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Fusillade au Texas : la réaction de la police remise en question

logo de Radio-Canada.ca Radio-Canada.ca 2022-05-26 Sophie-Hélène Lebeuf

Après avoir tiré une première fois en direction des policiers, le tireur a pu rester environ une heure à l'intérieur de l'école primaire d'Uvalde, où il a perpétré son carnage mardi, selon les autorités. Un délai qui suscite des questions sur la réponse des forces de l'ordre, qui fera partie de l'examen de la police de l'État sur la fusillade.

Les autorités ont indiqué qu'il s'était écoulé environ une heure entre les premiers tirs décochés en direction des policiers par Salvador Rolando Ramos, qui s'est ensuite barricadé dans l'une des classes, où il a tué 19 enfants et 2 enseignantes, et le moment où l'escouade tactique de la police l'a neutralisé.

Les directives élaborées dans la foulée de la fusillade perpétrée à l'école secondaire de Columbine, au Colorado, en 1999, demandent pourtant aux forces de l'ordre de cibler immédiatement le tireur.

Un porte-parole du département de la Sécurité publique a d'ailleurs indiqué que la réaction de la police locale faisait partie des éléments qu'examineront les Rangers du Texas, la police de l'État, dans le cadre de leur enquête sur la fusillade.

Pour l'instant, plusieurs questions restent sans réponses, notamment au cours de cette période critique d'une heure, et les informations sont parfois contradictoires.

Dans un point de presse donné en milieu d'après-midi, le directeur du département de la Sécurité publique pour le sud du Texas, Victor Escalon, a été pressé de questions sur la réponse policière.

Quelqu'un aurait-il pu arriver plus tôt?», a-t-il dit. Je n'ai pas assez d'informations pour répondre à cette question pour le moment.»

La réponse ne sera connue que lorsque tous les policiers qui étaient sur les lieux auront été interrogés, a-t-il ajouté. Nous ne nous arrêterons pas tant que nous n'aurons pas obtenu toutes les réponses», a-t-il assuré. Donnez-nous du temps.»

Il a par ailleurs démenti qu'il y avait sur place un policier armé et spécialement affecté à la sécurité des écoles, contrairement à ce qu'avaient affirmé les autorités précédemment. Celles-ci avaient même fait état d'une confrontation avec le tireur à son entrée dans l'école.

L'auteur de la fusillade, identifié comme Salvador Ramos, est initialement entré sans entrave», a expliqué Victor Escalon.

Il a ensuite tiré plusieurs coups de feu» dans les couloirs de l'école, jusqu'à ce qu'il entre dans une salle de classe, a poursuivi M. Escalon.

Deux policiers du service municipal ont ensuite tenté, sans succès, d'entrer dans le local, avant de retraiter pour se mettre à l'abri» parce que le tireur faisait feu en leur direction, a-t-il ajouté. Ils auraient appelé des renforts dans les minutes qui ont suivi le premier échange de tirs.

Pendant ce temps, ils passent des appels pour obtenir de l'aide, ils évacuent également les élèves, les enseignants. Il y a beaucoup de choses qui se passent», a-t-il soutenu.

D'autres policiers évacuaient aussi les autres salles de classe, a déclaré M. Escalon.

La majorité des tirs ont eu lieu au début», a-t-il indiqué, faisant au passage état de négociations» avec le tireur.


Vidéo: Fusillade au Texas : victimes innocentes (Radio-Canada.ca)

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Pendant les négociations, il n'y a pas eu beaucoup de coups de feu, si ce n'est pour essayer de tenir les policiers à distance.»

La chronologie donnée par les autorités

  • 11 h 28 : le tireur percute son véhicule sur une barrière près de l'école, où il a fui après avoir ouvert le feu sur sa grand-mère; il sort du véhicule avec une arme semi-automatique et des munitions, puis tire sur deux passants; quelqu'un avise le 911;
  • 11 h 40 : il entre dans l'école et tire des coups de feu, avant de se barricader dans une classe;
  • 11 h 44 : des policiers d'Uvalde et du service de police de district scolaire entrent dans l'école;
  • Vers 13 h : le tireur est abattu par l'escouade tactique de la patrouille frontalière américaine.

Conscient des critiques, le chef du service de police d'Uvalde, Daniel Rodriguez, a déclaré dans un communiqué comprendre que des questions surgissent», évoquant l'enquête en cours» menée par les Rangers du Texas.

Un garçonnet de 9 ans interviewé par le réseau télévisé KENS, affilié à CBS, a témoigné de cet échange de coups de feu. Le jeune survivant a dit s'être caché avec des camarades de classe sous une table recouverte d'une nappe quand il a entendu le tireur ouvrir le feu dans la porte de sa classe.

Quand il est entré, il a dit :''C'est l'heure de mourir''», a-t-il témoigné.

Le policier est entré dans la classe. Le type a tiré sur le policier. Et les flics ont commencé à tirer», a-t-il relaté.

Selon une chronologie préliminaire établie par les autorités policières du Texas et citée par le New York Times, la majorité des victimes, voire la totalité, ont été tuées dans les minutes qui ont suivi l'arrivée du tireur dans l'école.

Des parents impuissants et désemparés

La grande majorité des victimes de la fusillade perpétrée à l'école primaire Robb, à Uvalde, au Texas, sont des enfants. © MARCO BELLO/Reuters La grande majorité des victimes de la fusillade perpétrée à l'école primaire Robb, à Uvalde, au Texas, sont des enfants.

Des parents et des résidents d'Uvalde interviewés par les médias américains ont exprimé leur colère au regard du temps de réponse des policiers.

Javier Cazares, dont la fille de 9 ans a été tuée, a par exemple déclaré au New York Times que les autorités avaient déformé la réalité. Ils ont dit qu'ils se sont précipités à l'intérieur et tout ça, ce n'est pas ce que nous avons vu», a-t-il déploré.

Le père de famille de 43 ans a dit ne pas comprendre pourquoi les policiers étaient restés plantés là» aussi longtemps. Il y avait plein d'hommes dehors, armés jusqu'aux dents, qui auraient pu entrer plus rapidement. Cela aurait pu être terminé en quelques minutes», croit-il.

Une mère de deux élèves de l'école, Angeli Rose Gomez, qui dit avoir imploré les policiers d'entrer dans l'école, a déclaré au Wall Street Journal avoir été menottée par les agents fédéraux parce qu'elle entravait une opération en cours». Un père de famille aurait pour sa part été aspergé de gaz poivré.

Plusieurs vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent des parents alarmés, priant les policiers d'entrer dans l'école ou de les laisser passer dans l'espoir d'aller sauver leurs enfants.

Dans l'une d'elles, on entend un homme dire : [Les enfants] sont tous là-dedans, les policiers ne font rien à part rester dehors». Vous savez que ce sont des petits enfants, non? Des petits enfants, ils ne savent pas comment se défendre», lance-t-il aux policiers.

Biden se rendra dimanche à Uvalde

La Maison-Blanche a par ailleurs indiqué que le président Joe Biden irait à Uvalde dimanche pour rencontrer les familles endeuillées.

Il s'agira de sa deuxième visite à des proches de victimes d'une fusillade en moins de deux semaines. Au début de la semaine dernière, il s'était rendu à Buffalo, dans l'État de New York, où un tireur avait abattu 10 résidents d'une communauté afro-américaine quelques jours plus tôt.

Au cours des derniers jours, le président américain a appelé les élus à « affronter le lobby des armes », disant ensuite que le second amendement n'était « pas absolu ».

Sur cette question, comme sur tant d'autres, la fracture idéologique entre les camps démocrate et républicain est béante.

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