Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

Bujumbura : Certains maçons et charpentiers dans le désarroi

logo de Iwacu Iwacu 22/07/2021 Iwacu

Quelques maçons, charpentiers et aide-maçons attroupés à la place communément appelé « Main-d’œuvre » Ils sont nombreux à se lamenter suite au chômage dans lequel ils sont plongés. La rareté et la cherté des matériaux de construction seraient, pensent-ils, à l’origine de cette situation.Il est 12h. Nous sommes sur la RN°I, Bujumbura-Bugarama. Des gens de tous âges, des jeunes, des adultes voire des sexagénaires, sont massés le long de cette route du côté du quartier

Quelques maçons, charpentiers et aide-maçons attroupés à la place communément appelé « Main-d’œuvre »

Ils sont nombreux à se lamenter suite au chômage dans lequel ils sont plongés. La rareté et la cherté des matériaux de construction seraient, pensent-ils, à l’origine de cette situation.

Il est 12h. Nous sommes sur la RN°I, Bujumbura-Bugarama. Des gens de tous âges, des jeunes, des adultes voire des sexagénaires, sont massés le long de cette route du côté du quartier Taba, zone Gihosha, en commune urbaine de Ntahangwa, de la mairie de Bujumbura.

D’autres sont assis sous un manguier à l’abri du soleil. C’est à l’endroit communément appelé « Main-d’œuvre ». On dirait qu’ils attendent un bus. Ils sont là depuis le matin.

Ce sont des maçons, des charpentiers, des aide-maçons (une cinquantaine) venus des communes de Bujumbura qui sont à la recherche du travail.

La désolation et le désespoir se lisent sur leurs visages. Quand ils voient un véhicule qui s’arrête tout près d’eux ou quelqu’un qui va vers eux, ils accourent et s’attroupent tout autour tout en criaillant « Eh, vous cherchez un maçon, un charpentier, un aide-maçon ? Je suis là », tout en levant en même temps les doigts comme les enfants de l’école primaire qui veulent répondre à la question facile du maître.

Source de leur malheur, la cherté des matériaux de construction

« Trouver du travail pendant ces jours-ci est un véritable parcours du combattant », confie Jérôme Minani, alias Buryohe, un sexagénaire originaire de la colline Murambi, commune Isare.

Il exerce le métier de maçon et de charpentier depuis les années 1980. Selon lui, cette situation serait dû à la rareté des matériaux de construction. « Ceux qui ont des chantiers ne nous cherchent plus. Le ciment Buceco est devenu rare. Le fer à béton mêmement coûte cher. La rupture des stocks est récurrente. Les choses changent sous nos yeux », se lamente-t-il.

Interrogé si ce chômage ne serait pas lié au nombre sans cesse croissant des demandeurs d’emploi, M. Minani répond par la négative. « Il est vrai que pendant la saison sèche le nombre d’aide-maçons augmente suite aux élèves qui cherchent le matériel scolaire. Mais cette année est atypique par rapport aux années antérieures. Personne ne pouvait manquer du travail pendant la saison sèche. On était tiraillé, sollicité à gauche à droite ».

Il fait savoir qu’il vient de passer trois jours sans obtenir du travail. Et de préciser qu’il s’endette pour nourrir sa famille. Il ne voit pas comment il va trouver les frais et le matériel scolaire pour ses enfants.

Mêmes lamentations du côté d’Elvis Ntabindi, un aide-maçon depuis 2013. Il évoque lui aussi la rareté du ciment. Il vient de totaliser 5 jours sans travailler.

Firmin Nsabimana est un charpentier originaire de la colline Mageyo, commune de Mubimbi. Il exerce ce métier depuis 1981. Il se pointe à la place communément appelé « Main-d’œuvre », depuis vendredi dernier. Il est désemparé. Personne ne l’embauche.

Il ne voit pas comment il va nouer les deux bouts du mois. Il ne trouve pas d’explication à cette situation. « Cette situation est inhabituelle pendant la saison sèche. Mais je pense que c’est dû à la pauvreté qui s’observe partout dans le pays ». Et de s’interroger ce qu’il adviendra pendant la saison pluvieuse.

Signalons qu’actuellement un maçon touche 12 mille BIF par jour, un charpentier perçoit 15 mille BIF par jour et un aide-maçon reçoit entre 6 mille et 7 mille BIF par jour.

Publicité
Publicité

Voir plus de Iwacu

image beaconimage beaconimage beacon