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Inde du Sud: Pondichéry, escale tranquille

logo de Le FigaroLe Figaro 17/10/2017 Guillaume de Dieuleveult

REPORTAGE - Dans l'État indien du Tamil Nadu, l'ancien comptoir français est toujours un territoire à part. Et pas seulement au niveau administratif. Choses vues dans cette ville au charme inclassable.

figarofr: Dans une rue de Pondichéry, en 2017 © Arnaud Robin/© Arnaud Robin / Figaro magazine Dans une rue de Pondichéry, en 2017

Tous les jours, à l'heure où le soleil se couche, la police de Pondichéry bloque la circulation sur l'avenue Goubert. Le voyageur assiste alors à un spectacle unique pour une ville indienne: celui de centaines de personnes déambulant paisiblement le long de la mer.

Plus un bruit de moteur, plus un coup de klaxon, plus un nuage de fumée jaillissant d'un vieux pot d'échappement brinquebalant à l'arrière d'un bus cabossé.

Au lieu de tout cela, des couples, des groupes d'amis, des familles déambulent. Les enfants louchent vers les vendeurs à la sauvette dont les barbes à papa, accrochées à un long bâton, font penser à de petits nuages roses s'agitant au-dessus de la foule.

Tournant le dos aux promeneurs, les amoureux regardent la mer avec obstination. Des chiens en maraude galopent d'un trottoir à l'autre. Au pied de l'église Notre-Dame-des-Anges, dans le parc Jeanne d'Arc, les boulistes se retrouvent: le spectacle qu'ils donnent intéresse bien plus les passants, peu accoutumés à notre sport national, que le monument aux «combattants des Indes françaises morts pour la patrie», situé quelques mètres plus loin.

Le soleil ayant disparu à l'horizon, la température commence tout doucement à baisser, une brise légère se lève: après la chaleur torride dans laquelle la ville a rôti toute la journée, on apprécie cet instant à sa juste valeur. Ces simples plaisirs ne pourraient exister sans la petite ville à laquelle s'adosse la promenade. Car Pondichéry, ancien comptoir français sur la côte de Coromandel, doté d'une structure administrative et politique propre, ça n'est certes plus la France, mais ça n'est pas encore totalement l'Inde.

Pour le touriste arrivant par la route, ce territoire fait une impression particulière, quelque chose de l'ordre du déjà-vu. Passé les faubourgs contemporains et le boulevard suivant l'ancien tracé des murailles, voici une agglomération presque familière.

Avec ces noms de rues bien de chez nous, ces trottoirs presque praticables, cette architecture créole: c'est soudainement une ville dans laquelle on se reconnaît. L'impression est encore plus forte une fois franchi le canal qui la coupe en deux. Il marquait autrefois la frontière entre le quartier «blanc», celui des Occidentaux et le quartier «noir», où vivait la population locale: sans ségrégation ethnique mais à l'indienne, chaque caste à sa place…

Les choses ont changé et les Occidentaux ne sont plus majoritaires dans le quartier blanc. Cela dit, la vie y semble infiniment plus suave que de l'autre côté du canal. Un peu trop peut-être?

Pour s'extraire de la torpeur, traverser le canal

Deux couleurs dominent dans ces rues: le gris et le jaune. Jaune, ce sont les bâtiments officiels, les vieilles maisons créoles, des hôtels ou des restaurants, les possessions françaises: lycée, alliance, institut français… Gris, c'est pour ainsi dire tout le reste, à savoir les possessions de l'ashram de Sri Aurobindo.

Fuyant les colons britanniques, ce penseur indien, farouche partisan de l'indépendance, s'installa à Pondichéry en 1910. C'est là qu'il élabora sa théorie de la nature «supramentale», sorte de darwinisme d'ordre spirituel. Après s'être retiré du monde, en 1926, Sri Aurobindo a confié la gestion du petit ashram qu'il y avait fondé à une Française, Mira Alfassa, que l'on appela désormais «la mère». De 25 disciples qu'elle comptait initialement, la petite communauté grandit rapidement. Elle occupe aujourd'hui une quantité impressionnante de bâtiments dans la vieille ville et n'est sans doute pas étrangère à cette sorte de pesanteur qui semble s'être abattue sur Pondichéry.

Pour s'extraire de cette torpeur, il faut traverser à nouveau le canal, se fondre dans la marée de rickshaws et de vélos, suivre les vieilles rues du quartier tamoul. La nuit n'y marque pas la fin de la journée: sitôt le soleil couché s'allument le long des trottoirs des myriades de petites lumières qui signalent la présence de boutiques ou d'échoppes. Vendeurs de bananes, tisseurs de colliers de fleurs, loueurs de scooters, cordonniers ou poissonniers: ici, la rue est un lieu de vie à part entière. Ça ne manque pas de charme.

Notre conseil pour découvrir Pondichéry

Shanti travel. Cette agence spécialiste dans les voyages sur mesure à travers l'Asie dispose à Pondichéry d'un bureau dirigé par un Français. Il a mis en place des «Shanti Walk»: des balades de 2 heures à travers les différents quartiers de la ville: découverte avec un guide francophone de l'histoire de Pondichéry, du quotidien de ses habitants. Cela se fait sur réservation, tous les jours de 9 à 11h et de 16 à 18h. Compter 1000 Roupies, soit environ 14 € par personne. Possibilité d'organiser des visites personnalisées de la ville et de ses environs.

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Plus d'info: le figaro.fr

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