuse et injustifiée a suscité une vague de colère aux États-Unis.

Nirmal Mulye se défend en indiquant qu'il a un "devoir moral de faire de l'argent quand c'est possible... de vendre un produit au prix le plus élevé ". En guise d'explication, le PDG du laboratoire invoque l'augmentation réalisée sur un produit concurrent par le laboratoire Casper Pharma. La société aurait pratiqué sur un produit similaire une hausse de 300 % en trois ans. Les deux entreprises profitent d'un d'approvisionnement du médicament aux États-Unis. Le PDG du laboratoire a poussé le cynisme très loin en assurant comprendre l'augmentation de 5.000 % pratiquée par Martin Shkreli sur un médicament pour les malades du sida.

Condamnation de la FDA

"S'il est le seul à le vendre, il peut gagner autant d'argent qu'il le peut", a déclaré Nirmal Mulye, cité par le "Financial Times". Selon lui, "c'est une économie capitaliste et si vous ne pouvez pas faire de l'argent, vous ne pouvez pas rester en affaires". De son côté, la Food and Drug Administration (FDA), autorisant la commercialisation des médicaments aux États-Unis, a condamné fermement les propos du PDG. "Il n'y a pas d'impératif moral d'extorquer ses patients" selon l'organisme.

>> À lire aussi : Prix des médicaments : pourquoi sont-ils si bas en France ?

"La FDA continuera à promouvoir la concurrence pour que les spéculateurs et ceux qui n'ont aucune considération pour les conséquences de santé publique ne puissent pas profiter des patients qui ont besoin de médicaments", a rétorqué sur Twitter un commissaire de l'organisation. En juillet, selon un rapport publié par le groupe Wells Fargo et relayé par le site Axios, 110 médicaments ont vu leur prix augmenter, pour 32 diminutions. Aux États-Unis, l'accès aux soins est inaccessible à de nombreux citoyens.

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