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Angleterre: la croissance des droits TV est loin d'être terminée, selon des experts

logo de AFPAFP il y a 4 jours Par Kieran CANNING
L'attaquant de Tottenham Harry Kane filmé après un match de Premier League face à Everton, le 3 janvier 2016 au Goodison Park © Fournis par AFP L'attaquant de Tottenham Harry Kane filmé après un match de Premier League face à Everton, le 3 janvier 2016 au Goodison Park

La bulle des droits TV du championnat d'Angleterre est-elle en train d'exploser ? Non, à en croire des spécialistes, qui estiment que la croissance du football anglais va se poursuivre malgré des prévisions de revenus moins fastes qu'il y a trois ans.

"C'est une simple correction du marché", juge l'ancien directeur exécutif de la Premier League Rick Parry pour expliquer ces perspectives qui étonnent. "Je pense que l'accord qui était anormal et qui a surpris tout le monde, c'était le dernier (il y a trois ans), une hausse de 70% qui dépassait toutes les attentes", souligne-t-il.

La Premier League avait impressionné le monde du foot en 2015 en annonçant une manne spectaculaire de 6,92 milliards d'euros pour la période 2016-19 sur les droits TV domestiques, soit 11,5 millions d'euros par match. Du jamais vu. Et surtout: des revenus colossaux pour les clubs anglais toujours plus dépensiers au mercato.

Les nouveaux chiffres annoncés mardi par la chaîne Sky Sports et la Premier League pour la période 2019-22 sont en légère baisse. Un peu plus de 5 milliards d'euros pour les cinq premiers lots (sur sept), pour diffuser 168 matches sur les chaînes anglaises, pour un montant de 10,5 millions d'euros par match.

- Les nouveaux marchés -

Attention toutefois, il reste encore 40 matches à vendre. En outre, le foot anglais ne mise pas que sur la diffusion anglaise, mais sur les droits TV à l'étranger. "La croissance significative sur les nouveaux marchés montre que le monde a toujours faim de Premier League", estime auprès de l'AFP Tim Bridge, responsable du cabinet Deloitte's Sports Business Group. "Des accords ont déjà été passés au niveau international, aux Etats-Unis, en Chine, au Brésil et en Afrique."

En novembre 2016, plusieurs médias ont évoqué un contrat de trois ans signé avec la chaine à péage chinoise PPTV, à partir de 2019, d'une valeur de 700 millions de dollars (565 millions d'euros), un chiffre plus de 10 fois supérieur à l'actuel contrat sur les droits TV chinois, mais que la Premier League n'avait pas confirmé.

En 2015, la chaine américaine NBC aurait également versé 1 milliard de dollars pour six saisons jusqu'à 2021-22, selon plusieurs médias. Récemment, lors d'une conférence téléphonique avec des investisseurs, le vice-président de Manchester United Ed Woodward a assuré que l'audience cumulée de la Premier League connaissait "une hausse annuelle de 9%, avec une augmentation particulièrement forte en Asie et en Amérique du Nord".

Sur le plan domestique, comment expliquer les chiffres en baisse annoncés ? Des économistes du sport comme Kieran Maguire rappellent la "période d'entente cordiale" qui règne entre les chaînes Sky et BT. En novembre dernier, elles se sont accordées pour s'échanger des contenus, une première qui aurait pu influer sur la valeur des droits.

- La crainte du piratage -

La Premier League, en organisant de manière différente son offre de lots, aurait aussi voulu cibler les géants de l'internet comme Facebook ou Amazon pour faire grimper les prix. Pour l'instant, cette stratégie n'a pas fonctionné, même si les dirigeants du football anglais ne désespèrent pas d'attirer Amazon sur les deux derniers lots.

L'influence des entreprises du web dans la diffusion du sport en direct "en est encore à ses balbutiements", convient d'ailleurs Tim Bridge de chez Deloitte, en insistant sur les coûts d'entrée importants sur le marché des droits TV.

Un autre facteur susceptible de freiner la hausse des droits TV est le streaming. "Le piratage est une grosse inquiétude. Son ombre plane sur les droits TV du football et d'autres sports ces dernières années", dit Julian Aquilina, un analyste de chez Enders, spécialiste de l'économie des médias et du divertissement.

"C'est tellement cher et populaire que cela pousse les gens à trouver d'autres moyens de regarder (les matches). Le piratage a donc forcément joué un rôle dans la baisse du prix".

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