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Le rêve de baseball d'un jeune Mi’kmaq

logo de Radio-Canada.ca Radio-Canada.ca 2021-06-29 François Le Blanc
Payton Sanipass connaît un bon début de saison avec les Mudcats M18 de Moncton. © Guy Leblanc/Radio-Canada Payton Sanipass connaît un bon début de saison avec les Mudcats M18 de Moncton.

Payton Sanipass est l'un des nombreux jeunes joueurs prometteurs du programme de baseball des Mudcats de Moncton AA. L'adolescent mi’kmaw, âgé de 15 ans, vise une invitation dans un collège américain, un jour, pour voir jusqu'où ce sport peut l'amener.

La pandémie de COVID-19 a failli gâcher son rêve. Les mesures sanitaires imposées par la santé publique du Nouveau-Brunswick ont compliqué l'entraînement des athlètes depuis plus d'un an.

J'avais même l'intention d'abandonner le hockey et de vraiment poursuivre le baseball», lance Payton Sanipass. Mais, après la COVID, ma motivation a été vers le bas. Toutes les compétitions nationales en plus des tournois ont été annulées.»

Ces événements sont souvent l'occasion, pour les jeunes, de se faire connaitre.

Payton Sanipass prend la pause, avant un lancer. L'aspect mental du jeu le passionne. © Guy Leblanc/Radio-Canada Payton Sanipass prend la pause, avant un lancer. L'aspect mental du jeu le passionne.

Les activités reprennent lentement et Payton espère que cela jouera en sa faveur. Car, sur un losange de baseball, le jeune homme se sent heureux et aime le défi que le sport apporte.

Par exemple, sur le monticule, il affronte un frappeur qu'il veut retirer. La confiance est tout aussi importante que les qualités athlétiques.

Fier de ses origines

Il a grandi à Saint-Antoine, dans l'est du Nouveau-Brunswick, et vit maintenant à Dieppe, mais Payton est aussi un fier athlète mi’kmaw.

D'ailleurs, le Mois national de l'histoire autochtone, qui se termine le 30 juin, l'inspire.

C'est juste, vraiment être fier d'être de ce que je suis, fier d'être Mik'maq, et de ne pas avoir peur de le montrer», mentionne-t-il. Il veut ainsi écrire sa propre histoire, peu importe ce qui se produira.

Moi, j'aime représenter les autochtones, les Mi’kmaq, en jouant au baseball. Il n'y a pas grand joueurs mi’kmaw qui jouent au baseball, par ici», ajoute-t-il.

Sportif, de père en fils

Son père est Everett Sanipass, de la Première nation Mi’kmaq d'Elsipogtog. L'ancien joueur de la Ligue nationale de hockey a évolué pendant 164 parties avec les Nordiques de Québec et des Blackhawks de Chicago (dont il a été le choix de premier tour en 1986).

Everett Sanipass a joué au hockey professionnel de 1987 à 1993 avec Chicago, Québec, Indianapolis, Saginaw et Halifax. © Temple de la renommée du N.-B. Everett Sanipass a joué au hockey professionnel de 1987 à 1993 avec Chicago, Québec, Indianapolis, Saginaw et Halifax.

Everett est propriétaire d'un restaurant dans la communauté d'Elsipogtog. Le paternel a prodigué quelques conseils au fiston s'il veut pousser plus loin sa carrière d'athlète.

Tout d'abord, s'entraîner dans le gymnase, puis socialiser avec du monde qui ne va pas t'amener vers le bas, qui a les mêmes buts que toi. Car, s'ils ont les buts, tu vas t'accorder le mieux», ajoute Payton Sanipass.

Payton Sanipass, lors d'un exercice au bâton. © Ian Bonnell/Radio-Canada Payton Sanipass, lors d'un exercice au bâton.

Cependant, ce n'est pas toujours facile d'être fier de son héritage et de ses racines. Le racisme est présent dans le sport, même si on aime bien dire que le sport est rassembleur.

Payton a entendu des épithètes racistes et a vécu des moments de division. Il a choisi de se tenir debout, mais ça le fait tout de même réfléchir.

Je n'aime pas entendre ça parce que je sais qu'il y a des membres de ma famille, qui vont être offensés. Ça me fait de quoi, ça me fait de la peine.»

Parfois, le racisme est au deuxième degré, dans les non-dits ou quand il a le dos tourné, raconte-t-il.

Il y a eu du racisme, beaucoup plus dans le hockey que dans le baseball», relate Payton Sanipass. Au baseball, il y a eu plus de respect. Mais, encore, il y avait des endroits, avec quelques entraîneurs, où tu pouvais dire que quelque chose se passait.»

L'adolescent sait que tout n'est pas sombre. La lueur d'espoir, c'est la victoire de la Première nation d'Elsipogtog au concours national Hockeyville. Le projet de rebâtir l'aréna de la communauté a obtenu le plus de votes au pays.

Il sait aussi qu'il est bien entouré par ses coéquipiers. Dans l'équipe des Mudcats, on aime son sourire, sa joie de vivre. Il fait la joie des entraîneurs en raison de sa discipline.

Payton Sanipass espère que les effets de la pandémie vont s'estomper pour un retour à la normale. Et, qu'on s'accorde tous. Je serai heureux.»

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