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Accord sur le nucléaire iranien : l'Europe tiraillée entre Washington et Téhéran

logo de Radio-Canada.ca Radio-Canada.ca 2018-05-14 avec Agence France-Presse et Reuters
Accord sur le nucléaire iranien : l'Europe tiraillée entre Washington et Téhéran © Thomas Peter Accord sur le nucléaire iranien : l'Europe tiraillée entre Washington et Téhéran

Les lignes de faille continuent de se dessiner sur la scène internationale, alors qu'à Washington et à Téhéran, on désire s'assurer de l'appui de l'Europe après la sortie annoncée des États-Unis de l'accord sur le programme nucléaire iranien.

À Washington, d'abord, le conseiller à la sécurité nationale John Bolton a évoqué dimanche l'imposition de sanctions contre les entreprises européennes faisant affaire avec la République islamique, alors que le secrétaire d'État Mike Pompeo a évoqué son espoir envers la conclusion rapide d'un nouvel accord sur le programme nucléaire iranien qui rassemblerait l'Amérique, ses alliés, mais aussi Téhéran.

Ces menaces et ces appels du pied surviennent quelques jours après que le président Donald Trump eut annoncé, mardi dernier, que les États-Unis « déchiraient » l'accord signé en 2015 pour encadrer les activités nucléaires de l'Iran.

La décision unilatérale a été vertement critiquée par les signataires européens de l'accord de Vienne, soit la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni. Le geste implique aussi la possibilité, dans les 90 à 180 jours, de sanctions américaines contre, notamment, les compagnies européennes ayant des relations commerciales avec l'Iran.

Outre ces trois pays européens, la Russie et la Chine ont elles aussi fait entendre qu'elles désiraient demeurer au sein de l'accord, tout comme l'Iran.

En entrevue sur la chaîne Fox News, M. Pompeo a assuré que Washington ne ciblait pas l'Europe en se retirant de l'accord avec l'Iran.

« Ils ont vraiment été surpris qu'on se retire, vraiment surpris qu'on impose de nouveau des sanctions sévères. Je pense que [ce sentiment] va s'estomper. On verra ce qu'il se passe ensuite », a de son côté mentionné John Bolton, sur les ondes de CNN.

M. Bolton a par ailleurs martelé que la Maison-Blanche ne souhaitait pas un changement de régime en Iran, mais plutôt « s'assurer que [le pays] n'accède jamais à l'arme nucléaire ».

L'Europe aux aguets

À l'aune de ces menaces de sanctions américaines, plusieurs dirigeants européens se retrouvent quelque peu au dépourvu, en l'absence de véritables moyens de protection contre les décisions de Washington.

En Allemagne, le ministre de l'Économie Peter Altmaier a indiqué que Berlin reconnaissait qu'il serait difficile d'isoler les compagnies européennes contre le courroux de la Maison-Blanche, mais que l'on espérait toujours convaincre l'administration américaine de ne pas punir les entreprises du Vieux Continent.

« Je n'entrevois pas de solution simple pour protéger les entreprises contre tous les risques de sanctions américaines », a laissé entendre son homologue aux Affaires étrangères, Heiko Maas.

« Nous pouvons y parvenir via des discussions, et en expliquant que nous serions tous perdants, en bout de ligne, si nous nous embarquons dans une course mondiale aux mesures unilatérales », a pour sa part ajouté M. Altmaier, en évoquant le délai d'à peine 90 jours maximum pour que les entreprises européennes se conforment aux directives américaines avant de risquer des sanctions.

Mardi, les ministres des Affaires étrangères de l'Allemagne, de la France et du Royaume-Uni ont rendez-vous à Bruxelles, en compagnie de leur homologue iranien, pour discuter des prochaines étapes.

Ultimatum iranien

Si le délai américain est de 90 jours, celui imposé par l'Iran est d'au plus deux mois. Téhéran a en effet exigé des « garanties », de la part des pays européens, pour assurer les intérêts iraniens dans le cadre de l'accord sur le nucléaire.

« Si les Européens ne donnent pas de garanties, il reviendra aux responsables du pays de prendre les décisions nécessaires », a-t-on ainsi appris de la part de Seyyed Hossein Naghavi Hosseini, porte-parole de la commission des Affaires étrangères du Parlement iranien.

C'est la première fois qu'un tel délai est mentionné.

Pour sa part, le ministre iranien des Affaires étrangères a entamé dimanche à Pékin une tournée de tous les signataires de l'accord, à l'exception des États-Unis. Après la Chine, le ministre visitera la Russie, puis se dirigera vers Bruxelles pour y rencontrer les émissaires de Paris, Londres et Berlin.

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