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Twitter suspend le compte de campagne de Trump pour cause de désinformation

logo de Radio-Canada.ca Radio-Canada.ca 2020-08-06 Sophie-Hélène Lebeuf
Dans cette illustration photographique, un logo Twitter est affiché sur un téléphone portable avec la page Twitter du président Trump en arrière-plan. © OLIVIER DOULIERY/Getty Images Dans cette illustration photographique, un logo Twitter est affiché sur un téléphone portable avec la page Twitter du président Trump en arrière-plan.

Invoquant leurs politiques contre la désinformation liée au coronavirus, Twitter et Facebook ont tous deux sévi contre le président Donald Trump, mercredi soir. Twitter est allé jusqu'à bloquer le compte de l'équipe de réélection du président sortant jusqu'à ce que celle-ci supprime un message contenant des informations erronées.

Le tweet jugé problématique contenait une vidéo dans laquelle on entendait Donald Trump affirmer que les enfants étaient «presque immunisés» contre la COVID-19.

Une porte-parole du réseau social, Liz Kelley, citée par le Washington Post, avait indiqué que l'équipe de campagne de Donald Trump devrait elle-même supprimer le tweet, qui avait été masqué par Twitter, avant de pouvoir de nouveau publier du contenu sur la plateforme, mais qu'elle pourrait faire appel de cette décision exceptionnelle.

Le message «viole les règles de Twitter contre la désinformation liée à la COVID-19», a expliqué Mme Kelley au quotidien, qui a le premier rapporté la nouvelle, ensuite confirmée par plusieurs médias américains.

En fin de soirée, le compte Twitter Trump War Room était actif. Le président avait retweeté dans la journée la vidéo mise en ligne par son équipe de campagne. Elle a été retirée, mais son compte n'a pas été suspendu.

Un peu plus tôt mercredi soir, Facebook avait pour sa part retiré la vidéo de la page personnelle du président américain. Souvent critiquée pour son inaction dans la lutte contre la désinformation et jugée par certains complaisante à l'endroit du président, l'entreprise de Mark Zuckerberg a elle aussi invoqué ses «politiques contre la désinformation dangereuse liée à la COVID».

La vidéo en question était tirée d'une entrevue accordée en matinée au réseau Fox News par le président Trump, au cours de laquelle celui-ci plaidait en faveur du retour des enfants en classe.

Au cours de l'entrevue téléphonique diffusée lors de l'émission Fox and Friends, Donald Trump vantait la force du «système immunitaire» des enfants et affirmait que la maladie n'avait «pas d'impact sur eux». «Et ils n'ont pas de problèmes. Ils n'ont tout simplement pas de problèmes.»

«Si vous regardez les enfants, les enfants sont presque – je dirais presque certainement – mais presque immunisés contre cette maladie», avançait-il dans l'entrevue, publiée ensuite sur ses pages des réseaux sociaux.

«J'ai entendu certains médecins dire qu'ils étaient totalement immunisés», affirmait-il sans donner de sources, disant que les médias le critiqueraient s'il utilisait le mot «totalement».

Le président, qui n'a pas terminé sa phrase, a aussi semblé dire que seul «un petit nombre» d'enfants était atteint du coronavirus et que ceux qui l'avaient eu étaient «devenus plus forts».


Vidéo: Justin Trudeau devant le Comité à propos d'UNIS : analyse du panel (Radio-Canada.ca)

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L'équipe de réélection du président sortant a accusé Facebook de partialité.

«Le président rapportait le fait que les enfants sont moins sensibles au coronavirus», a déclaré une porte-parole de la campagne Trump dans un courriel envoyé à NBC News. «Un autre jour, une autre manifestation du parti-pris flagrant de la Silicon Valley contre ce président, où les règles ne sont appliquées que dans un sens. Les sociétés de médias sociaux ne sont pas les arbitres de la vérité.»

Un des membres de l'équipe Trump a pour sa part souligné que l'employé de Twitter qui a expliqué la décision sur le réseau social avait travaillé pour la sénatrice démocrate Kamala Harris, colistière possible du candidat démocrate à la présidence Joe Biden. Il a accusé les géants des technologies de «faire tout ce qui était en leur pouvoir pour empêcher la réélection» de Donald Trump.

Des cas moins nombreux, mais pas d'immunité

Les enfants sont moins nombreux à avoir le coronavirus et ont moins tendance lorsqu'ils sont infectés à avoir des symptômes graves de la COVID-19, mais les scientifiques ne les disent pas immunisés pour autant.

L'école de médecine de l'Université Harvard signale par exemple que les complications sont rares, mais possibles, évoquant au passage le syndrome inflammatoire multisystémique, un syndrome qui s’apparente à la maladie de Kawasaki. Selon le Washington Post, 300 enfants ont contracté cette maladie à cause du coronavirus.

Les États-Unis recensent, selon l'Académie américaine de pédiatrie, 338 000 cas de coronavirus chez les enfants. Ces derniers représentent un peu moins de 9 % des cas de COVID-19 dans les États américains qui distinguent les personnes atteintes par groupes d'âge. Ils comptent, selon les États, pour 0 % à 1 % des morts dues à cette maladie.

Une étude récente a en outre démontré que les jeunes de 10 à 19 ans transmettaient la COVID-19 comme les adultes.

Une relation compliquée

Cette année, Twitter, dont le président Trump est un utilisateur assidu, a plus d'une fois assorti d'avertissements les messages du président, s'attirant – sur Twitter – les foudres de Donald Trump.

Le réseau social a déjà accompagné un tweet du président de l'avertissement «média manipulé», signalé comme trompeurs certains de ses messages ou indiqué qu'ils violaient les règles de Twitter sur l'apologie de la violence.

La semaine dernière, la plateforme avait empêché un des fils du président de tweeter pendant 12 heures, après la publication d'une vidéo véhiculant des faussetés sur le coronavirus.

Quant à Facebook, ce n'est pas la première fois qu'il supprime du contenu mis en ligne par l'équipe du candidat républicain à la présidence, mais c'est la première fois qu'il le fait en lien avec le coronavirus.

En mars, le réseau social a supprimé de sa plateforme des messages commandités qui encourageaient les utilisateurs à participer au recensement, mais qui les redirigeaient plutôt vers le site de campagne du président.

Il y a quelques semaines, l'entreprise a retiré des messages publicitaires de la campagne présidentielle républicaine qui montraient un triangle rouge inversé, invoquant la politique de l'entreprise «contre la haine organisée». Ce symbole était utilisé par le Parti national-socialiste des travailleurs allemands pour identifier les dissidents politiques dans les camps de concentration.

Après avoir menacé de fermeture plusieurs plateformes web, le président a signé un décret, en mai dernier, pour les réglementer davantage.

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