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​Soins intensifs à l’Hôpital Notre-Dame: des soignants craignent pour la sécurité des patients

Le 5 janvier dernier, un patient atteint de la COVID-19 est retrouvé mort aux soins intensifs de l’Hôpital Notre-Dame, plus de 45 minutes après avoir arraché le matériel respiratoire auquel il était rattaché. Quelques mois plus tôt, des cathéters et des sacs de dialyse périmés ont été utilisés pour soigner des patients. Douze employés et ex-employés de l’établissement craignent pour la sécurité des usagers et ont fait part au Devoir de dysfonctionnements au sein de l’unité de soins intensifs de l’Hôpital Notre-Dame. Quatre d’entre eux ont même choisi de démissionner pour cette raison. Le décès d’un homme autiste aux soins intensifs COVID de l’Hôpital Notre-Dame dans la nuit du 5 janvier dernier aurait pu être évité, estiment quatre personnes bien au fait du dossier. Ces sources ont demandé l’anonymat, par crainte de représailles administratives ou de nature judiciaire de leur employeur, mais aussi parce qu’elles ne sont pas autorisées à parler pendant l’enquête interne qui est en cours. Toutes craignent cependant qu’aucune mesure ne soit prise par l’Hôpital, et c’est pour cette raison qu’elles se sont confiées au Devoir. Atteint de la COVID-19, l’adulte autiste de 52 ans placé sous curatelle publique est mort seul des suites d’une insuffisance respiratoire hypoxémique. Personne ne se serait trouvé à ses côtés cette nuit-là, malgré le fait que son état nécessitait la présence continue d’un intervenant spécialisé dans l’accompagnement de personnes ayant une déficience intellectuelle ou d’un préposé de garde. Selon les témoignages recueillis, le patient n’aurait pas vu l’infirmier aux soins intensifs pendant plus d’une heure quand il a été retrouvé mort. Bien que l’Hôpital Notre-Dame manque cruellement de personnel en ces temps de pandémie, il y aurait eu suffisamment d’employés aux soins intensifs COVID ce soir-là, assurent quatre employés de cette unité. « On était au-dessus des quotas, il n’y avait aucune excuse. L’infirmier aurait dû aller le voir et, en s’apercevant qu’il n’y avait pas de service privé devant sa porte, mettre un préposé disponible cette nuit-là », dit un employé des soins intensifs. « Il y a une alarme qui sonne si, par exemple, le capteur d’oxygène tombe. Mais vu que le patient a arraché toutes les électrodes, ça sonne une longue fois et ça s’arrête », explique un autre membre du personnel soignant de l’Hôpital Notre-Dame. Il précise que les ventilateurs à pression négative très bruyants font des soins intensifs COVID un milieu de travail particulièrement difficile. « Mais une sonnerie aurait dû être entendue. L’autre chose, c’est que ce patient aurait dû avoir un intervenant à son chevet 24 heures sur 24, ce qui n’était pas le cas pendant cette nuit-là. Il était agité par moments, on arrivait à le calmer. Quand il était calme, sa saturation d’oxygène était adéquate. Parfois, quand il n’y avait pas d’intervenante, on était capables de pallier avec un préposé aux soins intensifs. Là, il y a eu un bris de communication », estime-t-il. « Nous avons été sous le choc d’apprendre ce décès, et toutes nos pensées vont vers la famille et ses proches. Une enquête a été ouverte afin d’éclaircir la situation. Comme c’est toujours le cas lorsqu’une enquête est déclenchée, nous ne sommes pas en mesure de commenter. Il s’agit d’une enquête à l’interne », a réagi Éric Forest, conseiller aux relations médias du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal. M. Forest a refusé de préciser si un ou des membres du personnel ont été suspendus. Trois membres du personnel soignant affirment que l’infirmier chargé du patient décédé était toujours en poste plusieurs jours après les événements. « On est aux soins intensifs. Tu ne peux rien laisser passer ! Tu dois aller voir ton patient dans la minute qui suit l’alarme. Il peut être en danger imminent. Dans les 15 minutes après avoir eu le rapport [du monitoring], il faut prendre un contact visuel des patients. Pour moi, c’est une négligence, mais les chefs ne feront rien, car ils manquent de monde », croit un employé. En entrevue avec Le Devoir, Pierre-Paul Milette, directeur général adjoint programme santé physique générale et spécialisée et directeur des services multidisciplinaires au CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, assure que toutes les mesures ont été prises pour que ce type d’événement ne se reproduise pas. « Au cours de l’enquête, il y a des événements qui se sont passés qui sont corrigés dès maintenant. Un plan d’action a été mis en place. Des gens sont mobilisés pour que ça ne se reproduise pas », a-t-il assuré.

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