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Des vidéos d'essais nucléaires déclassifiées par les États-Unis

logo de Le Figaro Le Figaro 20/03/2017 Cyrille Vanlerberghe
figarofr: L'essai nucléaire Nutmeg lors de la campagne Hardtack 1, le 21 mai 1958, d'une puissance équivalente à 25 kilotonnes de TNT, sur l'atoll de Bikini dans le Pacifique. © Lawrence Livermore National Laboratory L'essai nucléaire Nutmeg lors de la campagne Hardtack 1, le 21 mai 1958, d'une puissance équivalente à 25 kilotonnes de TNT, sur l'atoll de Bikini dans le Pacifique.

Le département américain de l'Énergie a déclassifié pour la première fois une série de vidéos spectaculaires d'essais nucléaires réalisés à l'air libre par les États-Unis jusqu'en 1963.

Au ralenti, les images d'explosions nucléaires sont aussi spectaculaires qu'effrayantes. Grâce au travail de Greg Spriggs, un physicien de 66 ans spécialiste des armes atomiques, le grand public a désormais accès à quelques-uns des films secrets qui ont documenté les tests d'armes nucléaires réalisés à l'air libre par les États-Unis. Au Lawrence Livermore National Laboratory en Californie, l'un des deux laboratoires fédéraux qui conçoivent les armes nucléaires américaines, Greg Spriggs a fait un énorme travail pour retrouver ces milliers de films conservés dans les coffres-forts du département de l'énergie américain à Los Alamos, les numériser, et enfin déclassifier ceux qui n'avaient plus de raison d'être secrets.

Pour le physicien qui réalise ce dernier travail avant de prendre sa retraite, il s'agit à la fois d'une opération de sauvegarde d'un patrimoine historique, et d'un moyen d'en apprendre plus, avec les moyens informatiques d'aujourd'hui, sur des essais atmosphériques interdits depuis le Traité d'interdiction partielle des essais nucléaires signé en 1963. Tous les essais suivants, jusqu'au dernier test américain en 1992 ont ensuite été souterrains, pour limiter les retombées radioactives.

Les 65 vidéos mises sur Youtube par le Lawrence Livermore National Laboratory sont exceptionnelles car elles sont toutes réalisées avec des caméras ultrarapides, à 2400 images par seconde. Ces caméras permettent notamment de décomposer l'expansion de la boule de feu dans les premières microsecondes après l'explosion.

Sur la vidéo ci-dessus, de l'essai Tesla le 1er mars 1955 sur le site d'essais du Nevada, une charge de 7 kilotonnes explose au sommet d'une tour de 100 m de haut. On peut voir au début quatre «piques» qui partent de la boule de feu vers le sol. Ce sont en fait les câbles métalliques qui soutiennent la tour qui prennent feu instantanément sous l'effet de la luminosité intense de l'explosion (plus de 100 fois l'intensité de la surface du Soleil).

Tout juste 6 jours après l'explosion Tesla, le 7 mars, c'est une explosion plus forte, de 43 kilotonnes qui secoue cette fois la surface du Nevada. En gros plan, la vidéo ci-dessus montre la surface en expansion de la boule de feu, et toujours les lignes lumineuses le long des câbles. Quand la boule de feu touche le sol et commence à le vitrifier, elle se fait alors dépasser par l'onde de choc de l'explosion (à gauche de l'image, vers 7 secondes), dont on peut voir la trace avec des nuages de poussière soulevés sur le sol.

L'analyse des images de l'explosion permet notamment aux experts de déterminer la puissance réelle de l'essai, et de la comparer avec celle qui était prévue.

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Plus d'info : le figaro.fr

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