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Anticoagulants : ces pratiques vous mettent en grand danger !

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Anticoagulants : ces pratiques vous mettent en grand danger ! © Medisite Anticoagulants : ces pratiques vous mettent en grand danger !

Se couper, boire du jus de pamplemousse… Si vous êtes sous anticoagulants, certaines habitudes du quotidien peuvent vous mettre en danger. Le médecin François Baumann, médecin généraliste, dresse la liste des pratiques à éviter pour ne pas frôler l’hémorragie ou l’AVC.

Les traitements anticoagulants

Les traitements anticoagulants sont destinés à empêcher la formation de caillots sanguins en cas de pathologie cardiaque (fibrillation auriculaire, infarctus du myocarde, prothèse valvulaire...). Essentiellement destinés à fluidifier le sang, ce sont des traitements dangereux en cas de surdosage, avec un risque d'hémorragie parfois fatale.

Les plus prescrits sont les antivitamine K 2, mais ils sont très difficiles à équilibrer lorsque l’on en consomme. Ils agissent en occupant la place de la vitamine K dans des réactions indispensables à la synthèse de certains facteurs de la coagulation.

En France, les anti-vitamine K sont représentés par l'acénocoumarol (Sintrom®, Minisintrom®), la warfarine (Coumadine®) et la fluindione (Previscan®).

Chez une même personne, de nombreux médicaments et aliments peuvent modifier leur activité. Pour cette raison, un traitement anticoagulant doit faire l'objet d'une surveillance médicale attentive. Certains gestes doivent également être évités pour ne pas perturber l’effet du traitement. Explications.

Antivitamines K : attention aux coupures

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“Par définition, les antivitamines K fluidifient le sang. La durée de coagulation des plaies est donc plus longue et les saignements plus importants. C’est pourquoi il faut éviter de se couper”, explique le Dr Francois Baumann.

Sauf que cette recommandation n’est pas facile à exécuter. Le meilleur moyen reste de se protéger en mettant des gants pour jardiner, faire la vaisselle, couper des aliments… Mais aussi de privilégier un rasoir électrique plutôt que manuel et d’utiliser avec précaution les fils dentaires. Le but ? Eviter de faire saigner des zones de son corps, dont la gencive.

Si l’on se coupe malgré ces précautions et que l’on prend un traitement anticoagulant, la coagulation va se faire attendre. Cependant, elle finira par arriver. L’essentiel étant d’avoir du bon sens : une coupure trop importante qui ne s’arrête pas de saigner après avoir appliqué une pression constante doit vous alerter. Vous devez vous rendre le plus rapidement possible aux urgences.

Est-il possible de "trop" coaguler ?

“Avec un taux de vitamine K élevé dans le sang, on risque de trop coaguler et de développer des caillots de sang dans les artères et les veines. Ceux-ci peuvent engendrer de graves problèmes de santé comme une phlébite ou encore un infarctus résultant d’une artère bouchée”, prévient François Baumann.

Selon l’expert, “prendre des anti-vitamines K n’est donc pas du tout anodin. Il faut trouver le juste équilibre pour préserver sa santé”, avant d’ajouter “les vrais problèmes lorsque l’on prend ce traitement, ce sont les surdosages, quand les patients avalent un peu trop de comprimés et qu’ils risquent l’hémorragie. À l’inverse, ceux qui n’en prennent pas assez vont développer des caillots de sang”.

Jus de pamplemousse : il accélère l’hypocoagulation

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Siroter un jus de pamplemousse en se levant le matin n’est pas anodin.

Ce geste pourrait avoir de graves conséquences sous un traitement anti-coagulant : “Je déconseille fortement aux patients concernés de boire du jus de pamplemousse. Les enzymes qu’il contient vont accélérer l’hypocoagulation du sang, ce qui est très dangereux lorsque l’on prend des médicaments anticoagulants”, alerte l’expert avant d’ajouter “l’équilibre de la coagulation est déjà dur à trouver, il ne faut donc pas perturber son traitement”.

Par ailleurs, lorsque le pamplemousse est mélangé à d’autres médicaments, il aurait tendance à bloquer le fonctionnement d'une enzyme qui d'ordinaire permet l'assimilation des produits médicaux. De ce fait, le médicament pénètre sans être transformé dans le système sanguin, ce qui peut entraîner des surdoses.

David Bailey, pharmacologue clinicien au Lawson Health Research Institute de Londres, et interviewé sur CBC News le confirme : «Prendre un comprimé avec un verre de jus de pamplemousse peut devenir l'équivalent de 20 comprimés pris avec un verre d'eau. «Cela produit un surdosage accidentel, et avec ces niveaux-là, les médicaments ne soignent plus mais deviennent toxiques.»

À noter : La vitamine K est la vitamine de la coagulation sanguine par excellence. En cas de traitement anti-vitamine K, les aliments riches en vitamine K peuvent être contrôlés, voire évités. (chou frisé, épinards, laitue, persil, asperges, kiwi, haricots verts…)

Anticoagulants : évitez ces sports

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Pratiquer de l’équitation ou du wake-board n’est pas recommandé. “Tout risque de chute brutale est dangereux. Les sports extrêmes où l’on peut prendre des coups comme le canyoning ou encore le parapente doivent être évités car l’hématome dure plus longtemps et il va comprimer d’autres organes du corps”, témoigne le professionnel de la santé.

En effet, même si une petite chute aura un impact moindre sur l’état de santé du patient, une vilaine chute pourra, elle, mettre sa vie en danger. “Si le sang coagule trop, une hémorragie est vite arrivée”, rappelle le médecin.

Si malgré vos précautions, une chute arrive et qu’une plaie ou un bleu apparaît “il faut comprimer la zone en appuyant fortement dessus, tout en attendant que le saignement cesse”, conseille l’expert, avant d’ajouter “Il y a peu de choses à faire pour éviter ces plaies, à part stopper les sports à risque.”

Détartrage : gare à l’hémorragie !

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Bien que cela puisse paraître étonnant, pratiquer un détartrage chez son dentiste lorsque l’on prend des antivitamines K peut s’avérer très dangereux.

Selon François Baumman “arrêter les anticoagulants 2 à 3 jours avant une opération est nécessaire pour éviter toute forme d’hémorragie. Vous devrez ensuite reprendre votre traitement 2 à 3 jours après l’intervention, sous surveillance d’un médecin”. Même si l’arrêt d’un traitement n’est pas idéal, “cela vaut mieux que de faire une hémorragie,”, ajoute l’expert.

Informez donc toujours votre dentiste du traitement que vous prenez avant toute intervention (détartrage...) ainsi que votre chirurgien si vous devez subir une opération.

Le caractère “urgent” de l’intervention doit également être pris en compte, car une opération bénigne doit être décalée au profit de la poursuite du traitement (et plus particulièrement chez les patients atteints de problèmes cardiaques).

François Baumman recommande également de prendre son traitement à heures fixes et de se faire régulier contrôler par un médecin.

“N’oubliez pas aussi de vérifier tous les médicaments que vous prenez quotidiennement. L’aspirine par exemple peut suffir à hypocaoguler le sang”. Certains médicaments, associés aux antivitamines K, peuvent également avoir des effets néfastes, c’est pourquoi l’avis d’un médecin est primordial.

Bon à savoir : Lorsque l’on est atteint d’une maladie artérielle, fumer est contre indiqué car la nicotine irrite la paroi artérielle et peut vous entraîner de nombreux effets indésirables. Quant à l’alcool, il peut augmenter l’effet de l’anticoagulant et entraîner de graves problèmes de santé.

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