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Bientôt un grand marché baissier sur les actions ?

logo de Capital Capital 12/10/2018 Nicolas GALLANT

Après le coup de semonce de février dernier, la chute des actions accusée ces dernières semaines est bien plus inquiétante… Elle pourrait signifier un retournement majeur des marchés, qui pourraient s’engager dans un mouvement baissier durable.

Bientôt un grand marché baissier sur les actions ? © YUBO / GETTY IMAGES Bientôt un grand marché baissier sur les actions ?

Par sa rapidité et son ampleur, le récent coup de torchon sur les marchés d’actions de la planète n’est pas sans rappeler le krach éclair de février dernier. Pour autant, si ce dernier était surtout dû à des facteurs techniques, la donne a changé. “Depuis le mini-accident de février, Wall Street avait signé jusqu’à récemment des hausses impressionnantes, sur fond de croissance économique soutenue, de mesures fiscales favorables et de publications de résultats meilleures que prévu. Mais dernièrement, la situation s’est nettement tendue et nous entrons en zone de danger”, juge Leovic Lecluze, gérant de fonds flexibles chez Schelcher Prince Gestion.

En effet, en septembre, la Réserve fédérale (Fed) des Etats-Unis a relevé son taux directeur pour la huitième fois depuis 2015. “A 2,25%, il se rapproche désormais à grands pas du niveau de 2,75%, à partir duquel il y aurait des risques pour la croissance économique américaine. Cela signifie qu’après deux tours de vis de 0,25 point chacun, à partir du deuxième trimestre 2019, les investisseurs pourraient s’inquiéter de plus en plus du rythme d’expansion de la première économie du monde”, souligne l’expert. Et alors que certains tablent même sur une récession en 2020, les entreprises pourraient dès 2019 anticiper une période de vaches maigres et réduire leurs investissements, pesant ainsi sur la croissance de l’année prochaine.

La remontée des taux d’intérêt à long terme, un danger

Surtout, le taux d’intérêt à 10 ans de l’emprunt d’Etat américain, baromètre des taux d’intérêt à long terme, s’est récemment propulsé à son plus haut niveau depuis 2011, déclenchant du même coup un signal haussier majeur, à moyen et long termes. “Une évolution très dangereuse, car elle pourrait casser la croissance économique et les profits des entreprises, avec un impact négatif à la clé sur les actions”, s’alarme Marc Touati, président du cabinet ACDEFI, économiste et écrivain (son dernier ouvrage, Bitcoin, Bourse, Dettes, Immobilier... Un Monde de bulles, est sorti le mois dernier). D’autant que la remontée des taux d’intérêt des emprunts d’Etat, réputés sans risque, devrait rendre en théorie les actions - risquées - moins attractives, en comparaison… 

L’évolution de “l’effet richesse” est à surveiller de près !

Outre les taux d’intérêt à 10 ans, ceux à 30 ans ont pris eux aussi le chemin de la hausse, ce qui “pèse sur le pouvoir d’achat immobilier des ménages américains et fait courir le risque d’un ralentissement du secteur de la construction et d’une baisse des prix de la pierre”, indique Leovic Lecluze. Au bout du compte, il faudra surveiller de près l’évolution du taux directeur de la banque centrale. En effet, si cette dernière, en tentant d’éviter toute surchauffe, “va trop loin, les taux d’intérêt à long terme pourraient monter plus que prévu, ce qui aurait pour corollaire une baisse des prix des obligations (qui évoluent à l’inverse des rendements, NDLR), de l’immobilier et des actions, trois classes d’actifs massivement détenues par les ménages américains”, met en garde l’expert. Le risque est en effet celui d’un “effet richesse” négatif massif, autrement dit d’un net appauvrissement des Américains, “qui les inciterait à se serrer la ceinture, pesant ainsi sur la croissance économique”.

La situation financière des Etats est en question...

La hausse des taux d’intérêt à long terme devrait peser tant sur la croissance que sur les finances publiques des grandes puissances. “Tant que les taux d’intérêt étaient bas, la France arrivait à s’en sortir. Mais en dépit de la faiblesse des taux, notre croissance est restée faible. Si les taux devaient remonter fortement, un choc sur le PIB est à prévoir”, explique Marc Touati. Le problème, c’est qu’en cas de crise, les grandes puissances devraient “manquer de munitions pour relancer la machine, en dehors de l’Allemagne, qui parvient à dégager un excédent public, et de la Chine, qui dispose de plus de 3.000 milliards de dollars de réserves de change”, souligne l’économiste.

… et la zone euro est la région la plus vulnérable !

Aux Etats-Unis, les taux d’intérêt montent pour de bonnes raisons, à savoir le surcroît d’inflation et la croissance forte du pays. “Mais en zone euro, et en particulier en Italie, ils grimpent parce que les intervenants s’inquiètent de la dérive des dettes publiques (sauf en Allemagne, qui réussit à réduire peu à peu la sienne, NDLR). Or, la BCE a déjà ramené à 0 son taux directeur et fait tourner la planche à billets, une politique ultra-accommodante qui n’a eu qu’un impact mitigé. Et hormis l’Allemagne, les Etats membres de la zone euro n’ont pas vraiment les moyens d’une relance budgétaire. D’où un relatif manque de munitions, en cas de nouveau choc”, souligne Marc Touati.

Selon l’expert, “la fête est finie. Le CAC40 et l’EuroStoxx50 pourraient baisser de 15 à 20%”. A l’instar de Marc Touati, Leovic Lecluze affiche lui aussi sa prudence sur les actions. Il recommande quant à lui de profiter d’un éventuel rally automnal (les mois de novembre et décembre sont traditionnellement porteurs pour les marchés, NDLR) pour “alléger drastiquement son exposition aux actions. En effet, 2019 pourrait être un millésime délicat et chahuté. D’autant que si le taux d’intérêt à 10 ans des Etats-Unis devait grimper à 3,50%, de nombreux investisseurs devraient être tentés de délaisser les actions au profit des obligations d’Etat”, justifie-t-il. 

“Nous sommes peut-être proches d’un haut de cycle, tant sur la croissance que sur les actions. Et il est possible que les sommets majeurs soient déjà derrière nous, sur les marchés”, juge l’expert. “De toute façon, le simple fait que les banques centrales mettent fin aux injections de liquidités (un phénomène qui fait grimper les taux d’intérêt des emprunts d’Etat, NDLR) devrait justifier une baisse des multiples de valorisation des actions et donc une baisse des cours graduelle et durable à Wall Street”, souligne-t-il.

Que dit d’analyse technique ?

Du point de vue de l’analyse technique (analyse graphique et mathématique des cours), “le CAC40 teste actuellement la zone de support clé de 5.135 points, correspondant à l’oblique ascendante reliant les creux majeurs de l’été 2017 et du premier semestre 2018. Une rupture confirmée - idéalement en clôture hebdomadaire - de ce niveau crucial suggérerait l’amorce d’un retournement majeur, à la baisse, du CAC40”, met en garde Robert Haddad (Banque SBA, Cfat). "Inversement, le franchissement confirmé du seuil de 5.246 points (le point bas de juin dernier, NDLR) invaliderait ce scénario négatif", nuance l'expert.

Evolution du CAC40 et analyse technique (cliquez sur l'image pour agrandir)

Données Bloomberg Finance


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