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Chambly, l’incroyable épopée familiale

logo de Sport24 Sport24 il y a 6 jours Valentin Althuser

Parti de la dernière division district, le FC Chambly s’est hissé, en moins de trente ans, aux portes du Stade de France. ll défie les Herbiers en demi-finale de la Coupe de France.

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De notre envoyé spécial

À la frontière entre le Nord-Pas-de-Calais et l’Île-de-France, une petite commune de l’Oise et ses 10 000 habitants ­vivent depuis plusieurs semaines au rythme des exploits. Le genre d’histoire que seule la Coupe de France peut écrire. Le temps d’un instant, l’argent n’est plus roi et la passion du foot fait loi. Comme Calais, Quevilly, Carquefou… avant lui, le FC Chambly Oise, club de National (3 division), s’est invité parmi les grands. Sur la place de la mairie, décorée aux couleurs du club, les supporters devraient être nombreux ce mardi à venir assister à la demi-finale de Coupe de France face aux Herbiers diffusée sur l’écran géant, installé par la municipalité. Ici, pas un rond-point, pas un panneau publicitaire, n’est épargné par les messages de soutien à l’équipe locale, désormais à une marche du Stade de France.

Au stade des Marais, ne cherchez pas les voitures de luxe et les infrastructures flambant neuves. Non, dans un club loin des standards de Ligue 1, où le salaire moyen plafonne à 2 500 euros et où les 10 équipes se partagent un terrain synthétique pour l’entraînement, l’ADN de la réussite est avant tout familial. Assis dans les tribunes du Kop de l’Oise, Fulvio Luzi, l’excentrique président, et son frère Bruno, l’entraîneur plus réservé, se souviennent du chemin parcouru. Tout commence en 1989. Les deux frangins Luzi, épaulés par leur père Walter, décident de créer une équipe pour faire jouer ensemble une bande de potes. «Onévoluait tous dans des clubs différents et quand on se retrouvait l’été pour jouer, on s’est rendu compte qu’on battait tout le monde. Alors on a décidé de tous lâcher notre niveau DH pour repartir d’en bas, ensemble»,explique Fulvio, entraîneur-joueur à l’époque.

En cinquième division de district, avec des moyens très limités, Bruno, ancien attaquant star du club, le reconnaît, l’ambition était avant tout de se faire plaisir : «Au départ, il ny avait même pas de douche, rien, simplement un terrain abandonné. On avait 1000 euros de subvention, alors on nimaginait pas un jour évoluer en troisième division, l’objectif était simplement de jouer ensemble.»Vingt-neuf ans et onze montées plus tard, la réussite du FC Chambly est totale. Un pari réussi pour les Luzi. «Évidemment, cest une fierté quand on regarde doù on vient, mais on n’a pas le temps de savourer parce que chaque année on veut aller plus haut»,reconnaît Bruno dont les ambitions ont évolué avec les années.

Aux portes de la Ligue 2 la saison passée et dans le dernier carré de la Coupe de France cette année, le FC Chambly n’a toutefois rien perdu des valeurs qui ont fait son succès. «On veilleà garder cet esprit familial, tout le monde se connaît, tout le monde se parle, cest aussi le rôleéducatif dun club»,se félicite Fulvio, à la présidence depuis 2001. «On a la conseillère départementale qui sert des bières pendant les matchs. Ici, tu peuxêtre ingénieur, journaliste ou chef dentreprise, on bosse tous ensemble»,ajoute-il.

Walter, premier président du club et papa de la fratrie Luzi, décédé à 77 ans le 28 février dernier tandis que son équipe éliminait Strasbourg en quarts de finale, était le principal garant des valeurs du FC Chambly. Surnommé affectueusement « Pépé », le président d’honneur depuis 2001 a légué sa philosophie à ses fils. «Même quand on gagne, on se remet en cause pour ne pas se reposer sur nos lauriers, cest ce que nous a appris notre père»,affirme fièrement Fulvio. Aujourd’hui, Pépé, dont un portrait géant surplombe le terrain, continue de veiller sur ses fils et sur le « bébé » des Luzi, comme Fulvio aime surnommer le FC Chambly.

Quand on quitte les tribunes du stade des Marais et que l’on se dirige vers la buvette et les vestiaires, on voit les exploits passés du FC Chambly fièrement affichés sur les murs. Car, au-delà de leurs réus­sites en championnat depuis des années, ce club, ses joueurs ont la faculté de se transcender en Coupe de France. Pour obtenir son ticket en demi-finale, les Camblysiens ont éliminé Châteauroux (Ligue 2) en 16 de finale et surtout Strasbourg en quarts, une écurie de Ligue 1. Un parcours impressionnant, mais le petit poucet de l’Oise n’en était pas à son coup d’essai. La saison dernière, en 16 de finale, les hommes de Bruno Luzi avaient remonté trois buts face au futur champion monégasque avant de s’incliner 5-4 en prolongations. En 2016, ils avaient corrigé à domicile Reims alors en Ligue 1 (4-1). «Cest une compétition qui nous tientà cœur depuis très longtemps»,avoue Bruno qui reconnaît les bienfaits de la Coupe sur son groupe : «On a pris un départ catastrophique en championnat cette saison et le fait de gagner des matchs en Coupe nous a fait du bien psychologiquement.»

Toujours en course pour poursuivre l’exploit et atteindre la finale de la Coupe, le FC Chambly retrouve ce mardi à la Beaujoire un adversaire qu’il connaît bien. «On nest pas contents de jouer Les Herbiers, jaurais préféré jouer un gros. Cela vaêtre la joie dune vie pour lun et le regret dune vie pour lautre. Il pourrait y avoir des dégâts psychologiques permanents sur les joueurs»,s’inquiète le président Fulvio. «On fait tout pour dédramatiser ce match, pour ne pas penserà uneéventuelle finale contre le PSG ou Caen»,ajoute-il. Une chose est sûre, arrivé dimanche à Nantes avec 1 000 de ses supporters, le FC Chambly a une nouvelle occasion d’enrichir un peu cette incroyable épopée familiale.

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