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Football : Théo et Lucas Hernandez, les frères qui pourraient dire non aux Bleus

logo de leJDD leJDD 14/03/2018 Mickaël Caron

Lucas et Théo Hernandez, les turbulents défenseurs français de l'Atlético et du Real Madrid, ont grandi en Espagne et pourraient jouer avec la Roja.

Lucas et Théo Hernandez, les turbulents défenseurs français de l'Atlético et du Real Madrid, ont grandi en Espagne et pourraient jouer avec la Roja. © Reuters Lucas et Théo Hernandez, les turbulents défenseurs français de l'Atlético et du Real Madrid, ont grandi en Espagne et pourraient jouer avec la Roja.

A chaque performance aboutie de Lucas Hernandez avec l'Atlético Madrid, au centre ou à gauche de la défense, la question se pose un peu plus : pour quelle sélection jouera-t-il? Ces derniers jours, le sujet est devenu bouillant. D'après la radio Cadena SER, Didier Deschamps l'a présélectionné pour les deux prochains matches des Bleus, contre la Colombie et la Russie (23 et 27 mars). Le joueur aurait décliné, préférant porter le maillot de la Roja dès qu'il aura obtenu la nationalité espagnole. Une annonce serait imminente, à en croire son entourage. Son choix ne fait plus beaucoup de doute après qu'il a déclaré, la semaine dernière à la télévision publique TVE, se sentir "un Espagnol comme les autres".

Né à Marseille il y a 22 ans, il était encore parmi les Espoirs tricolores lors du dernier rassemblement, en novembre. Mais l'intérêt prononcé du sélectionneur ibérique, Julen Lopetegui, l'aurait convaincu. Même si les formalités de délivrance de son nouveau passeport, entre les mains de son avocat, venaient à repousser ses débuts avec l'équipe nationale espagnole après la Coupe du monde en Russie. Confronté au même cas de figure avec Aymeric Laporte, défenseur formé à Bilbao, qu'il a persuadé par deux fois de venir chez les Bleus (sans lui donner sa première sélection), Deschamps observe Lucas Hernandez depuis un certain temps. Il suivait sa forme et ses interrogations auprès de Pierre Mankowski, l'ancien coach des Espoirs, qui en garde "un très bon souvenir. Lucas a plusieurs cordes à son arc : bon défenseur, capable d'attaquer".

Des frasques moquées en France

Seul bémol à l'époque, des problèmes de dos qui l'empêchaient de s'entraîner à fond. Façonné par Diego Simeone, qui voit en lui un successeur naturel à Diego Godin, pilier de la meilleure défense d'Europe, ce fan de tennis et du rappeur vendéen MHD fait son trou depuis la double confrontation (victorieuse) en demi-finale de la Ligue des champions 2016 face au Barça, durant laquelle il avait contenu la MSN (Messi, Suarez, Neymar) avec culot. Cette saison, il est déjà apparu 18 fois en Liga.

Son frère cadet de 15 mois, Théo, aurait pu l'accompagner dans l'antichambre des Bleus. Mais en mai 2017, à l'issue d'un prêt convaincant à Alavés, le latéral gauche (lui aussi) a oublié de se présenter à la convocation à Clairefontaine. Au lieu de ça, il est parti en vacances à Marbella sans omettre d'alimenter ses réseaux sociaux (lors du même séjour, il a été accusé d'agression sexuelle avant d'être relaxé). Officiellement, la Fédération française (FFF) ne l'a pas sanctionné pour sa légèreté. Mais le timing a agacé. Le sélectionneur Sylvain Ripoll ne l'a plus rappelé. Cinq mois et un transfert au Real Madrid (24 millions d'euros) plus tard, un Théo Hernandez vexé a ouvert la porte à l'Espagne. Son temps de jeu dans l'équipe de Zinédine Zidane est encore insuffisant (huit matches en Liga) pour que se pose la question de son avenir international. Mais son tour viendra.

"Quand il tirait un coup franc, je me demandais d'où lui venait sa force. Les deux frères étaient bosseurs et ponctuels"

Si les deux frères se sentent plus espagnols, c'est peut-être qu'ils ont jugé leur pays natal plus prompt à moquer leurs frasques qu'à applaudir leur progression sportive. À charge, les faits (divers) sont parfois cocasses : l'aîné, Lucas, encourt une peine d'un an de prison pour ne pas avoir respecté la mesure d'éloignement réciproque prise contre lui et sa compagne après une dispute violente ; ils ont été interpellés à leur retour de lune de miel… C'est dans ces circonstances qu'ils attendent la naissance de leur premier enfant. "Oui, ils ont fait quelques bêtises", admet leur oncle, Didier, avant un long soupir qui semble réclamer de l'indulgence. "Leur histoire vient de loin", ajoute-t-il. Des mots pudiques pour ne pas citer le nom du père, l'ancien défenseur Jean-François Hernandez, passé par Toulouse et l'OM, avant de terminer sa carrière en Liga, à l'Atlético et au Rayo Vallecano.

Une enfance traumatisante

Séparé de leur mère quand les enfants avaient 5 et 6 ans, il serait sorti de leur vie brutalement. "La séparation a été traumatisante, n'a pas oublié Enrique Vedia, président du Rayo Majadahonda, leur premier club. À l'époque, nous avons participé aux frais scolaires pour aider la famille." Aux dernières nouvelles, le paternel avait un snack en Thaïlande, mais il s'est volatilisé du jour au lendemain, courant 2017. Dix ans après, Enrique Vedia décrit l'impression que lui faisait Théo, balle au pied : "Quand il tirait un coup franc, je me demandais d'où lui venait sa force. Les deux frères étaient bosseurs et ponctuels, soutenus par leur mère."

Laurence vit auprès de ses fils, à Madrid. Son regard est légèrement différent. "Lucas a franchi les étapes une à une, alors que Théo a progressé plus tard mais en peu de temps. Je ne m'y attendais pas", a-t-elle confié à Marca en novembre, avant leur premier derby madrilène. Elle assure que leur relation n'a pas souffert lorsque le cadet a signé en faveur du Real, ajoutant entre eux une nouvelle rivalité. Comme un pied de nez à l'Atlético, où il a peu joué dans les équipes de jeunes, "frère de" peu considéré. "Aujourd'hui, ils se chamaillent, se corrigent", sourit Laurence. Admiratif, le tonton met tout le monde d'accord : "Ce sont deux grandes stars." À cheval, pour quelques temps encore, entre leurs deux pays.

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Plus d'info : Le Journal du Dimanche.fr

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