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Inflation : 10 facteurs qui empêchent les prix de grimper

logo de Capital Capital 09/11/2017 Nicolas GALLANT
Inflation : 10 facteurs qui empêchent les prix de grimpert © Pixabay Inflation : 10 facteurs qui empêchent les prix de grimpert

Vieillissement de la population, révolution technologique, faiblesse persistante des salaires, dettes excessives… Les freins au redressement de l’inflation ne manquent pas.

Le grand retour de l’inflation se fait attendre. Alors que les principaux responsables des banques centrales de la planète, emmenés par l'Américaine Janet Yellen, ont prédit le mois dernier une accélération de la hausse des prix, elle peine encore à décoller, malgré la reprise économique. En octobre, le taux d'inflation annuel de la zone euro était en effet estimé à 1,4%, contre 1,5% en septembre, selon Eurostat, l'office statistique de l'Union européenne.

Pourtant, les autorités monétaires n’ont pas lésiné sur les moyens pour faire grimper les prix à la consommation, ces dernières années. La Banque centrale européenne (BCE) s’est en effet lancée, depuis 2015, dans “un gigantesque programme de création monétaire qui dépassera 2.100 milliards d’euros”, rapporte Brunot Colmant, chef économiste de la banque belge Degroof Petercam. Or, contre toute attente, cette création monétaire débridée peine à faire remonter l’inflation au seuil symbolique de 2%, dont l’institution “devra d’ailleurs peut-être faire le deuil”, juge l’expert, qui souligne que s’il existe une inflation des prix des actifs (actions, immobilier...), “elle ne se traduit pas dans les flux de consommation”. Voici quels sont, selon lui, les différents facteurs expliquant la faiblesse persistante de l’inflation.

La “Grande modération”, provoquée par les banques centrales

Dans une perspective historique, l’inflation actuelle porte les stigmates de la réaction synchronisée des banques centrales, au début des années 80, pour atténuer la folle envolée des prix à la consommation de la décennie précédente. Une inflation débridée provoquée par les deux chocs pétroliers et la politique de déficit budgétaire des gouvernements occidentaux pour stimuler l’économie au prix d’un gonflement de la dette publique. Ce tour de vis monétaire généralisé s’est soldé par une période qualifiée de “Grande modération”. Elle conduisit, après la récession de 2009, à une “inflation très basse, et sans doute trop basse”, juge Brunot Colmant.

Le papy-boom affecte la consommation

Alors que les années d’après-guerre furent caractérisées par une poussée démographique qualifiée de baby-boom, entre 1945 et 1963, ce phénomène se traduit désormais par un papy-boom qui, “sur la base d’un départ à la retraite à 65 ans, couvre les années 2010 à 2048, en prenant en compte l’augmentation de l’espérance de vie”. Or, une population âgée a moins de besoins et consomme moins, d’autant qu’elle tend à constituer une certaine épargne de précaution.

La révolution technologique pèse sur l’emploi et les salaires

Nos économies traversent un choc technologique d’envergure. “Après la banalisation d’Internet et l’infiltration de la digitalisation, c’est l’intelligence artificielle qui va contribuer, dans une proportion croissante, à la création de richesses”, estime l’expert. Or, “cette révolution, destructrice d’emplois”, suscite une défiance se traduisant par la constitution d’une épargne de précaution - ce qui contraint mécaniquement la consommation -, et limite “la rémunération relative du travail humain”. Des éléments qui pèsent sur les prix à la consommation.

La “Stagnation séculaire” et la mondialisation

Pour certains économistes, l’économie mondiale serait entrée dans “une période de stagnation séculaire, c’est-à-dire une période prolongée de faible croissance économique”, favorisant ainsi une certaine mollesse de l’inflation. La mondialisation a, quant à elle, offert aux multinationales occidentales un accès à des pays à bas salaires. Un faible coût du travail qui leur permet d’offrir aux consommateurs des prix relativement bas sur les produits finis.

La faiblesse persistante des salaires bride l’inflation

Alors que la crise de 2008-2009 a plongé de nombreuses économies dans une spirale récessionnaire et déflationniste, “la précarisation de l’emploi (travaux atypiques, uberisation, flexibilité accrue mais nécessaire du marché de l’emploi) entraîne une atténuation des revendications salariales dans un marché du travail déstructuré”, bridant ainsi la hausse des prix à la consommation.

La peur du déclassement social favorise l’épargne au détriment de la consommation

Amplifiées par une décennie de crise, les inégalités sociales se sont creusées. “La peur de la chute sociale suscite des comportements prudents d’épargne. Il en résulte une pression négative sur la consommation et sur les investissements, de nature désinflationniste”.

L’envolée de la dette publique pèse sur les achats des ménages

Alors que la dette publique a considérablement augmenté dans les pays occidentaux, ce fardeau “étouffe la croissance et donc l’inflation”. Déjà, il y a deux siècles, l’économiste Ricardo (1772-1823) estimait que les agents économiques “augmentaient leur épargne au détriment de la consommation (et donc de l’inflation), quand ils prenaient conscience qu’ils devaient payer l’endettement public par leurs impôts”.

L’euro protège le capital… au détriment de l’emploi

Au sein de la zone euro, la gestion de la crise économique et financière “a contribué à aggraver les convergences déflationnistes”, juge Bruno Colmant. “L'euro a conforté la protection du capital au détriment de la promotion de l’emploi. Cette devise est donc une monnaie génétiquement désinflatée et récessionnaire, c'est-à-dire une monnaie qui conserve son pouvoir d'achat au détriment des travailleurs”, dénonce-t-il.

Le nécessaire désendettement de certains secteurs déprime l’activité économique

Dans certains pans de l’économie marqués par une dette souvent excessive, un phénomène de désendettement est à l’oeuvre, comprimant ainsi l’activité économique, avec une politique monétaire partiellement inopérante.

Grâce à Internet, les consommateurs sont de plus en plus avertis, tirant ainsi les prix vers le bas

Avec le déploiement d’Internet et du commerce électronique, de grandes plateformes telles qu’Amazon “suscitent une transparence des prix” permettant à de nombreux consommateurs d’acheter à des prix optimisés. Un phénomène qui favorise un nivellement des tarifs par le bas, qui pèse mécaniquement sur l’inflation...

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