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L'Ouzbékistan, mythique contrée sur les routes de la soie

logo de Petit Futé Petit Futé 17-12-18 Baptiste THARREAU

" Tout ce que j'ai entendu dire de la beauté de Samarkand est pure vérité - mais elle s'avère encore plus splendide que ce que je pouvais imaginer ! ", disait Alexandre le Grand. En effet, ce sont les légendes du passé et le nom mythique de Samarkand qui ont guidé la plupart des visiteurs vers l'Ouzbékistan. Dans des espaces infinis de steppe et de désert, dans des montagnes aux sommets encore vierges ou sur les rivages d'une mer disparue, le voyageur, invité à partager le thé avec un éleveur de moutons sous sa yourte, un brodeur de soie ou de tapis, un chercheur d'or ou un ancien pêcheur, vivra à cette occasion une expérience inoubliable.

Son caractère si particulier, le pays le doit en grande partie aux turbulences de son histoire qui ont fait de l'Asie centrale un carrefour des civilisations. Depuis l'empire d'Alexandre à celui des tsars en passant par Gengis Khan et Tamerlan, le " Touran " a vu naître, s'affronter, cohabiter ou mourir les plus vastes empires qu'ait jamais éclairés le soleil. Au long des siècles, la Route de la soie a assuré, jusqu'à l'avènement des grandes voies maritimes, les liens commerciaux et culturels entre la Chine et l'Europe. De son passé militaire, économique, religieux et architectural, l'Ouzbékistan a conservé des milliers de traces, de témoignages et de coutumes. La magie de ce passé envoûte le voyageur moderne qui se trouve confronté à un mythe d'autant plus mystérieux et séduisant qu'il est resté longtemps inaccessible. Oubliez l'histoire, vous êtes en train de la vivre ; oubliez les légendes, vous en faites désormais partie.

L'héritage des routes de la soie

Voilà la première raison pour laquelle on entreprend un voyage en Ouzbékistan. Les récits des grands voyageurs, au premier rang desquels figure Marco Polo, les grandes caravanes du désert, l'axe reliant la Chine à l'Occident... autant de sujets de rêve et d'émerveillement que l'Ouzbékistan, par la grâce de son héritage architectural et archéologique, permet d'approcher au plus près. Les routes de la soie s'écrivent désormais, avec les immenses projets chinois, au présent et au futur. Mais en Ouzbékistan, elles conservent également toute leur magie. De formidables monuments ont été légués par les dynasties Samanides, Karakhanides ou Timourides, avec notamment l'incomparable place du Registan ou la gigantesque mosquée Bibi Khanum à Samarkand, l'ensemble Poy Kalon et son redoutable minaret à Boukhara, ou bien la petite ville de Khiva, témoignage unique de l'architecture orientale inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l'Unesco.

Les sites historiques sont encore plus nombreux : les citadelles du désert dans le Khorezm et le Karakalpakstan, la colline d'Afrosyab à Samarkand, les vestiges de temples bouddhistes dans le Sud, autour de Termez, les pétroglyhes du désert... Il n'est quasiment pas un village qui n'offre une mosquée, une madrasa, un mausolée ou les remparts d'une ancienne citadelle à découvrir.

A la croisée des civilisations

Dans ce pays situé aux confins des empires nomades de la steppe et des plus anciennes cités alimentées par les premiers systèmes d'irrigation, au carrefour des grands axes commerciaux comme celui de la Route de la soie et au carrefour des grands empires, de celui d'Alexandre le Grand à ceux de Gengis Khān et de Tamerlan, les modes de vie, les croyances et les traditions populaires résultent d'innombrables mélanges de population du monde entier. Le pays est également un point de rencontre de grandes religions ou spiritualités : orthodoxie, islam, bouddhisme, le tout enrichi de legs de zoroastrisme, de chamanisme ou de mazdéisme que les autres croyances n'ont jamais su faire totalement disparaître.

Cette diversité de croyances se lit dans l'architecture, dans les motifs des décorations et dans les moindres sculptures des piliers de bois des mosquées de villages, et a marqué la manière d'être, de vivre et de penser de la population. Musulmane certes, mais suivant un islam aux aspects inconnus pour qui a côtoyé celui pratiqué dans le Maghreb ou au Moyen-Orient. L'islam sunnite de la région a été séparé du reste du monde musulman par l'apparition d'un pouvoir chiite en Iran, et isolé par la chape de plomb communiste qui a cherché à l'éradiquer. Depuis dix ans, il revient au grand jour tel qu'il existait au début des années 1920, transmis par la tradition orale des anciens plus que par des livres qui ont été interdits pendant des décennies, et s'adapte à une population laïque qui a fait le choix de la modernité. Un modèle unique.

Une société aux multiples visages

La grande diversité des paysages ouzbeks favorise de très nombreuses activités et permet des variations infinies de thèmes au cours d'un seul séjour. Ainsi, en trois ou quatre semaines de voyage, on peut visiter les ensembles monumentaux des cités de la Route de la soie et leur architecture unique, partir à dos de chameau pour une méharée dans le désert, goûter à la fraîcheur des petits villages de montagne, entreprendre des treks à la journée ou pour plusieurs jours dans ces mêmes montagnes, revenir dans les vallées pour une escapade à cheval, randonner à la recherche des épaves abandonnées sur le fond de l'ex-mer d'Aral... Sans oublier, via certains tour-opérateurs et selon les saisons, les possibilités de faire du ski, du rafting, du canyoning, de l'escalade... Dans les chaînes du Pamir ou les contreforts du Tian Shan, de nombreux sommets continuent d'attirer les alpinistes du monde entier. On y pratique également l'héliski et, pour ceux qui en auraient le temps et l'envie, il est possible depuis l'Ouzbékistan d'organiser une ascension des pics Lénine ou Communisme, au Kirghizistan voisin. Bref, un paradis pour grand nombre d'activités classiques ou extrêmes déjà bien rodées et qui permettent de se lancer à la découverte de territoires où les Occidentaux furent rares au cours de ces derniers siècles.

L'art de l'hospitalité chez les Ouzbeks

Enfin, pour votre plus grand bonheur, l'hospitalité en Asie centrale n'est pas un vain mot. Et si elle a du mal à s'exprimer à l'occasion des visites des sites touristiques à Boukhara et à Samarkand, il suffit de s'en éloigner quelque peu pour rencontrer une population accueillante, hospitalière, curieuse de tout et prête à offrir le meilleur d'elle-même en toute simplicité. Une telle hospitalité pourrait presque devenir encombrante. Nombreux sont les Ouzbeks qui, se sentant fiers d'accueillir un Occidental sous leur toit, tiennent à l'y conserver aussi longtemps que possible et ne le laissent repartir que lorsque tous les amis et voisins ont fait sa connaissance. Une fois pris dans cet engrenage, il faut répondre aux invitations desdits voisins et amis, et la visite de quelques heures prévue dans tel village peut se transformer en séjour de plusieurs jours doublé d'une cure de plov - le plat national ouzbek à base de riz sauté et de viande de mouton - et de vodka locale. Selon la coutume musulmane, l'invité doit rester trois jours pleins chez son hôte avant de pouvoir le quitter. La plupart du temps cependant, l'hospitalité se traduit par une tasse de thé ou un repas, et peut aussi fournir l'occasion unique d'assister à une fête, à un mariage ou à la traditionnelle célébration de Navrouz, le jour de l'an oriental. Bref, de quoi pimenter votre séjour d'une bonne dose d'inattendu !

Infos futées

Quand ? La haute saison touristique s'étend du 15 avril au 31 octobre, avec un creux de fréquentation en juillet et début août, lorsque les températures sont trop élevées. Les hôtels se vident de leurs touristes à partir de début novembre et jusqu'à la fin mars, mis à part un pic de fréquentation autour du jour de l'an, de nombreux voyagistes ayant commencé à proposer des circuits " Nouvel An à Samarkand ".

S'y rendre. Le prix d'un vol Paris-Tachkent évolue entre 600 et 850 € selon la période de réservation. Le vol s'effectue en 6 heures 30. Uzbekistan Airways est la seule compagnie à assurer des vols directs entre Paris et Tachkent toute l'année. Parmi les autres compagnies desservant l'Ouzbékistan, Aeroflot et Turkish Airlines opèrent plusieurs rotations par semaine toute l'année.

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