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Foot: les droits TV italiens victimes du manque d'attrait de la Série A

logo de AFPAFP 14/06/2018 Par Shahzad ABDUL, Olivier BAUBE
Les joueurs de la Juventus Turin posent avec le trophée après avoir remporté la Coupe d'Italie contre l'AC Milan, le 9 mai 2018 à Rome © Fournis par AFP Les joueurs de la Juventus Turin posent avec le trophée après avoir remporté la Coupe d'Italie contre l'AC Milan, le 9 mai 2018 à Rome

Adjugés à plus de 973 millions d'euros, les droits TV de la Série A stagnent là où ceux des autres grands championnats de foot flambent, France en tête, le marché italien étant lesté par le manque d'attrait de sa Première division.

La Juventus ou Milan ne font plus vendre. Du moins, pas au point de casser sa tirelire. A l'issue d'un long feuilleton, le groupe Sky et la société Perform ont acheté à la Ligue italienne de football les droits de retransmission de la Série A de 2018 à 2021 pour quelque 28 millions d'euros de plus que l'actuel contrat (945 M EUR), a annoncé mercredi soir Gaetano Miccichè, président de la Ligue.

"Globalement, il y a une dévaluation de la Série A par rapport aux autres gros championnats européens, qui est due à la perte de vitesse des principales locomotives italiennes que sont traditionnellement les deux clubs de Milan, qui ont été rachetés et qui n'ont pas recruté de star", explique à l'AFP Bastien Drut, économiste du football.

Le championnat italien souffre particulièrement de la comparaison avec ses voisins, insiste l'auteur de "Mercato: l'économie du football au XXIe siècle": "En Espagne, vous avec le Real et le Barça, en France vous avez le PSG avec des mégastars comme Neymar qui tirent (la valeur du championnat) vers le haut".

- En France, un bond de 60% -

En France, justement, le groupe qatarien beIN et l'Espagnol Mediapro ont acquis les droits de la Ligue 1 pour 1,153 milliard d'euros par an, soit une augmentation de 60% par rapport au contrat précédent pour la Ligue. Mediapro, qui sera le diffuseur prioritaire pour la LFP à partir de la saison 2020, était également candidat pour obtenir les droits de la Série A, mais les a perdus faute d'une garantie bancaire.

Toujours à titre de comparaison, les droits de retransmission en Allemagne ont été cédés pour 1,4 milliard d'euros, tandis que le contrat pour la Liga en Espagne date de 2015 (883 M) et les spécialistes s'attendent à une forte hausse à l'issue de la saison 2019.

Dans le détail, les droits italiens ont été cédés pour 780 millions d'euros à Sky, qui obtient la diffusion de 266 matches, tandis que Perform a déboursé 193 millions pour 114 rencontres.

Les dirigeants du football italien se sont certes félicités de cette transaction, mais il est clair qu'ils espéraient obtenir davantage.

En février dernier, la Ligue italienne avait ainsi refusé de premières offres, les jugeant insuffisantes, avant d'accepter celle du groupe espagnol pour un montant de 1,05 milliard, soit une légère hausse par rapport au contrat existant.

- 'Produit d'appel' -

Mais, après une action en justice de Sky qui a fait geler le contrat, les clubs de Série A représentés à la Ligue ont voté à l'unanimité son annulation, contraignant à une longue discussion de gré à gré qui a abouti mercredi. Un appel d'offres jugé "complètement déséquilibré" par Mediaset, qui détenait jusqu'ici les droits.

"J'espère que les tifosi italiens ne seront pas obligés d'acquérir deux abonnements pour avoir la possibilité de suivre tout le +calcio+ à la télévision", a déclaré M. Miccichè.

Petite révolution, l'accord avec Perform prévoit également l'arrivée en Italie de sa plateforme DAZN: "c'est la première fois qu'un service uniquement à la demande et en streaming s'est vu accorder des droits exclusifs de la Série A en Italie", s'est félicitée cette société basée à Londres.

"On va continuer d'avoir des mutations dans les façons de voir le foot", analyse Bastien Drut. "Bientôt ce seront des géants du numérique qui vont diffuser ces matches. Ce sera pour eux un produit d'appel, sur lequel ils perdront de l'argent mais ils gagneront ailleurs."

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