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XV de France: des tensions à tous les étages

logo de RMC Sport RMC Sport il y a 3 jours Laurent Depret, Jean-François Paturaud et Wilfried Templier

Le XV de France a subi une véritable humiliation en Angleterre dimanche (44-8). Battus dans tous les secteurs, les Français, tout comme leur staff, ont semblé sans solution. Etait-ce la défaite de trop ? Car au sein des Bleus, les mâchoires se crispent et les langues se délient. Le staff paraît isolé et le groupe se fissure. Compétence, travail, ambiance, tout est mis sur le grill.

Guilhem Guirado et Dany Priso (XV de France) © AFP Guilhem Guirado et Dany Priso (XV de France)

Un staff sous pression 

Monté à la va-vite après le limogeage de Guy Novès fin 2017, l’actuel staff du XV de France prend la grêle. Pour accompagner Brunel, Laporte pensait à Azéma (Clermont), voire Mignoni (Lyon) ou Collazo (La Rochelle à l’époque), mais il a dû se résoudre à changer sa stratégie avec un adjoint en club en la personne de Sébastien Bruno (à Lyon), un néo-retraité des terrains nommé Julien Bonnaire, et Jean-Baptiste Elissalde, remercié du Stade Toulousain quelques mois auparavant et pris en mission par la FFR pour mener une réflexion sur la formation et la conduite de l’équipe de U18. Dès le départ, ce mélange apparaît bancal.

Et l’accumulation des défaites ne va faire que renforcer ce sentiment, corroboré par les joueurs eux-mêmes. Depuis peu, et selon un proche de l’un d’eux, "les joueurs ne se sentent pas soutenus en interne, ils ne savent pas ce que le staff attend d’eux, ils ont le sentiment que le staff lui-même ne sait pas où aller ni quoi mettre en place". Après le match, dans les entrailles de Twickenham, certains, comme Parra, n’ont pas hésité à jeter ce pavé dans la mare: "Les Anglais savent où ils vont, ils sont sûrs de ce qu’ils doivent faire, alors que chez nous, ce n’est pas du tout le cas".

Déjà quelques jours auparavant, un trois-quarts soulignait que certaines séances vidéos n’apprenaient rien aux joueurs. "On travaille au coup par coup, au match par match, un travail à réaction" confirme-t-il. Avant d’aller défier les Anglais, et de manière symptomatique, on a dit aux joueurs qu’avec Tuilagi, les Anglais allaient défier au milieu du terrain.

La défense a été travaillée, mais visiblement pas le travail du fond de terrain sur les jeux aux pieds de pression, d’occupation ou de déplacement. Contrairement aux justifications a posteriori de Jacques Brunel. "C’est bien de dire que les Anglais vont jouer dans notre dos, c’est mieux de le préparer à l’entrainement…", dit un autre joueur.

Le staff réfute cette impréparation et précise en coulisses que dès le surlendemain du match contre le pays de Galles, les joueurs étaient bombardés de coups de pied, chandelles ou rasant. Mais dans l'ensemble, Jacques Brunel et les autres susciteraient les critiques. Même si Julien Bonnaire, jugé comme un gros bosseur, aurait tout de même grâce aux yeux de certains.

Un jeu en déshérence

Alors qu’ils avaient promis révolte et orgueil dans la semaine précédant la rencontre à Marcoussis, à aucun moment les Bleus n’ont été en mesure de tenir tête aux Anglais. Ils ont été emportés par les vagues blanches et à la pause (30-8), l’affaire était entendue. Perdus, naïfs stratégiquement, dépassés techniquement et physiquement, les Français ne peuvent même pas s’enorgueillir d’avoir fait une deuxième mi-temps plus convenable (même si les plus jeunes joueurs ont fait dans l’ensemble une bonne entrée), les Anglais étant, à ce moment-là, les mains en haut du guidon. Ce qui ne les empêchera pas de remporter ces quarante dernières minutes 14 à 0 et, un comble vu d’ici, de se voir reprocher par leur sélectionneur Eddie Jones, d’avoir oublié 20 points en route… 

La raclée à Twickenham pourrait laisser des traces. Et pas seulement physiques ou mentales. Car cette défaite, la plus lourde à Londres pour les Bleus depuis plus de 100 ans, fait mal. Durant 80 minutes, Guilhem Guirado et ses partenaires ont semblé totalement perdu. "Il n’y a aucune organisation dans cette équipe", constate un entraineur de Top 14.  Quand un de ses collègues avoue même avec peine que "des joueurs sont contents de ne pas avoir été appelés en Bleus"… "Il y a tout à revoir, ajoute-t-il. Regardez l’arrivée des Anglais au stade et regardez celle des Bleus… c’est quoi ce management ?!"

Un capitaine contesté et un groupe qui se fissure avec les défaites

Les joueurs ne peuvent s’exonérer d’une introspection. Un homme est dans le viseur et concentre les critiques: il s’agit du capitaine Guilhem Guirado. Meurtri par les défaites (64% en tant que capitaine des Bleus), son capitanat pose question. Une anecdote, lâchée en interne, peut mesurer le fossé qui peut s’installer entre lui et les plus jeunes: "Cette semaine, les jeunes étaient entre eux à se marrer. Guirado passe, jette un regard noir et leur fait une leçon de morale. Les gamins n’ont pas bougé, acquiescé, mais en ont marre de ce climat mortifère et négatif. Ce qui s’est passé il y a quatre, trois, deux ans et même l’année dernière, ce n’est pas de leur faute. Eux, les jeunes, ils ont la culture de la gagne dans la déconne. C’est ça les moins de 20 ans."

Guirado, auquel l’image de la défaite colle à la peau, a du mal à être entraînant. Certains joueurs dans le groupe aimeraient bien prendre plus de leadership, mais regrettent une certaine mainmise des leaders actuels, notamment Guirado, voire de Bastareaud. Pourtant, certains pousseraient même pour un changement de capitaine. Mais pour qui ? Morgan Parra ? Le demi de mêlée clermontois, attendu comme un sauveur avec Camille Lopez dans ce Tournoi et auteur de deux parties plus que médiocres, est dans le doute. Il vivrait très mal la situation en équipe de France et aurait vidé son sac dimanche auprès du sélectionneur Jacques Brunel. L’avenir de Parra pourrait-il être remis en cause à sept mois de la Coupe du monde ? L’entrée d’Antoine Dupont, pleine de peps, a contrasté avec sa terne prestation. Et cela n’a pas pu lui échapper. De là à tirer à boulets rouges après le match ?

Et maintenant ?

Les jeunes peuvent-ils prendre le pouvoir ? Doit-on donner les clés du camion aux Bourgarit, Bamba, Alldritt, Dupont, Ntamack et autre Ramos ? Et tourner la page d’une génération perdue pour le rugby français ? Il va tout de même falloir agir. A la tête de la Fédération Française de Rugby, Bernard Laporte (injoignable depuis la défaite en Angleterre), qui s’est séparé de Guy Novès il y a un peu plus d’un an, ne peut certainement pas se désavouer en faisait de même avec Brunel. Peut-il y avoir des remaniements dans le staff ? Avant la fin du Tournoi ? Peu probable. Maintenant, la préparation de la Coupe du monde sera-t-elle le théâtre de changements ? Un homme comme Fabien Galthié, que Brunel appréciait au moment de sa prise de fonction, est aujourd’hui libre. Pour ne pas, comme en 2015, aller droit dans le mur, avec une raclée historique en quarts de finale (62-13 face à la Nouvelle Zélande). Voire pire en ne sortant même pas des poules...

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