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La nouvelle vie de palace de l'hôtel Lutetia qui rouvre à Paris

logo de Challenges Challenges 12/07/2018 Laure Croiset

Après quatre ans de travaux, l'hôtel Lutetia rouvre ses portes ce jeudi 12 juillet à Paris. Une renaissance évaluée à 200 millions d'euros pour un établissement qui a pour ambition de décrocher la distinction "palace".

© Fournis par www.challenges.fr

Sa façade ondulée comme une vague est reconnaissable entre toutes. Après quatre ans de travaux supervisés par l'architecte français Jean-Michel Wilmotte, l'emblématique hôtel parisien Lutetia prépare sa renaissance avec une réouverture au public fixée ce jeudi 12 juillet. "Le résultat va bien au-delà de nos espérances", reconnaissait fièrement Jean-Luc Cousty, le directeur général de l'établissement lors d'une présentation à la presse organisée ce lundi 9 juillet.

Situé dans le quartier Saint-Germain-des-Près (6e arrondissement), cet hôtel qui fait face au Bon Marché a été construit en 1910 à l'initiative de sa propriétaire Marguerite Boucicaut pour héberger les principaux clients et fournisseurs de son grand magasin. L'architecte en chef a souhaité restituer l'âme d'origine du Lutetia, qui fut précurseur de l'Art déco au début du XXe siècle -du luxe à la fois accessible et non ostentatoire. Cette maison a été rachetée 145 millions d'euros en 2010 par le groupe immobilier israélien Alrov et est gérée par The Set Hotels.

Au rez-de-chaussée, l'hôtel Lutetia se décline en différents grands espaces afin de "favoriser les lieux de rencontres". Le bar Joséphine et son ambiance jazz d'un côté, le salon Saint-Germain et sa (très) surprenante verrière aux 12 héros conçue par l'artiste contemporain Fabrice Hyber de l'autre. En arrière-fond, l'orangerie et son jardin d'hiver qui servent les petit-déjeuners à la clientèle de l'établissement. Au sous-sol, ce sont un spa, une piscine en marbre de 17 mètres et une clinquante salle de fitness qui sont réservés exclusivement à une clientèle de membres. À la rentrée, la Brasserie du Lutetia, gérée par le chef triplement étoilé Gérald Passedat, fera son retour, ainsi que le Bar Aristide. Au total, ce sont plus de 400 salariés qui travaillent actuellement pour ce nouveau Lutetia, qui a gardé pour devise "Fluctuat nec mergitur" ("il est battu par les flots, mais ne sombre pas", également devise de la Ville de Paris).

Une enveloppe de 200 millions d'euros

"Nous souhaitions un hôtel contemporain, avec un mélange entre des éléments historiques comme les fresques ou les plafonds sculptés, et des éléments très modernes, comme le mobilier et les éclairages qui ont été dessinés spécifiquement pour le Lutetia", explique à Challenges Jean-Luc Cousty, qui dirige l'établissement depuis plus de dix ans. Le tout, dans un style qui se situe à mi-chemin entre l'art nouveau et l'art déco, avec pour motifs principaux le losange, la ligne et l'écaille. Avec une enveloppe budgétée à plus de 200 millions d'euros, l'architecte Jean-Michel Wilmotte et ses équipes ont bien pris soin de remettre aux normes un établissement emblématique que ce dernier décrit comme étant devenu "très vétuste". Tout en insérant de la lumière naturelle à tous les étages, comme pour mieux effacer un épisode trouble de son histoire (l'hôtel a été réquisitionné par les forces nazies d'occupation pendant la Seconde Guerre mondiale).

L'objectif de ce chantier titanesque est d'inscrire le Lutetia, passé de 4 à 5 étoiles, parmi les grands hôtels parisiens. Recouverte de cinq ou six couches de peintures la fresque emblématique du bar Joséphine reprend ainsi vie, près de cent ans après leur création, au fruit de 17.000 heures de travail minutieux de restauration réalisés par l'Atelier de Ricou. Les cloisons ont été supprimées pour redistribuer les espaces et faire en sorte que cet hôtel, qui était traditionnellement réservé aux voyageurs grand public, réponde désormais aux normes d'une clientèle plus exigeante. 

De 300 à 800 euros le prix moyen

"Le Lutetia dispose de 184 chambres et suites. Nous avons été amenés à supprimer 50 chambres pour rendre les espaces plus confortables", explique le directeur de l'établissement. Dans chacune des chambres aux teintes tantôt grèges tantôt bleues, les baignoires ont été sculptées dans des monolithes de marbre blanc de Calacatta. Et pour mieux répondre aux nouveaux critères technologiques, les miroirs de la salle de bain sont tous équipés d'une télévision intégrée avec écran tactile. Cette renaissance permet non seulement à l'établissement de monter en gamme, mais surtout d'augmenter considérablement son prix moyen, en passant de 300 à 800 euros la nuit. 

"Nous proposons un service palace, ouvert 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, et nous souhaitons que ce service soit à la fois attentif et bienveillant", note Jean-Luc Cousty. Il vise un taux d'occupation moyen de 50% pour son année d'ouverture, le temps de "remettre le Lutetia sur le marché", alors qu'en 2014, son taux d'occupation était de 80%. "Nous avions envie que les Parisiens retrouvent le Lutetia comme une adresse de la rive-gauche, mais aussi attirer des clients étrangers et proposer une alternative aux grands hôtels de la capitale, puisque nous sommes l'un des seuls hôtels de luxe sur cette rive". 

© Fournis par www.challenges.fr

Un "niveau de qualité exemplaire"

Derrière cette renaissance, l'ambition du Lutetia est bien de décrocher la distinction "palace" et de jouer ainsi dans la cour de l'hôtel du Plaza Athénée. "Nous ouvrons comme un hôtel 5 étoiles, mais très rapidement, nous déposerons un dossier pour obtenir le label palace. Sachant que le service qui sera offert correspondra dès le départ aux attentes d'un palace", reconnaît Jean-Luc Cousty. Un positionnement qui nécessite un "niveau de qualité exemplaire", explique à Challenges Laurent Delporte, expert en hôtellerie de luxe.

Si ce dernier reconnaît que le Lutetia bénéficie d'une faible concurrence dans son quartier, l'établissement devra surtout affronter les diktats d'une clientèle exceptionnelle, habituée aux plus grands palaces du monde entier, avec des destinations comme Dubaï, Shanghai ou Londres en ligne de mire. "L'hôtellerie ne repose que sur du détail et l'enjeu pour un établissement comme le Lutetia est de peaufiner son service, ce qui nécessite du temps. Ça ne peut pas se faire en quelques mois", conclut Laurent Delporte, avec une légère pointe de scepticisme.

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