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Erin O’Toole veut «privatiser» le parrainage des réfugiés

Erin O’Toole veut «privatiser» le parrainage des réfugiés Erin O’Toole promet discrètement dans sa plateforme électorale de délaisser, en règle générale, le parrainage de réfugiés par l’État pour laisser le soin à des familles et à des organismes privés de s’en charger. Un gouvernement conservateur remplacerait ainsi «des places de réfugiés assistés par le gouvernement par des places de parrainage privé et conjoint», annonce la plateforme du parti. «Tous les réfugiés arriveront au Canada dans le cadre de programmes de parrainage privé ou conjoint, avec des exceptions en cas d’urgence ou pour des programmes spécifiques», stipulent les conservateurs vers la fin de leur programme électoral de près de 170 pages. Cette promesse, passée inaperçue lors de la présentation du document, lundi dernier, inquiète toutefois les avocats en droit de l’immigration et les groupes d’accueil de réfugiés. Car les réfugiés pris en charge par le gouvernement sont habituellement beaucoup plus vulnérables que ceux invités au Canada par le truchement de parrainages privés. Les conservateurs affirment que les réfugiés parrainés par le privé s’intègrent souvent mieux à leur nouvelle terre d’accueil, puisqu’ils sont accompagnés par leurs parrains qui les épaulent pendant la première année de leur migration. La prise en charge par l’État, en revanche, répond aux besoins ciblés par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), qui priorise les réfugiés les plus vulnérables, se trouvant souvent dans des camps et ayant un urgent besoin de protection. «Le danger, si on n’a qu’un parrainage privé, c’est que toute une catégorie de personnes parmi les plus vulnérables ne puissent pas venir au Canada», note l’avocate Stéphanie Valois, qui préside l’Association québécoise des avocats et avocates en droit de l’immigration. Rien ne garantit en outre qu’un nombre suffisant de parrains privés lèveraient la main pour accueillir les quelque 10 000 réfugiés qui ne seraient plus parrainés par le gouvernement chaque année. Le président de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI), Stephan Reichhold, prévient déjà que les groupes comme le sien rejetteraient un tel virage conservateur en matière d’accueil de réfugiés. Au Québec, le gouvernement pourrait peut-être contourner le virage conservateur en sélectionnant lui-même ses réfugiés en vertu de l’entente asymétrique sur l’immigration entre le fédéral et la province.
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