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À Madrid, le siècle de la Gran Via

logo de Le FigaroLe Figaro 08/02/2018 Guillaume de Dieuleveult

Symbole de modernité, principale artère de la capitale, cette rue qui traverse le centre de la capitale espagnole a été percée il y a plus de cent ans : la remonter, c'est parcourir toute l'histoire récente de la ville.

figarofr: Marquant le début de la Gran Via, l'edificio Metropolis ne peut pas dissimuler son influence haussmannienne. © Figurniy Sergey/Sergii Figurnyi - stock.adobe.com Marquant le début de la Gran Via, l'edificio Metropolis ne peut pas dissimuler son influence haussmannienne.

Envoyé spécial à Madrid,

Elle a eu tous les noms: elle s'est appelée avenue de la CNT, le syndicat anarchiste, et avenue de Jose Antonio, le fondateur des phalanges franquistes ; on l'a même surnommée le Broadway madrilène. Depuis 1980, c'est tout simplement la Gran Via: terre à terre, certes, mais révélateur de la place qu'elle tient dans le cœur des Madrilènes.

Si vous prenez un jour le temps de la remonter à pied, arrêtez-vous un instant devant la maquette qui se trouve sur le passage piéton où elle prend naissance, au départ de la calle de Alcala. En 2010, pour célébrer le centième anniversaire de son percement, la mairie de Madrid avait choisi d'installer ici cette réduction de la rue où l'on voit, alignés le long de son tracé, les immeubles, les gratte-ciel et les cinémas qui l'ont rendue célèbre. Rares sont les rues qui sont honorées d'une maquette de bronze, traitées comme celle-là au même titre qu'un monument.

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C'est parce que la Gran Via n'est pas seulement une des principales voies de communication dans la ville, le passage inévitable pour aller d'est en ouest en évitant le fouillis des ruelles de la vieille ville. C'est surtout un symbole: celui de l'arrivée de la modernité dans la capitale espagnole.

En 1862, lorsque furent décidés ses travaux de percement, le baron Haussmann œuvrait déjà depuis plusieurs années à Paris ,mais Madrid n'avait pas encore entamé sa mue. Il faudra encore attendre le 4 avril 1910 pour que le roi Alfonso XIII donne, d'un coup de marteau d'argent sur la cure de l'église San Jose, le départ des travaux qui changeront la capitale.

Elle allonge devant vous ses 1300 mètres

Depuis la maquette de bronze, l'église San Jose se trouve à droite: il faut la regarder attentivement car les motifs de sa façade se répéteront au fil de la rue. Devant vous, la Gran Via allonge ses 1300 mètres, jusqu'à la plaza de Espana. Mais avant de vous y engouffrer regardez aussi à gauche: l'édificio Métropolis ne peut dissimuler son influence haussmannienne!

Ce que vous allez arpenter désormais, c'est le premier tronçon, qui fut construit entre 1910 et 1915: il court jusqu'au très bel Oratorio del Caballero de Gracia, une église datant de la fin du XVIIIème dont la présence contraignit les urbanistes à faire légèrement obliquer la rue. Dès l'origine, les créateurs de luxe s'installèrent là et on y trouve toujours la boutique historique du maroquinier espagnol Loewe (N°8). Quant à l'architecture, elle se détourna vite des influences haussmanniennes pour glorifier un passé espagnol, plus austère, comme la néanmoins très belle façade de l'hotel de las lettras (N°11).

Entre 1917 et 1922, on en perça la deuxième partie. Cette fois, les architectes regardaient par-delà l'océan atlantique: les grandes villes américaines donnaient le tempo de la modernité: il battait de plus en plus vite. L'Edificio Telefonica (N°28), qui fut un temps le plus haut building d'Europe, est clairement influencé par les buildings de New York ou de Chicago. Il est toujours remarquable par l'allant qu'il dégage. Mais si vous regardez bien le fronton qui orne sa porte, vous y trouverez un clin d'œil à celui de l'église San Jose, vous vous souvenez? Cette façade baroque qui est à la naissance de la rue. Dans cette partie de la rue s'installèrent dès l'origine les grands magasins comme le Madrid-Paris (N°32), avec son architecture d'avant-garde, toute en grandes baies vitrées. Ce tronçon prend fin plaza de Callao, qui est toujours dominée par le bâtiment du Corte Ingles, la célèbre chaîne de grands magasins espagnols.

Le Broadway madrilène

C'est là que démarre le troisième tronçon. Il est marqué par un de ses édifices les plus emblématiques: le Carrion (N°41), un magnifique vaisseau de pierre qui semble foncer vers la ville. Jusqu'à la plaza de Espana, on trouve des bâtiments construits à l'époque franquiste, célébrant le prestige de l'histoire espagnole. Mais c'est aussi là que se trouve ce qu'on a appelé le «Broadway madrilène»: tous les cinémas, les théâtres et les salles de spectacle de la ville. Nombre d'entre eux ont fermé leurs portes mais c'est toujours là que se pressent les habitants de la capitale pour admirer les pièces de théâtre et les comédies musicales venues… Il ne faut pas manquer de se baigner dans la foule qui remplit les trottoirs tous les soirs.

La rue prend fin plaza de Espana, au pied de l'Edificio Espana, impressionnant monument construit sous Franco. Mais son histoire ne s'arrête pas là: au numéro 48, un peu plus bas donc, l'architecte Rafael de la Hoz a déjà dessiné le «Gran Via 48», une structure très contemporaine. Le temps passe mais cette rue centenaire n'a visiblement pas terminé de flirter avec la modernité.

Y ALLER

Hotel Barceló Torre de Madrid (00.34.915.24.23.99 ; hotelbarcelotorredemadrid.com). La nuit à partir de 360 €. Cet hôtel est membre du groupe hôtelier Barceló, qui compte 236 hôtels dans 22 pays.

La Gran Via avec un guide

“Meet the locals”, le service d'ambassadeurs de l'hôtel Barceló propose une ballade de deux heures à travers la rue. Une découverte passionnante, mêlant architecture et histoire de la ville.

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Plus d'info: le figaro.fr

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