Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

CVR /Bujumbura Maire : tous azimuts pour la vérité mais…

logo de Iwacu Iwacu 23/07/2021 Iwacu

La CVR exhorte la population urbaine à aider dans l’identification des fosses communes Dans une réunion avec les administratifs de la mairie de Bujumbura ce 22 juillet, la Commission vérité réconciliation (CVR) appelle l’administration et la population à aider dans l’identification des fosses communes datant de la crise de 1972. Certains participants relèvent des inquiétudes.D’après Pierre-Claver Ndayicariye, président de la CVR, la mairie de Bujumbura, capitale politique de

La CVR exhorte la population urbaine à aider dans l’identification des fosses communes

Dans une réunion avec les administratifs de la mairie de Bujumbura ce 22 juillet, la Commission vérité réconciliation (CVR) appelle l’administration et la population à aider dans l’identification des fosses communes datant de la crise de 1972. Certains participants relèvent des inquiétudes.

D’après Pierre-Claver Ndayicariye, président de la CVR, la mairie de Bujumbura, capitale politique de l’époque, constitue un point focal de la crise de 1972 : « La CVR va donc mener des enquêtes dans la mairie et ses environs. Les activités d’auditions des témoins en mairie de Bujumbura débuteront le 27 juillet 2021 ».

Pour lui, il n’y a pas de paix alors qu’on marche sur des fosses communes. Il interpelle la population à vaincre la peur et dire la vérité sur les crises qui ont endeuillées le Burundi en aidant à identifier des fosses communes : « La vérité libère le pays ainsi que les familles des victimes et des bourreaux ».

Le président de la CVR demande aux administratifs de la mairie de Bujumbura d’appuyer la commission dans l’identification des personnes âgées qui pourront témoigner lors des auditions.

« Les témoins sont ceux qui nous parlent de ce qu’ils ont vu ou vécu. Certains sont des veuves, des orphelins, des anciens fonctionnaires ou d’autres qui ont vécu le calvaire de 1972 en mairie de Bujumbura », précise Pierre-Claver Ndayicariye.

Des soucis ne manquent pas

Les participants à la réunion ont exprimé leurs inquiétudes et préoccupations par rapport aux activités menées par la Commission Vérité et Réconciliation.

Jimmy Hatungimana, maire de la ville de Bujumbura appelle la CVR à ne pas se limiter sur la période de 1972 : « Nous avons besoin de connaître la vérité sur toutes les crises qui ont endeuillées le Burundi. Après le travail sur la crise de 1972, nous vous demandons de continuer des enquêtes avec les crises de 1965, 1988 et 1993 ».

Même son de cloche chez Dévote Ndayisenga, administrateur de la commune Muha. Elle s’inquiète sur la qualification de la crise de 1972 : « A chaque fois qu’on parle des victimes de 1972 on ne dit que des Hutus comme s’il n’y a pas des Tutsi qui ont été tués dans la même crise ».

A ce sujet, Pierre-Claver Ndayicariye tranquillise : « Les victimes de la crise de 1972 étaient de tous les groupes ethniques ». Néanmoins, ajoute-t-il, les massacres visaient principalement des Hutus.

La député Aline Inamuco suggère à la CVR de chercher les causes profondes des crises que les Burundais ont vécues. Elle propose l’inhumation digne des restes humains exhumés des différentes fosses communes à travers le pays quand toutes les périodes sombres seront couvertes.

Un autre intervenant souhaite du « plus jamais ça ». Il exhorte la population burundaise à éviter la globalisation. « La responsabilité pénale est personnelle. Que personne ne soit accusé d’un crime commis par ses parents, grands-parents ou ceux de son ethnie ».

Sur la question de savoir si la CVR enquêtera sur la période d’après 2008, le président de cette commission est clair : « On ne peut pas aller au-delà du mandat de la CVR qui s’étend de 1885 à 2008 ».

Publicité
Publicité

Voir plus de Iwacu

image beaconimage beaconimage beacon