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«Voler dans un cimetière, c’est irrespectueux»

logo de Le Nouvelliste Le Nouvelliste 2019-05-15 Marie-Eve Lafontaine - Le Nouvelliste
© STÉPHANE LESSARD

TROIS-RIVIÈRES — Le calvaire du cimetière Saint-Michel à Trois-Rivières a été dépouillé de deux de ses quatre statues. En effet, ces imposantes représentations de la Sainte Vierge et de l’apôtre saint Jean ont été volées dans la nuit de dimanche à lundi semant la consternation.

«Ça ne se fait pas un geste comme celui-là. Voler dans un cimetière, c’est irrespectueux», lance Martin Bédard, responsable du cimetière. «C’est du jamais vu», ajoute le contremaître.

Le diocèse de Trois-Rivières déplore également ces disparitions. «La carte postale du rocher du calvaire est bousillée avec ces deux personnages bibliques manquants», mentionne Mélanie Charron, porte-parole du diocèse. «C’est décevant parce qu’elles ont une charge symbolique pour nous. On est très déçu. C’est un acte dont on aurait pu se passer», ajoute-t-elle.

Voler des œuvres de cette stature n’a sûrement pas été facile. Les statues en fonte mesureraient plus ou moins quatre pieds et pèseraient près de 300 livres. «Ils les ont attachées à un camion pour réussir à les enlever de là. On voit les pistes du camion», raconte M. Bédard. «C’est assez lourd. Donc, ça demande quelques personnes pour les déplacer et un véhicule capable d’accueillir ces deux statues. Ça demandait un minimum d’organisation», note Mme Charron.

Le calvaire du cimetière Saint-Michel avant le vol. Ce sont les statues à chacune des extrémités qui ont disparu. Le calvaire du cimetière Saint-Michel avant le vol. Ce sont les statues à chacune des extrémités qui ont disparu.

Le Christ en croix a été épargné, mais Marie-Madeleine l’a échappé belle. En effet, les voleurs ont réussi à enlever une des vis qui la retenait au sol. Peut-être ont-ils été dérangés, mais ils n’ont pas poursuivi plus loin leur tentative de voler cette troisième statue.

Une plainte a été déposée à la Direction de la police de Trois-Rivières. Un technicien en identité judiciaire s’est d’ailleurs rendu sur place. Si les malfaiteurs croyaient amasser un joli pactole avec ces statues, ils risquent de déchanter. «Sûrement qu’ils pensaient que c’était du bronze, mais c’est de la fonte. La fonte se vend 10 cents la livre. Ils n’auront presque rien pour ça», estime M. Bédard.

Même son de cloche de la part de la Direction de la police de Trois-Rivières. «Ce n’est pas du métal qui est très convoité. Généralement, c’est du bronze que les malfaiteurs recherchent. Dans ce cas-ci, c’est de la fonte. On ne sait pas s’ils pensaient que c’était du bronze», explique le sergent Luc Mongrain, porte-parole de la Direction de la police de Trois-Rivières.

Leur valeur de remplacement est d’environ 4000 $ chacune, selon la police. Les voleurs vont peut-être réussir à en retirer quelques dizaines de dollars. Mais pour M. Bédard, c’est une perte inestimable. «Pour nous, c’est important. Ce n’est pas une question d’argent. Ça fait partie de notre patrimoine.»

Les voleurs ont vraisemblablement tenté de dérober une troisième statue. © STÉPHANE LESSARD Les voleurs ont vraisemblablement tenté de dérober une troisième statue.

Ces statues provenaient de France. «On ne pourra jamais ravoir des statues comme celles-là. Elles ont été fabriquées en France. Il n’y a pas de moule pour ça», déplore le responsable du cimetière. «On souhaite que les policiers arrivent à les localiser. C’est dispendieux de refaire des œuvres comme celles-là aujourd’hui», indique Mme Charron.

Et ce n’est pas la fermeture des églises qui va permettre d’en dénicher. «On n’en retrouve nulle part. Il y a beau avoir des fermetures d’églises, leurs statues sont en plâtre, on ne peut pas les mettre à l’extérieur», explique M. Bédard.

Le calvaire, qui a été installé en 1968, était situé près du mausolée des Évêques-de-Trois-Rivières, qui est classé immeuble patrimonial. Le calvaire est d’ailleurs visible à travers une percée de la structure.

Ce n’est pas la première fois que des œuvres religieuses font l’objet de la convoitise de voleurs en raison de la valeur de leur métal. En 2015, la cloche de l’église de Batiscan, qui avait été coulée en 1770 sous le régime anglais, avait été dérobée. C’était la plus ancienne de la région. Elle faisait partie du monument commémoratif du tricentenaire en pierre en face du presbytère. Autre exemple, la statue du fondateur des Pères Montfortains qui avait été subtilisée à Nicolet en 2011. La statue de bronze haute de 6 pieds avait été retrouvée chez un ferrailleur de Trois-Rivières. C’est sans compter la disparition de diverses plaques de bronze.

C’est la première fois qu’un tel vol a lieu au cimetière Saint-Michel. © STÉPHANE LESSARD C’est la première fois qu’un tel vol a lieu au cimetière Saint-Michel.

L’administration du cimetière va faire installer des caméras pour éviter qu’un tel délit se répète. Quant à M. Bédard, il lance un appel aux ferrailleurs. Si jamais ces statues se retrouvent dans leur cour, il leur demande de contacter immédiatement la Direction de la police de Trois-Rivières. Il espère de tout cœur qu’il sera possible de les récupérer. En attendant, il va faire appel à saint Antoine. «Il nous reste seulement à prier», conclut-il.

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