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Coupe Davis : Benoît Paire enfin au service de la France

logo de Le Monde Le Monde 14/09/2018 Alexandre Pedro

Yannick Noah a fait confiance à l’enfant terrible du tennis français pour la demi-finale face à l’Espagne. Un sacré retournement de situation.

Benoît Paire (en survêtement blanc) pose à côté de l’Espagnol Pablo Carreño Busta, le 13 septembre 2018 à Villeneuve-d’Ascq. © MICHEL SPINGLER / AP Benoît Paire (en survêtement blanc) pose à côté de l’Espagnol Pablo Carreño Busta, le 13 septembre 2018 à Villeneuve-d’Ascq.

Il était moins une. A 29 ans, Benoît Paire va découvrir, vendredi 14 septembre, le charme particulier de la Coupe Davis avant le big bang de la saison prochaine et sa nouvelle formule. Jamais avare d’une surprise de dernière minute, le capitaine Yannick Noah a préféré l’Avignonnais à Richard Gasquet pour débuter en demi-finale face à l’Espagnol Pablo Carreño Busta au stade Pierre-Mauroy de Villeneuve-d’Ascq. Lucas Pouille affrontera Roberto Bautista Agut lors du second simple.

Entre Benoît Paire et la Fédération française de tennis (FFT), l’histoire n’a jamais été un long fleuve tranquille. A 18 ans, l’élève du lycée agricole de Montfavet (Vaucluse) intègre le Centre national d’entraînement (CNE) alors sis à Roland-Garros. Le directeur technique de l’époque, Patrice Dominguez (mort en 2015) croit à cet « étalon mal dressé ». Il est le seul.

Benoît Paire donne assez vite raison à ses détracteurs entre retards, raquettes cassées et addiction à la junk food. Et quand Patrice Dominguez est remplacé par Patrice Hagelauer, le nouveau DTN indique la porte de sortie au jeune joueur. « La place de votre fils est davantage dans un asile psychiatrique que sur un terrain de tennis », lance même un cadre fédéral aux parents de Benoît Paire.

Loin du giron fédéral, l’intéressé va tracer sa route, entraîné par Lionel Zimbler (jusqu’en 2016) dont la patience sera la principale qualité pour comprendre un garçon aussi attachant dans la vie qu’impulsif et caractériel sur un court.

Mais quand il réussit à se canaliser, le Français parvient à proposer – avec une grande passion pour l’amorti – un tennis différent du commun des cogneurs qui hantent le circuit ATP. En janvier 2016, il atteint son meilleur classement (18e) avant de replonger dans ses travers, d’enchaîner les défaites et de hurler son mal-être sur les courts.

Viré des JO

Arrive l’épisode de Rio au mois d’août de la même année. Benoît Paire remplace pour les Jeux olympiques un Richard Gasquet forfait. La magie des JO ne prend pas sur un garçon qui explique qu’il aurait préféré disputer le tournoi d’Atlanta, histoire de gagner quelques points ATP.

Au Brésil, le joueur réalise une performance rare : être exclu de l’équipe de France alors qu’il est en train de disputer (et perdre) son deuxième tour face à l’Italien Fabien Fognini. « J’annonce l’exclusion de Benoît Paire après plusieurs recadrages, de nombreuses discussions et pas mal de manquements aux règles de vie », déclare en direct sur France 2 le DTN, Arnaud Di Pasquale.

Il est reproché à Benoît Paire de ne pas respecter les règles de vie de l’équipe et de « découcher » pour rejoindre dans Rio sa petite copine de l’époque, la chanteuse Shy’m. « Maintenant, je sais comment se passent les Jeux olympiques. Je suis content de les quitter », réagit-il à chaud, pas vraiment décidé à présenter ses excuses.

Entre l’affaire de Rio et un niveau de jeu fluctuant, les portes de la Coupe Davis lui semblaient fermer pour de bon. Mais depuis quelques mois, l’enfant terrible du tennis français a entrepris un travail sur lui-même pour ne plus dégoupiller à la première contrariété. Cette demi-finale face à l’Espagne apparaît comme une occasion unique pour Paire de changer son image.

« J’ai fait des efforts et je suis beaucoup plus calme depuis quelques mois, a-t-il assuré en conférence de presse. C’est vrai qu’il y a eu l’épisode du tournoi de Washington [le 1er août] où je me suis énervé. » Pas qu’un peu. Il s’énerve lors de son match face à Marcos Baghdatis (trois raquettes fracassées, quelques jurons) et passe à la caisse avec une amende de 14 000 euros.

Yannick Noah le sait, l’Avignonnais n’est pas devenu sage comme un pape en quelques semaines. Le capitaine préfère ironiser sur cette image de sale gosse. « Vous allez tous vous demander à quel moment Benoît va casser sa première raquette. On s’est mis d’accord avec lui : pas plus de trois par set. Et pas sur ma tête si possible. »

Mais le patron des Bleus a aussi pris le soin d’expliquer à quel point le joueur avait tout de suite trouvé sa place dans l’équipe. « Il y a l’excitation de pouvoir travailler avec Benoît. Je voulais voir comment ça allait se passer avec le groupe, sa réaction lors des entraînements, et ça a été super. »

En bon triple vainqueur de l’épreuve, capitaine Noah le sait : un peu de folie ne fait jamais de mal en Coupe Davis. Et à ce niveau-là, Benoît Paire présente quelques arguments.

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