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Pédophilie: un coût de 60 millions d’euros pour l’Église néerlandaise

logo de Le Soir Le Soir 22-12-17 Le Soir

L’Église catholique a voulu coûte que coûte voir de ses propres yeux la page la plus sombre de son histoire ». Des mots lourds de sens prononcés cette semaine par le cardinal néerlandais Eijk à propos les abus sexuels commis par des prêtres aux Pays-Bas des années durant. Au total, des milliers de victimes avant que ces affaires de pédophilie n’éclatent au grand jour.

Face aux traumatismes au long cours causés à des innocents pendant des décennies, l’Église catholique des Pays-Bas a payé les pots cassés au prix fort pour porter secours à ses ouailles après coup. Au global, la facture s’est élevée à quelque 60 millions d’euros pour la Rooms-Katholieke Kerk (RKK), dont la moitié versée au titre de dédommagements aux victimes.

«  Les finances de l’Église ne sont pas dans un état florissant mais nous avons pu faire face  », a commenté le cardinal en présentant un rapport détaillé mettant un point final à ce scandale.

Mais il aura fallu sept ans à cette institution religieuse directement rattachée au Vatican pour faire amende honorable. C’est en effet en 2010 que le scandale a éclaté sur la place publique.

© Fournis par Le Soir

Depuis, la mise en place d’une commission d’enquête a révélé que ces pratiques étaient devenues monnaie courante dans nombre de paroisses. Des structures d’aide aux victimes ont aussi permis de démasquer les coupables. Autant de dépenses qui ont été réglées avec les deniers du culte catholique.

Un total de 3.700 victimes

Au total, 3.700 victimes ont fait part des traitements infamants que leur avaient infligés des représentants de l’Église. Mais pour des raisons personnelles, quelque 1.650 d’entre elles se sont bornées à procéder à ces dénonciations. Les autres, plus d’un millier, ont porté plainte en bonne et due forme devant les instances de recours en exigeant des dommages et intérêts à la clé.

Le plus grand nombre de cas de pédophilie avérée ont été constatés dans les paroisses d’Utrecht (72 victimes), Tilburg (69) et de Bois-le-Duc (61).

In fine, l’instruction de ces dossiers n’a donné lieu à l’indemnisation que de 860 personnes, vu le manque de preuve apporté dans les autres cas. Chacune d’elle a reçu en moyenne 33.148 euros pour avoir été sexuellement violentée, voire violée, parfois sur de longues périodes de temps. A ce titre, l’Église catholique néerlandaise a donc déboursé 28,5 millions d’euros.

Encore des points d’interrogation

Pour les associations d’aide aux victimes, la coupe est à moitié pleine. Certaines, comme la KLOKK, regrettent qu’un grand nombre de plaintes aient été rejetées. Pour d’autres, des points d’interrogation restent en suspens. «  L’Église n’a pas été assez transparente sur ce qu’elle savait réellement des abus sexuels commis sur des enfants en son sein  », s’indigne Annemie Knibbe, présidente de la VPKK, une association d’aide aux femmes ayant été confrontées à des prêtres pédophiles durant leur enfance.

Loin d’avoir été une sinécure pour les victimes, l’Église a même essayé de faire marche arrière face à l’ampleur du scandale. Son projet initial visait à boucler l’affaire en 2014. soit quatre ans après les révélations. Toutes les victimes devaient se faire connaître dans ce délai pour être indemnisées. Un laps de temps considéré trop court par les associations d’aide aux victimes. Mais elles ont dû batailler en justice pour obtenir gain de cause face à l’obstruction des grands pontes de la RKK.

Un nouveau délai de trois ans a finalement repoussé la date butoir de réception des plaintes. Toutes les structures d’aide aux victimes mises en place par l’Église catholique voici dix ans fermeront donc leurs portes d’ici le 1er janvier 2018.

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