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Le sport sur ordonnance, une prescription utile mais pas remboursée

logo de Femme Actuelle Femme Actuelle 14/03/2017 Charlotte Fouilleron
Le sport sur ordonnance, une prescription utile mais pas remboursée: image/jpeg © Prisma Media image/jpeg

Depuis le 1er mars, en vertu de la loi Santé, les médecins pourront prescrire une activité physique aux malades chroniques. Déjà expérimentée, la démarche rencontre un vrai succès.

C'est pour qui ?

Les personnes souffrant d’une affection de longue durée (ALD) - cancer, diabète, maladies cardiovasculaires, obésité.. -, soit 10 millions de patients. Sur proposition de leur médecin traitant, ils seront orientés vers des professionnels spécifiquement formés (kinés, ergothérapeutes ou animateurs sportifs) et se verront proposer une activité compatible avec leur pathologie : vélo, marche, natation, taï-chi…

Le sport, le meilleur des médicaments

La pratique d’une activité physique régulière a un réel impact sur l'état général des malades. Le patient en chimiothérapie supporte mieux la fatigue due aux traitements et voit le risque d’une récidive diminuer. Le diabétique améliore ses bilans sanguins, la personne en surpoids réapprend à bien respirer. « Le sport est tout bénéfice, résume Sylvain Landa, directeur adjoint du groupe de réflexion Sport et Citoyenneté. Il fait du bien physiquement et apporte une sensation de bien-être mental». En outre, la démarche crée du lien social. « Quand on souffre d’une ALD, on est parfois isolé, avance Lucile Julienne, responsable de l’animation sportive à la mairie de Blagnac où le dispositif existe déjà. Le sport fait sortir de chez soi, provoque des rencontres, permet de relativiser sa situation ».

Un dispositif qui a fait ses preuves

Importé d’Europe du Nord (Suède et Angleterre), le sport sur ordonnance a été mis en place à Strasbourg dès 2012. Pionnière, la capitale alsacienne a réussi à fédérer 170 médecins partenaires qui ont rédigé 900 ordonnances. Le taux d’obésité parmi les bénéficiaires a été sensiblement réduit. Certains ont diminué leurs traitements médicamenteux, tous ont modifié leur hygiène de vie. Une quarantaine de villes ont, depuis, suivi l'exemple strasbourgeois : Chambéry, Boulogne-sur-Mer, Villeurbanne, Biarritz… A Blagnac, en Haute-Garonne, on prescrit le sport sur ordonnance depuis fin 2013. Une trentaine de personnes sont accompagnées chaque année au rythme de deux séances de 45 minutes par semaine. A leur sortie du dispositif au bout d’un an, 77 % d’entre elles continuent une activité physique de leur propre initiative. « Pour nous, le pari est gagné, estime Lucile Julienne. Ces personnes trouvent ou retrouvent le plaisir de faire de l’exercice et leur qualité de vie s’en ressent ».

Efficace pour réduire le trou de la sécu

La sédentarité et ses retombées en terme de santé publique ont un coût faramineux : 80 milliards d'euros au niveau européen. Avec le sport sur ordonnance, l’idée est « d’avoir un impact économique sur le traitement fort coûteux de ces maladies chroniques, de passer du curatif au préventif », plaide Sylvain Landa. Il y a encore du chemin à parcourir, car moins d’un Français sur deux* déclare pratiquer une activité physique régulière. Mais près d’un tiers pensent qu’ils pourraient changer de comportement sur recommandation médicale. « C’est l’effet ordonnance, poursuit Sylvain Landa. Le médecin a un vrai pouvoir de persuasion ». Généralisé, un tel mouvement permettrait de faire chuter les dépenses de santé entre 10 et 20 %, selon le ministère de la santé. * BVA, 2014

Une mesure musclée mais pas financée

Le financement, c’est l'inconnue de la loi. Aucune mention d’une prise en charge par l’Assurance maladie n’y figure. Le patient devra-t-il assumer le coût de l'activité prescrite, au risque de creuser les inégalités ? Dans les faits, le financement est au bon vouloir des collectivités, des agences régionales de santé, plus rarement des mutuelles ou d’associations de patients. A Blagnac, les bénéficiaires ne déboursent pas un centime. A Strasbourg, où le dispositif s’élève à 241 000 € par an, la première année est gratuite, puis le patient participe en fonction de ses revenus (de 20 à 100 € par an et par personne).

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