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Donald Trump teste les limites de la diplomatie du golfe avec la Chine

logo de Tribune de Genève Tribune de Genève 2017-04-05 Jean-Cosme Delaloye
Les présidents Donald Trump et Xi Jinping. © (Photo: Keystone) Les présidents Donald Trump et Xi Jinping.

Donald Trump reçoit Xi Jinping dans son club de golfe de Floride pour un sommet qui donnera le ton de leurs futures relations.

Donald Trump ne forcera pas le président chinois Xi Jinping à se mesurer à lui sur un terrain de golfe cette fin de semaine en Floride. «Je pense que nous pouvons affirmer qu’il n’y aura pas de golfe», a assuré mardi sous le couvert de l’anonymat un représentant de la Maison-Blanche. Cette précision dépasse le cadre de la simple anecdote. Le golfe est considéré comme un sport élitiste en Chine par opposition au football, dont Xi Jinping semble être fan.

Le Donald Trump de la campagne électorale ne semblait pas faire preuve de retenue vis-à-vis de Pékin. «Vous pouvez battre la Chine quand vous êtes intelligent», avait-il notamment martelé le 21 juillet 2015 en Caroline du Sud. «Mais nos dirigeants n’ont aucune idée. Ils organisent des dîners d’Etat pour les Chinois. (…) Emmenez-les au McDonald’s et rouvrez les négociations.»

Au moment d’aborder son sommet avec Xi Jinping – qu’il a qualifié la semaine dernière sur Twitter de «très difficile» – Donald Trump semble plus prudent. Cette rencontre permettra aux deux chefs d’Etat de «construire une relation personnelle sur laquelle ils pourront se reposer en temps d’opportunité mais aussi en temps de crise», a précisé mercredi Susan Thornton, la secrétaire d’Etat assistante pour les affaires asiatiques.

«La Chine n’a pas grand-chose à offrir à la Maison-Blanche et la marge de manœuvre de Donald Trump est aussi limitée», estime Jacques deLisle, expert à la Faculté de droit de l’Université de Pennsylvanie. Le président des Etats-Unis a fait du déficit commercial de 347 milliards de dollars de son pays avec la Chine l’une de ses priorités. Il a menacé pendant la campagne d’imposer une taxe de 45% sur les importations chinoises. «Un tel impôt est extrêmement improbable», poursuit le spécialiste. «Ni la Chine ni les Etats-Unis n’ont intérêt à se lancer dans une guerre commerciale.»

Richard Bush, de la Brookings Institution, souligne le double impact négatif d’un tel impôt pour l’économie américaine. «Si le président décidait de taxer les importations chinoises, Pékin ferait la même chose avec les produits américains exportés en Chine», explique-t-il. «De plus, de nombreux produits fabriqués aux Etats-Unis dépendent de pièces importées de Chine.»

Les menaces proférées par Donald Trump pendant la campagne pour empêcher la délocalisation des emplois semblent aussi montrer leurs limites. Ces derniers jours, plusieurs entreprises américaines ont annoncé leur intention de délocaliser une partie de leur production vers le Mexique, un pays que le candidat Donald Trump a critiqué avec virulence comme la Chine. Le Mexique est le 3e partenaire commercial des Etats-Unis derrière la Chine et le Canada. Et Pékin semble avoir une carte à jouer dans ce contexte. Great Wall Motors, le constructeur automobile chinois, étudie la possibilité de construire une usine au Mexique. Mais selon un cadre de l’entreprise cité par l’agence Reuters sous le couvert de l’anonymat, le groupe s’intéresserait aussi à un site aux Etats-Unis.

Donald Trump avait aussi menacé l’année dernière de cataloguer la Chine comme un pays manipulateur de devises, mais il ne l’a finalement pas fait. «La monnaie chinoise n’est pas sous-évaluée de manière significative face au dollar», précise Jacques deLisle. «En plus, elle s’est appréciée ces derniers mois.»

Sur le dossier nord-coréen, Donald Trump a prévenu que les Etats-Unis étaient prêts à agir seuls si la Chine ne réagissait pas aux provocations de Pyongyang. «Pékin n’apprécie pas que les Etats-Unis se mêlent des affaires de son voisin», explique Richard Busch. «Mais selon nos informations, Kim Jong-un, le leader nord-coréen, exaspère Xi Jinping et la perspective d’une action unilatérale américaine sans le soutien de la Chine est peu probable. Autant la Chine que les Etats-Unis pourraient bénéficier d’un rapprochement sur la Corée du Nord.»

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