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L’écotaxe sur les billets d’avion est-elle vraiment écolo?

logo de leJDD leJDD il y a 4 jours Sofiane Aklouf

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La ministre des Transports, Elisabeth Borne, a annoncé l’instauration d’une taxe aérienne. Les vols intérieurs et intra-européens seront moins taxés que les vols internationaux au départ de la France. Une décision pas si écologique qu’elle en a l’air...

La ministre des Transports, Elisabeth Borne, a annoncé l’instauration d’une taxe aérienne. Les vols intérieurs et intra-européens seront moins taxés que les vols internationaux au départ de la France. Une décision pas si écologique qu’elle en a l’air... © Reuters

La ministre des Transports, Elisabeth Borne, a annoncé l’instauration d’une taxe aérienne. Les vols intérieurs et intra-européens seront moins taxés que les vols internationaux au départ de la France. Une décision pas si écologique qu’elle en a l’air...

En annonçant mardi une écocontribution sur les billets d'avion à partir de 2020, le gouvernement a fait le choix de taxer en fonction du kilométrage. Deux catégories de taxation ont été créées. Le montant de la taxe n’est pas directement corrélé aux émissions de CO2 ou de gaz à effet de serre. 1,50 euro de taxe pour un billet en classe éco en France. Jusqu’à 18 euros en plus pour un vol à l’étranger - hors Europe- en première classe.

Pour analyser l’aspect écologique de la mesure, le JDD a utilisé le calculateur d’émissions de CO2 de la DGAC (Direction Générale de l’Aviation Civile), accessible en ligne. Les calculs prennent en compte les émissions de CO2 associées au vol et les émissions liées à la production et à la distribution de carburant. Seuls les vols directs sont pris en compte. Pour comparer, nous prenons trois destinations : Paris-Marseille, Paris-New York, Paris-Alger en fonction du taux de CO2, de la distance et du kérosène utilisé. 

Taxer les grandes distances 

A première vue, taxer davantage un vol long courrier qu’un vol intérieur est pertinent du point de vue écologique. Prenons un aller simple Paris-New York et un second, Paris-Marseille. Le premier émet 510,5 kg de CO2, le second en rejette 86,8.

Divisé par le montant de la taxe associée à chaque trajet, en fonction de la classe, on obtient la taxation par kilomètres de C02 rejetés de ces vols :

Pour un Paris-Marseille : 86,8 /1,5  = 57,9          86,8/9 = 9,6 

Pour un Paris-New York : 510,5 /3 = 170,16       510,5/18 = 28,4  

Ainsi, en classe éco, un euro de taxe est appliqué pour 58 kms parcourus pour le vol intérieur, contre 170 kms pour le Paris-New York. 

Une mesure uniforme 

Pour autant, tous les voyages ne sont pas aussi polluants qu’un Paris-New York. Prenons une destination hors Europe mais à proximité géographique, l’Algérie. Le vol Paris-Alger sera donc taxé à hauteur de 3 euros en classe éco, 18 euros en première. 

172,8 kg de CO2 par personne sont rejetés, ce qui représente un euro de taxe pour 57,6 kms parcourus, soit un chiffre très comparable au Paris-Marseille et ces 57,9 kms pour un euro. Dans ce cas précis, il n’y a quasi-aucune pénalisation fiscale du vol intérieur par rapport au vol international. 

Une taxe sur le kérosène écartée

Le gouvernement a fait le choix de ne pas suivre cette piste. La comparaison de nos trois vols permet de voir lequel est proportionnellement le plus gourmand en kérosène. 

Sont pris en compte les litres de kérosènes consommées aux 100 kms, par passager.

Paris-Marseille : 4,4 litres 

Paris-Alger : 4,2  litres

Paris-New York : 2,9 litres 

Si l’on prend donc le seul critère de la consommation de kérosène, il faudrait que le vol Paris-Marseille soit davantage taxé que le Paris-Alger et le Paris-New York. 

Une empreinte carbone à rapporter au nombre de kilomètres parcourus 

Le taux de CO2 rejeté par passager doit être rapproché de la distance parcourue. Ainsi, en divisant cette émission de CO2 par le nombre de kilomètres, nous obtenons l’empreinte carbone par kilomètre d’un passager. 

Paris-Marseille : 86,8 kg de CO2 par passager pour 653 kms soit 0,13 kg par km    

Paris-Alger : 172,8 kg de CO2 par passager pour 1373 kms soit 0,12 kg par km     

Paris-New York : 510,5 kg de CO2 par passager  pour 5840 kms soit 0,009 kg par km

Proportionnellement, le Paris-Marseille pollue 14 fois plus que le Paris-New York. Or, les vols à destination d’Alger et de New York sont deux fois plus taxés par cette réforme que le vol intérieur.

Sans compter que le vol intérieur peut-être effectué en train. D’après les données de la SNCF, un Paris-Marseille émet 2.071 kg de CO2. Selon le bilan de l’Observatoire des transports et de la mobilité, la capacité moyenne d’un train rapportée au taux de remplissage est de 448 personnes. Ainsi, le trajet Paris-Marseille rejette 4,6 kg de CO2 par passagers. Un chiffre faible au regard des 86,8 kgs de CO2 en avion. Sur Twitter, un internaute compile les données sur le train et l’avion.

D’après ses calculs, un passager de la ligne aérienne interne la plus fréquentée de France, Paris-Toulouse, émet 40 fois plus de CO2 qu’un passager de la ligne TGV Paris-Toulouse.

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