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390.000 habitants et 400 000 lits Airbnb... Le tourisme de masse détruit la Méditerranée

logo de Express.be Express.be 15-04-18 Arnaud Lefebvre

Des militants de certaines des plus belles destinations de la Méditerranée se sont réunis cette semaine à Venise afin de trouver des solutions pour contrôler le nombre croissant de touristes qui "détruisent leurs maisons".  

© The Times

Les bateaux de croisière et la hausse significative des locations Airbnb font grimper les loyers, chassent les populations locales et anéantissent les communautés dans les villes, affirment différentes organisations d'endroits tels que Dubrovnik, Rhodes, Santorin, Corfou, Paphos et Venise, réunies sous la bannière du groupe de pression 25 Aprile.

Selon les associations, les lits Airbnb au nombre de 400.000 dépassent maintenant les 390.000 habitants de ces six localités réunies. "Et nous ne tenons pas compte des personnes sur les bateaux de croisière amarrés qui peuvent compter jusqu'à 24.000 passagers le week-end à Venise", explique Marco Gasparinetti, responsable de 25 Aprile.

Croisières et Airbnb

"Nous sommes victimes de notre propre succès", ajoute cet activiste vénitien. "Nous perdons des résidents et notre patrimoine disparaît".

Selon les organisations, le succès grandissant des croisières et des plate-formes touristiques alternatives telles qu'Airbnb font en sorte que la situation deviendra bientôt intenable.

À cause des voyages à faible coût et étant donné l'absence d'attentats terroristes en Italie, en Croatie, en Grèce et à Chypre, les centres historiques de ces régions sont maintenant inondés par une vague constante de touristes", indiquent les militants au journal britannique The Times.

La ville fortifiée de Dubrovnik, sur la côté croate, comptait 7.000 habitants au 15ème siècle. De nos jours, les résidents ne sont plus que 1.567 et le nombre de lits touristiques a doublé au cours de la dernière décennie pour atteindre les 32.000.

© Kirk Fisher

"Les rues de Dubrovnik dans lesquelles je jouais lorsque j’étais enfant sont maintenant entravées par les tables de restaurants et les locaux qui discutaient sur le pas de leur porte sont partis depuis longtemps", a déclaré Ljubo Nikolic, conseiller municipal de Dubrovnik. "Dans ma rue, il y a 24 maisons et sept sont habitées par des locaux. Le reste est loué. Nous avions l'habitude de nous réfugier sur l'île voisine de Lokrum, mais les touristes nous ont également chassés depuis que le lieu a été utilisé pour le tournage de la série Game of Thrones".

"Airbnb est la nouvelle maladie"

Sur l'île grecque de Santorin, les 57 vols par jour ont porté le nombre annuel de touristes à deux millions. "Airbnb est la nouvelle maladie", a expliqué l'un des membres. "À Rhodes, si vous parlez de limiter le nombre de touristes, vous êtes traité comme un extraterrestre ou un traître par les politiciens. Nous avons actuellement 2.900 locations Aribnb et les rues de la vieille ville sont maintenant bondées", ajoute un autre membre d'un groupe de défense du patrimoine rhodanien.

Selon Gasparinetti, étant donné que les visiteurs sont une source importante de revenus, il EST souvent très difficile d'agir. Venise subit également les conséquences négatives du tourisme de masse. La population vénitienne est descendue en-dessous de 55.000 habitants alors que son pic historique était de 170.000. Parallèlement, le tourisme entraîne une pollution importante de l'environnement.

"Les villes doivent trouver des solutions pour maîtriser le tourisme", souligne-t-il. "Le nombre de visiteurs devrait être limité et des efforts devraient être réalisés pour répartir le tourisme de manière plus équitable tout au long de l'année. L'objectif devrait également être de remplacer partiellement les excursionnistes par des visiteurs culturels".

"Une autre mission pour les villes est d'attirer à nouveau des emplois qui ne sont pas liés au tourisme".

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