Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

De l'art de naviguer dans l'assurance-emploi

logo de La Presse canadienneLa Presse canadienne 2019-01-29 Christopher Reynolds

MONTRÉAL - Jérémie Dhavernas a le regard d'une personne qui se débat dans une guerre perpétuelle.

Dans sa lutte contre la pauvreté, ce travailleur communautaire québécois s'est donné une mission: aider les gens à naviguer dans le système d’assurance-emploi.

«C'est un programme très compliqué, même pour obtenir des informations à son sujet», observe M. Dhavernas, du Mouvement Action-Chômage de Montréal.

Dans la foulée de l'annonce par General Motors de son intention de fermer son usine d'assemblage d'Oshawa en 2019 — une décision qui touchera environ 3000 travailleurs syndiqués —, des experts font valoir que les Canadiens seraient bien avisés d'étudier l'assurance-emploi et de rester attentifs aux limites du programme.

Un conseil judicieux puisque l'économie montre des signes de ralentissement.

En règle générale, toute personne qui perd son emploi sans faute de sa part (licenciement ou pénurie de travail, par exemple) a droit à des prestations.

Ces prestations représentent 55 pour cent du salaire hebdomadaire, jusqu'à concurrence de 562 $ par semaine. Le seuil est un salaire de 53 100 $, au-dessus duquel les bénéficiaires reçoivent le même montant, quel que soit leur revenu.

Les prestations se poursuivent entre 14 et 45 semaines, en fonction du nombre d’heures travaillées au cours de l’année écoulée et du taux de chômage régional. Le seuil minimum de temps de travail varie selon les régions et dépend du niveau d'emploi.

© Fournis par thecanadianpress.com

À Vancouver, où le taux de chômage est inférieur à 6,1 pour cent, un demandeur doit avoir travaillé 700 heures au cours de la dernière année pour être admissible. Cela équivaut à plus de quatre mois de travail à temps plein, huit heures par jour.

Les travailleurs de l'est de la Nouvelle-Écosse, où le taux de chômage se situe aux environs de 13 pour cent, n'ont besoin que de 420 heures de travail.

Le maximum qu'un prestataire pourra toucher en recevant des prestations normales est d'environ 25 300 $ dans les régions à fort taux de chômage et de 21 350 $ dans les régions à faible taux de chômage.

Pour entamer une demande, il faut se rendre sur le site internet du gouvernement du Canada (www.canada.ca), dans la section Assurance-emploi et congés. Les renseignements personnels et les informations sur l'emploi nécessaires à la préparation d'une demande y sont répertoriés.

Il est recommandé de faire la demande des prestations le plus tôt possible à partir de la fin de l'emploi. Une demande reçue plus de quatre semaines après le dernier jour de travail peut entraîner une pénalité, prévient le gouvernement.

Dans un courriel transmis à La Presse canadienne, Emploi et Développement social Canada reconnaît que «les règles de l'assurance-emploi peuvent être compliquées» et que «chaque cas est unique».

«Les agents de Service Canada suivent une formation poussée pour pouvoir aider le prestataire et le faire bénéficier de tous les avantages auxquels il a droit», ajoute le ministère.

Selon Neil Cohen, directeur général d'un centre communautaire d'aide à l'emploi de Winnipeg, bon nombre des personnes qu'il aide finissent par attendre deux ou trois mois avant d'obtenir une décision concernant leur demande de règlement.

«Le programme a vraiment été passé dans la tordeuse», soutient-il, en citant les seuils plus élevés pour le nombre d'heures travaillées pour être admissible depuis le début des années 1990. «C'est un énorme problème, en particulier pour les travailleurs à temps partiel, les contractuels, qui sont souvent des femmes ou des employés provenant des communautés marginalisées.»

Le processus d'appel peut également être épuisant, déplore M. Cohen.

Le gouvernement Harper a remanié le système en supprimant un comité d'appel tripartite composé de représentants des syndicats, des entreprises et du gouvernement, pour le remplacer par un seul arbitre.

Donna Wood, professeure associée de sciences politiques à l'Université de Victoria, a exhorté le gouvernement à redonner à la Commission de l'assurance-emploi du Canada un statut plus indépendant afin qu'elle ait davantage d'autorité pour ajuster les prestations.

«Nous avons un programme d'assurance-emploi assez mince. C'est mieux qu'aux États-Unis, mais comparativement à la plupart des pays européens, il est assez mince», observe-t-elle.

Les prestataires potentiels doivent faire leur demande dès que possible et solliciter l'aide d'organisations locales, recommande-t-elle.

Publicité
Publicité
image beaconimage beaconimage beacon