Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

Microsoft licencie des journalistes pour les remplacer par des robots

logo de Le Figaro Le Figaro 01-06-20 Chloé Woitier
La version américaine de Microsoft News, bientôt gérée par des robots journalistes. © Microsoft La version américaine de Microsoft News, bientôt gérée par des robots journalistes.

Une intelligence artificielle peut-elle faire un aussi bon travail de curation et de hiérarchisation de l’information qu’un journaliste? C’est ce que semble penser Microsoft. Les équipes éditoriales américaine et britannique de ses portails d’actualité, soit près de 80 journalistes, viennent d’apprendre leur licenciement, rapportent Business Insider et le Guardian. Elles seront remplacées par des algorithmes. «Cette décision n’est pas liée à la pandémie de Covid-19», a précisé un porte-parole de Microsoft. Elle pourrait avoir une portée mondiale: les portails de Microsoft News sont présents dans une cinquantaine de pays.

Les journalistes employés par Microsoft n’écrivent pas d’articles. Leur travail consiste à gérer les portails d’actualité du géant américain, une sorte de «revue de presse» que l’on voit apparaître à chaque fois que l’on ouvre un onglet dans le navigateur Microsoft Edge ou que l’on se rend sur le site MSN. Leur audience est donc massive.

Des algorithmes loin d’être irréprochables

Concrètement, ces journalistes doivent sélectionner manuellement quels articles de presse ils souhaitent mettre en avant afin que l’internaute ait un panorama de l’actualité du jour, de la plus sérieuse à la plus légère. Ce travail humain vise à valoriser les sources d’information les plus fiables et les contenus originaux, avec une tonalité familiale: Microsoft ne souhaite pas que les enfants se retrouvent face à des contenus trop violents ou explicites lorsqu’ils lancent leur navigateur Internet.

En décidant de confier ce travail de curation à des intelligences artificielles, Microsoft suit la même voie que Google avec son service Google Actualités. YouTube et Facebook reposent aussi sur des algorithmes. Le résultat est loin d’être irréprochable. Il n’est pas rare de voir jaillir de ces plateformes des articles provenant de sources douteuses, quand il ne s’agit pas de désinformation. La hiérarchisation connaît aussi des ratés: fin 2018, un article de Ouest-France sur la nouvelle propriétaire d’un salon de coiffure breton s’était retrouvé en tête d’Apple News, devant l’affaire Carlos Ghosn. Depuis, Apple a abandonné le recours à l’intelligence artificielle et a confié la gestion de son widget à des éditeurs. Le résultat est bien meilleur.

Publicité
Publicité

Plus d'info : le figaro.fr

image beaconimage beaconimage beacon