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COVID-19 : cinq régions sous « haute surveillance » au Québec

logo de Radio-Canada.ca Radio-Canada.ca 2021-03-31 CBC/Radio-Canada
François Legault n'annonce pas de nouvelles mesures, mais insiste sur le respect de celles déjà en vigueur. © SYLVAIN ROY ROUSSEL/Radio-Canada François Legault n'annonce pas de nouvelles mesures, mais insiste sur le respect de celles déjà en vigueur.

Alors que la situation demeure stable à Montréal, l'augmentation importante des nouveaux cas de COVID-19 en Outaouais, à Québec, en Beauce, au Lac-Saint-Jean et à Rivière-du-Loup inquiète le gouvernement Legault, qui envisage d'y resserrer les consignes si la situation l'oblige.

«Il y a eu une forte augmentation des nouveaux cas dans cinq régions qui étaient récemment passées à l’orange. Celle qui nous préoccupe le plus c’est l’Outaouais, en particulier la ville de Gatineau», a précisé François Legault.

La santé publique recensait mardi 454 cas actifs dans la région dans son dernier bilan. La situation est d'autant plus complexe que Gatineau, la ville la plus peuplée de la région, jouxte la frontière de l'Ontario, où les restrictions sont moins sévères qu'au Québec.

«On sait qu’il y a un lien important entre Gatineau et Ottawa. On est en discussion avec le gouvernement de l’Ontario pour essayer d’harmoniser les mesures entre Ottawa et Gatineau.»

La situation n'en est pas moins préoccupante dans les quatre autres régions, où des flambées de nouveaux cas sont observées à la faveur d'une troisième vague propulsée par les nouveaux variants partout en Amérique du Nord.

Des stocks de vaccins supplémentaires seront détournés vers certaines de ces régions pour tenter d'y endiguer la propagation du virus, a par ailleurs confirmé le ministre de la Santé, Christian Dubé, sans exclure la possibilité d'imposer de nouvelles mesures dans ces régions si la situation ne se redresse pas.

«Les prochains jours vont être critiques», a déclaré le premier ministre Legault à quelques jours du long congé de Pâques qui s'amorce vendredi. Une occasion de plus de se rencontrer pour les Québécois à la faveur du retour des beaux jours.

Perte d'adhésion chez les jeunes adultes, selon Québec

Mais comment expliquer que la situation demeure relativement stable à Montréal, où vivent près de 2 millions de personnes, alors que la situation flambe dans des régions qui étaient stables depuis des semaines?

Pour le premier ministre et ses collègues de la santé, la réponse tient en deux facteurs déterminants : la reprise des visites dans les maisons, pourtant toujours interdites, et l'abandon par de plus en plus de gens des mesures sanitaires dans ces régions qui sont récemment passées en zone orange.

Citant les résultats de récents sondages menés par l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, a expliqué qu'actuellement plus de la moitié des jeunes adultes de 20 à 40 ans ne respecteraient plus dans certaines régions les mesures relatives aux visites dans les maisons et les consignes sanitaires de base.

Les visites dans les résidences sont le nerf de la guerre, a martelé François Legault, qui précise que la force et la durée de la troisième vague dépendront essentiellement du comportement qu'adopteront les Québécois au cours des prochaines semaines.

Des incohérences difficiles à avaler

Pour Kim Lavoie, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en médecine comportementale de l’UQAM, certaines incohérences dans les politiques gouvernementales expliquent en partie l’adhésion de moins en moins stricte aux consignes sanitaires.

«On peut se retrouver 250 personnes dans une église, mais on ne peut pas inviter quatre personnes chez nous avec des masques, déplore-t-elle. Il y a des incohérences qui laissent les gens très frustrés.»

Mme Lavoie rappelle que 50 % des éclosions de COVID-19 se retrouvent dans les lieux de travail et 30 % dans les milieux scolaires. Des mesures sanitaires plus sévères devraient donc être mises en place dans ces milieux, pense-t-elle.

«On cible les rassemblements privés et on renvoie tous les enfants à l’école. C’est complètement incohérent à mon avis», poursuit-elle.

«Là on voit qu’on est rendu à presque 1000 cas par jour. On est officiellement dans la troisième vague, avec des variants qui sont 11 fois plus contagieux et 50 % plus mortels. […] Si on veut réduire la propagation du virus, il faudra malheureusement appliquer des mesures plus sévères», conclut la chercheuse.

Les yeux rivés sur les hospitalisations

Mardi matin, la santé publique du Québec faisait état de 864 nouveaux cas de COVID-19, 7 morts et 10 hospitalisations de plus dans la province.

Malgré l'arrivée d'une troisième vague, François Legault et ses collègues ont rappelé que cette augmentation des cas était prévisible et déjà prévue par les autorités de la santé publique, et qu'actuellement la situation demeure sous contrôle.

«Certaines personnes regardent juste le nombre de cas. Nous ce qu’on regarde surtout c’est le nombre d’hospitalisations et la prévision de l’augmentation des hospitalisations dans les prochaines semaines», a expliqué le premier ministre.

Selon des projections préliminaires qui seront rendues publiques à la fin de la semaine, M. Legault affirme que la situation «reste quand même à l’intérieur de nos capacités hospitalières», pour le moment du moins.

Québec atteint son objectif de vaccination pour mars

Les choses progressent néanmoins dans les cliniques de vaccination de la province, où plus de 1,3 million de personnes ont reçu une première dose de vaccin, a souligné le ministre de la Santé, Christian Dubé.

Le gouvernement, qui s'était donné pour objectif en décembre dernier de vacciner au moins 1,3 million de personnes avant le 31 mars, a relevé le défi deux jours avant l'échéance en dépit des embûches, s'est félicité le ministre Dubé.

Questionné sur d'éventuels retards que pourrait causer la suspension de l'administration du vaccin Covishield d'AstraZeneca aux personnes de moins de 55 ans, le ministre a précisé que cela n'affectera pas l'objectif d'offrir au moins une dose de vaccin à tous les Québécois qui le désirent d'ici le 24 juin.

Le ministre s'est aussi réjoui de l'annonce du fédéral concernant la livraison au Canada de 5 millions de doses du vaccin de Pfizer au mois de juin prochain, alors qu'elle était prévue plus tard à l'été.

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