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Altice réfléchirait à une offre à 185 Mds$ sur Charter Communications

logo de Boursier Boursier 10/08/2017 Boursier.com

Qui a dit qu'il ne se passait rien autour du 15 août en bourse ? Pas CNBC en tout cas, qui a révélé qu'Altice planche sur une offre de rachat de Charter Communications, le second cablôpérateur américain. Le groupe de Patrick Drahi est lui-même numéro quatre du marché après les rachats de Cablevision et Suddenlink par sa filiale Altice USA, entrée récemment en bourse à Wall Street. Le dirigeant n'a jamais eu froid aux yeux, et c'est sans doute ce qui donne à certain crédit à cette rumeur, même si les forces en présence paraissent totalement déséquilibrées. Altice pèse 32 milliards d'euros à Amsterdam, où elle est cotée, tandis que sa filiale américaine capitalise 23 milliards de dollars. Charter, c'est 121 milliards de dollars. Et même 185 milliards de dollars si l'on en croit le ticket d'achat que serait prêt à payer le prétendant. Sprint et Verizon garderaient également un oeil sur Charter, qui a croqué Time Warner Cable voilà un an pour 79 milliards de dollars. Une guerre à trois serait du pain béni pour John Malone, le patron de Liberty Media, premier actionnaire du câblopérateur avec 21% du capital, note ce matin le 'New York Post'.

Les yeux plus gros que le ventre ?

Les analystes sont sceptiques. "Aucun des prétendants présumés n'a le bilan nécessaire pour monter une offre crédible qui soit plus intéressante que la stratégie en solo de Malone", assène Craig Moffett, de MoffettNathanson, au 'NYP'. L'un de ses confrères rappelle que Charter est une success-story (+74% depuis l'acquisition de Time Warner Cable, presque quatre fois la performance du secteur) qui n'a besoin de personne pour continuer à tracer sa route. Et si en bourse il ne faut jamais tenter de rattraper un couteau qui tombe, selon le célèbre adage, il est tout aussi difficile d'intercepter une fusée, surtout de cette taille. Une éditorialiste de Bloomberg, qui ne croit pas du tout qu'Altice ait les capacités de s'offrir Charter, pense que le groupe de Patrick Drahi va au contraire se tourner vers le numéro trois du secteur, Cox Communications, ou sur des acteurs plus petits comme Mediacom. Et même dans l'hypothèse où le dynamique homme d'affaires franco-israélien parviendrait à monter le financement nécessaire, il faudra encore convaincre Charter de se laisser croquer, ce qui ne sera pas une mince affaire. Pour autant, Liberty Media et John Malone préféreraient sans doute se rapprocher d'Altice que de Sprint, et l'opération aurait sans doute le feu vert de l'antitrust, estime Tom Eagan, chez Telsey, qui passe positif sur le dossier en visant 450$ l'action Charter.

Aucune approche officielle n'aurait encore été effectuée à ce stade par Altice, et il pourrait fort bien ne rien se passer, ont indiqué les sources des différents médias au fait de la situation. Dexter Goei, le patron d'Altice USA, n'a jamais caché son ambition sur le marché américain, ni son analyse selon laquelle la consolidation doit se poursuivre entre les différents acteurs. Chez Liberty Media, Greg Maffei, le CEO, a indiqué hier que toutes les offres intéressantes seraient examinées, tout en prévenant qu'il faudra placer la barre très haut pour faire mieux que les perspectives actuelles de Charter, qui sont au beau fixe. Le message est limpide : tout est envisageable, mais au juste prix. Reste à savoir si ce prix est dans les cordes des trois prétendants.

Le titre rebondit

Après avoir chuté hier de plus de 5% à l'annonce de la rumeur Charter, le titre reprend du poil de la bête en Europe, sur un gain de 2,9% à 20,21 euros. "Je pense que l'opération est susceptible de créer pas mal de valeur", commente ce matin Emmanuel Carlier chez ING, qui recommande à ses clients d'acheter le titre, avec une valorisation de 28 euros. Cependant, l'analyste a du mal à voir à ce stade quelle montage financier pourrait être déployé pour qu'une opération d'une telle ampleur n'anéantisse pas les avantages de la transaction. Les investisseurs sont prudents, car ils ont en mémoire la chute de l'action après l'acquisition de Cablevision. Mais cette fois, l'opération est différente, selon Carlier, car d'une part les actifs existants sont en bien meilleure posture, d'autre part Altice n'a procédé à aucune acquisition majeure ces deux dernières années et enfin parce que le groupe a démontré, ces 18 derniers mois, sa capacité à améliorer nettement la rentabilité de ses actifs aux Etats-Unis.

© Fournis par Boursier
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