Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

La climatisation nous rend-elle vraiment malades ?

logo de Le Figaro Le Figaro 07/08/2018 Cécile Thibert
sante © 157425240/lesterman - stock.adobe.com sante

Maux de tête, écoulement nasal, éternuements, gorge irritée... Si vous êtes déjà tombé malade en plein été, peut-être avez-vous accusé la climatisation d’être à l’origine de vos maux.

Avec la canicule qui frappe actuellement l’hexagone, les climatisations tournent à plein régime. Dans la voiture, au cinéma ou au bureau, nul ne peut nier le plaisir de rester au frais lorsqu’il fait plus de 35 degrés dehors. Mais certains voient les climatiseurs d’un mauvais œil. Et peut-être est-ce votre cas si, à peine rentrés de vacances, il vous est déjà arrivé d’attraper un rhume en plein mois d’août.

Maux de tête, écoulement nasal, éternuements, gorge irritée...Comment ces symptômes typiquement hivernaux peuvent-ils s’immiscer dans nos vies en plein cœur de l’été? Pour beaucoup, le coupable est vite trouvé: c’est la «clim» qui, avec son souffle glacé tombant sur nos épaules, nous a fait «attraper froid». Cette idée reçue a la vie dure et pourtant, elle n’est pas tout à fait exacte.

La climatisation ne provoque pas le rhume

Un rhume n’est jamais que la manifestation d’une infection, le plus souvent par un virus (il en existe plus de 200). Ces derniers sont actifs toute l’année, même l’été! Un rhume n’est pas la conséquence d’un coup de froid. Cela signifie simplement que vous avez été en contact avec un virus - par inhalation de gouttelettes projetées par une personne infectée, par contact de main à main ou via des objets contaminés - et que votre système immunitaire met quelques jours à se débarrasser de l’intrus. S’il vous prenait l’envie de passer quelques minutes en sous-vêtements dans la neige ou sous la bouche d’une climatisation, le risque de tomber malade serait assurément nul, dans le cas où vous ne croisez pas la route d’un microbe mal intentionné.

La climatisation pourrait-elle toutefois contribuer de façon indirecte à la propagation de microbes? Cela semble peu probable. «Ce n’est pas un facteur de risque d’infections virales», indique le Dr Matthieu Calafiore, médecin généraliste et maître de conférences à l’université de Lille. «Ces équipements comportent des filtres qui permettent de minimiser les risques et l’air doit être renouvelé régulièrement». Sur ce dernier point, le Code du travail est très clair: dans un bureau, le débit minimal d’air neuf doit être de 25 mètres cubes par heure ; pour les restaurants et les magasins, 30 mètres cubes et pour les ateliers avec travail physique léger, la norme est fixée à 45 mètres cubes par heure.

Des muqueuses asséchées

La climatisation n’est toutefois pas totalement innocente. «L’un des principes de la climatisation est de refroidir l’air et de l’assécher, explique le Dr Calafiore. Cela assèche les muqueuses nasales qui vont être fragilisées et, en réaction, vont s’humidifier un peu plus, ce qui peut aboutir à une rhinite (écoulement nasal). Mais celle-ci n’est pas liée à une infection». Si cette sécheresse s’étend aux sinus, ce dédale de cavités situées en arrière du nez, cela peut provoquer des douleurs similaires à celles d’une sinusite.

Pour remédier à ce problème, la plupart des climatisations sont équipées d’un système d’humidification. Et en l’absence d’entretien, cela peut, dans des cas exceptionnels, aboutir à des cas de légionellose. Cette infection respiratoire grave mais non contagieuse est provoquée par l’inhalation de légionelles, des bactéries capables de se développer dans les eaux stagnantes et chaudes des réseaux de distribution d’eau ou des circuits de refroidissement. En 2003, une épidémie de légionellose dans le Nord-Pas-de-Calais a provoqué 18 décès, non pas à cause de la climatisation mais en raison de la contamination du système de refroidissement d’une usine.

Non contente d’assécher les muqueuses nasales, la climatisation peut aussi entraîner une sécheresse oculaire, surtout chez les personnes porteuses de lentilles. «La surface de l’œil est comme la muqueuse nasale: une couche de liquide permet d’évacuer les poussières et les microparticules», explique le Dr Calafiore. «Sans ce filtre, l’œil est plus sensible et il y a un risque augmenté de conjonctivites allergiques».

Un torticolis, une contraction aux épaules? Là encore, la climatisation peut être légitimement accusée. «Si l’air est directement projeté sur la personne, la sensation de froid peut entraîner une contraction réflexe de certains muscles, qui peut durer plusieurs heures», indique le médecin. «Il est recommandé de ne jamais mettre la climatisation à une température ayant plus de 7 degrés d’écart avec la température extérieure», poursuit-il. Et pour cause, une différence de température trop importante n’est pas anodine. «L’organisme peut avoir du mal à gérer un tel écart, surtout les personnes âgées, chez qui cela peut perturber le fonctionnement cardiaque».

Publicité
Publicité

Plus d'info : le figaro.fr

Publicité
image beaconimage beaconimage beacon