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Angleterre-France, les coups de cœur et coups de griffe de notre envoyé spécial

logo de Sport24 Sport24 11/02/2019 David Reyrat

Le triplé de May, la balistique signée Farrell, la rentrée tonitruante de Dupont, mais aussi les cagades de Guirado, Brunel qui n’assume pas trop, les Bleus qui ratent un record, retrouvez ce que notre envoyé spécial à Twickenham a retenu de la débâcle du XV de France.

© Panoramic

Coups de cœur

Mais il y a un May C’est peu de dire que Jonny May a fait du mal aux Français. En inscrivant en une demi-heure (1 , 24 , 30 ) un triplé, en humiliant au passage Damian Penaud d’une merveille de cad-deb l’ailier de Leicester a précipité la noyade tricolore. Trois essais pour porter son total à 22 (en 42 sélections) et se hisser à la 7 place des meilleurs marqueurs d’essais du XV de la Rose. Le tout sans prétention. «J'ai été chanceux. J'ai bénéficié d'un super travail d'équipe. Mon boulot, c'est d'aplatir la balle derrière la ligne, mais c'était le plus facile hier, a commenté le héros du jour, n’hésitant pas à décrypter la stratégie payante de son équipe. On cherche à trouver des espaces et, en ce moment, il semble qu'il y en a dans le dos des défenses. En début de match, on a donc insisté au pied à cet endroit-là puisque ça marchait parfaitement. Pour cela, les coups de pied doivent être extrêmement précis et ils l'étaient. C'est grâce à toute l'équipe, au boulot des avants qui donnaient le temps de les ajuster. Derrière, notre charnière a été énorme, plaçant le ballon aux bons endroits. On n'avait plus qu'à courir à la réception.» Sa pointe de vitesse a fait le reste, lui permettant d’éclipser le grand retour de Chris Ashton. «Il râlait après-coup, a dénoncé en riant Jonny May après la rencontre. Mais c’est juste le jeu qui en a décidé. Le ballon est arrivé de mon côté mais il aurait très bien pu inscrire ces trois essais.»

Farrell, l’assassin au sang-froid D’accord, on le déteste. Son arrogance so british, ses mimiques horripilantes au moment de buter, ses plaquages délibérément dangereux, la mansuétude des arbitres à son endroit. Quand Iturria l'a pris en planche et que l’ouvreur a mis quelques secondes à reprendre sa place, on a eu la jubilation mauvaise. De courte durée, il est vrai. Car le successeur de Wilkinson, le capitaine et stratège en chef du XV de la Rose a poursuivi son récital. Des coups de pieds précis, chirurgicaux qui ont mis les défenseurs français ont supplice, offert des essais à ces attaquant. Des chandelles hautes, des petits par-dessus, des coups de pied rasant. Toute la panoplie y est passée. Rendant encore plus désespérante la botte si imprécise, si fébrile de Parra et Lopez…

Dupont, le coup de boost C’est peu dire que l’entrée en jeu du jeune demi de mêlée du Stade Toulousain a quelque peu requinqué un XV de France en perdition. Un œil sur les stats, impitoyables. En 47 minutes, Parra a effectué 27 passes et parcourus 10 mètres balle en main. En 33 minutes - attention ça déménage – Dupont a dynamisé le jeu français avec 53 passes et 78 mètres parcourus (le meilleur total des 23 Bleus…), franchissant la défense à cinq reprises, pour neuf défenseurs anglais battus. Le tout agrémenté de 4 offloads, ces fameuses passes après contact, pour assurer la continuité du jeu. Celui qui était réclamé par beaucoup après avoir été écarté de la feuille de match contre les Gallois a répondu aux attentes de ses fans. Se plaçant de fait comme le meilleur candidat au numéro 9 contre l’Ecosse dans deux semaines. Lui et quelques autres jeunes pousses pour un coup de boost sur ce triste XV de France ?

Coups de griffe

Guirado capitaine abandonnant Après chaque match perdu, le talonneur martèle son mécontentement, appelle à la révolte de ses coéquipiers, réclame plus de précision dans ces fameux «détails» qui font perdre un match. OK, OK. Mais il ferait mieux de prêcher par l’exemple car, à Twickenham, Guilhem Guirado a fait l’inverse de tout ce qu’il prône. Un en-avant d’entrée de match qui aboutit au premier essai de Jonny May alors que le chronomètre n’a pas encore atteint la minute. Un lancer en touche dans les 22 mètres anglais qui lobe ses sauteurs pour anéantir un rare temps fort tricolore. Un plaquage raté face à Slade qui inscrit le 4 essai anglais. S’il a parfois été un capitaine abandonné par sa troupe, cette fois, c’est bien lui qui a accéléré la chute de la maison bleue…

Brunel se défausse sur ses joueurs «Mes joueurs n’ont pas su trouver les réponses.» Lui non plus n’a pas su trouver la bonne réponse car cette façon d’accuser ses joueurs, de s’exonérer de ses responsabilités, n’est pas à son honneur. Si les Bleus ont si souvent été dépassés par la maîtrise anglaise, c’est quand même un peu (beaucoup ?) de la faute du staff qui place des centres aux ailes, un ailier à l’arrière, deux centres réputés pour leur défense et leur puissance au milieu d’une ligne censée privilégier la relance, le contre fulgurant. C’est lui aussi, si l’on en croit les piques feutrées de quelques joueurs (Parra, Lopez, Penaud), qui n’a pas bien mesuré la riposte à la stratégie balistique des Anglais. «Les joueurs sont peut-être responsables mais il n’y a pas qu’eux», a répliqué Camille Lopez sur France 2. Une phrase lourde de sous-entendus. Avec son bilan de trois victoires en 13 rencontres, la position du sélectionneur est de plus en plus fragilisée. Une défaite de plus au Stade de France face à l’Ecosse, le 23 février, la rendrait intenable. Ah oui, au fait, ses joueurs c’est bien lui qui les choisis, non ?

Le record raté pour un petit point C’est vraiment dommage. Cette équipe de France, qui ne gagne presque plus un match (un seul sur ses huit dernières sorties…) avait l’occasion de rentrer dans l’histoire. Il s’en est fallu d’un petit point et elle aurait égalé, dans le livre des records, sa plus large défaite face à l’Angleterre. Un radical 37-0 encaissé le 28 janvier 1911, déjà à Twickenham. Que de regrets quand on se dit que, si Owen Farrell avait raté une transformation de moins, le record était dans la poche. Mais ces Bleus n’en ratent décidément pas une. Avec un écart de 36 points, ils restent aux portes de la notoriété. On ne souviendra pas d’eux pour avoir encaissé le pire revers face au XV de la rose. Du coup, pour quelle prouesse va-t-on bien pouvoir se souvenir d’eux ? Vraiment pas malin d’avoir laissé passer cette occasion d’entrer enfin dans l’histoire…


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