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"100 000 morts et il n’y a pas de coupable", une victime de l’amiante témoigne

Aujourd’hui encore l’amiante cause 3000 décès par an. D’ici 2050, ce seront 100 000 personnes qui auront perdu la vie à cause de ces minéraux. En France, l’amiante est responsable de 10 % à 20 % des cancers du poumon. Toute sa vie, Henri Boumandil a été électricien sur des chantiers. "Il y avait de l’amiante de partout", explique l’ancien ouvrier, une bouteille d'oxygène à ses côtés. Malade, l’homme dénonce le manque d’information à l’époque. "Si on avait été prévenus qu’on travaillait avec des produits comme l’amiante ou d’autres produits dangereux, on n’aurait pas accepté de travailler", ajoute-t-il.L’amiante, un vieux problème françaisLes dangers de l’amiante ont pourtant été rapidement mis en lumière. Dès 1962, la Commission européenne adresse des recommandations aux États membres pour alerter de ces risques. Pour Henri Boumandil, c’est en 1977 que l’opinion publique française commence à savoir qu’il y a de l’amiante et qu’elle créée un grave danger pour les travailleurs. Cette période marque aussi le début d’une mobilisation : "moi j’arrive à ce moment-là, je déclare une maladie de l’amiante et je demande à être reconnu en maladie professionnelle", déclare l’ancien électricien. À cette même époque, en 1982, est créé le Comité Permanent Amiante à l’initiative de plusieurs industriels de l’amiante pour préserver leurs intérêts. Il regroupe plusieurs personnalités : des médecins, des industriels, des fonctionnaires et des responsables syndicaux. Un comité dirigé par des "responsables des lobbies", selon Henri Boumandil. Le comité a finalement été dissous en 1995. Mais les victimes de l’amiante peinent à obtenir justice. En 2012, la cour d’appel de Paris a annulé les mises en examen des membres du Comité Permanent. "C’est-à dire que ça se termine toujours par un non-lieu alors qu’on sait pertinemment où sont les responsables et pourquoi ils sont responsables", explique-t-il. En tant que secrétaire général de l’ADDEVA 93, une association de défense des victimes de l’amiante, Henri Boumandil déplore le nombre de morts. "Notre lobby à nous, la puissance qu’on a c’est 100 000 morts. [...] 100 000 morts et il n’y a pas de coupable, il n’y a pas de responsable, ce n’est pas normal", indique-t-il.
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