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Racing : la fougue canalisée de Lauret

logo de Sport24 Sport24 21/04/2018 Arnaud Coudry
Wenceslas Lauret © Panoramic Wenceslas Lauret

Le gaillard n’est pas du genre à s’embarrasser avec des chichis. Sur le terrain comme en interview, Wenceslas Lauret (29 ans) est du genre brut de décoffrage. Direct, franc, entier. Lors de la demi-finale de la coupe d’Europe, dimanche (16 h 15), contre le Munster, est annoncé un duel de titans entre le Racingman (1,88 m, 110 kg) et le flanker irlandais Peter O’Mahony. Sourire mi-amusé, mi-consterné. «Je ne fais jamais attention à qui se trouve en face de moi. Je suis dans mon match, point. Le reste, je m’en fous»,balaie-t-il pour Le Figaro. Cash. S’il n’a pas le glamour des ouvreurs Dan Carter ou Pat Lambie, la flamboyance des ailiers Teddy Thomas et Marc Andreu, «Wen» Lauret est néanmoins l’un des joueurs clés du Racing 92, qui dispute ce week-end la deuxième demi-finale européenne de son histoire.

«Il a pris conscience de tout son potentiel,acquiesce son entraîneur Laurent Travers. C’est quelqu’un qui est dans la plénitude de ses moyens, il est libéré. Il fait assurément partie des leaders de l’équipe. Comme le bon vin, il est en train de se bonifier avec l’âge.»Pour en arriver là, le flanker d’origine réunionnaise, qui évolue dans les Hauts-de-Seine depuis 2013, a su faire évoluer son jeu. Formé au Biarritz Olympique, il a longtemps été catalogué «plaqueur-gratteur», comme deux anciens joueurs du club basque, Serge Betsen et Thierry Dusautoir. «Mais ça, c’est fini,insiste-t-il. Je suis plus complet maintenant, et je ne me cantonne plus à un seul registre. J’essaie d’apporter dans tous les secteurs.»Plus actif et tranchant balle en main, il a également étoffé son jeu aérien, sur les renvois et en touche, un domaine dans lequel il excelle désormais.

S’il reste encore un poison dans les regroupements et en défense, il a su gagner en lucidité et faire évoluer sa technique de plaquage. «Il a changé sa façon de plaquer et d’intervenir sur le ballon,confirme Laurent Travers. Cela allait de pair avec notre manière de défendre avec le Racing. On fait différemment et il s’y retrouve.»Lauret a appris à modérer sa fougue, à changer quelques postures. Car, il y a quelques saisons, il se livrait parfois sans compter, jouant souvent avec sa santé. Combattant sans peur. Parfois jusqu’à l’excès. Problème, les commotions cérébrales s’accumulent. Lors de la saison 2012-2013, il avait été mis au repos forcé pendant trois mois pour avoir encaissé plusieurs KO. Et il y a deux ans, il avait même reconnu avoir dissimulé quelques commotions par le passé : «Forcément, on en cachait une ou deux. On n’a pas envie d’être arrêté. Quand j’ai pris conscience du problème et des conséquences, je me suis dit que je devais tout dire.»

«Aujourd’hui, tout cela appartient au passé»,évacue-t-il. Et le présent, c’est cette demi-finale de Champions Cup et la possibilité de se qualifier pour la finale, le 12 mai, à Bilbao. «J’en ai déjà joué deux et je les ai toutes perdues(en 2010 avec Biarritz contre Toulouse et en 2016 avec le Racing contre les Saracens)… J’espère que cette fois, ce sera la bonne !»Après une dernière saison cauchemardesque, dans la foulée du bouclier de Brennus soulevé en 2016, le Racing est redevenu une machine qui fait peur. Tous les compteurs sont au vert à l’approche du sprint final, en Coupe d’Europe et en championnat. «On a des repères communs, on a réussi à trouver une bonne cohésion,confirme-t-il. L’ambiance au sein de l’équipe est comparable à celle de 2016 quand nous avions été champions de France. Mais c’est maintenant que le plus dur commence. Si on gagne cette demi-finale européenne, on pourra alors se mettre à penser à un titre. Mais gardons d’abord les pieds sur terre.»

Les grosses échéances vont se multiplier et, pour lui, la saison pourrait s’étirer jusqu’à fin juin avec la tournée du XV de France chez les All Blacks doubles champions du monde. Lors du dernier Tournoi des six nations, le troisième-ligne casqué, titulaire lors des cinq matchs, s’est mis en évidence. Démontrant le même potentiel qu’en club. «Le fait d’être libéré par rapport à ses performances en équipe de France lui permet de s’exprimer à plein régime», souligne son entraîneur Laurent Travers. Pour la première fois de sa carrière internationale lancée en 2010, Lauret (17 sélections au compteur) a pu s’inscrire dans la durée. Fini les pointillés. «Avec Guy Novès, j’avais enchaîné quatre sélections d’affilée, mais mes performances n’étaient pas bonnes»,lâche-t-il sans se voiler la face. Tout en reconnaissant que le management de l’ancien sélectionneur le crispait. Lors du dernier Tournoi, il avait ainsi confié : «On se disait qu’on pouvait dégager à tout moment. C’est normal, mais il y avait quand même beaucoup plus de pression. Les joueurs n’étaient pas débridés sur le terrain. Quand on joue ces matchs-là, il faut être décomplexé. Il faut casser tous les verrous pour se battre du début jusqu’à la fin.»Tout Lauret est ainsi résumé.

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