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Grève des sages-femmes pour le climat: l’UQTR refuse la reprise de l’examen

logo de Le Nouvelliste Le Nouvelliste 2019-04-04 Brigitte Trahan - Le Nouvelliste
© OLIVIER CROTEAU

Trois-Rivières — L’Université du Québec à Trois-Rivières a finalement refusé d’accorder une reprise d’examen aux étudiantes sages-femmes qui se sont absentées le 15 mars dernier pour prendre part à la Marche pour le climat.

Une seule des sept étudiantes pourra reprendre cet examen puisqu’elle avait un billet de médecin. Ce jour-là, rappelons-le, un examen se déroulait comptant pour 70 % de la note du cours de pathologie obstétrical et néonatal. Un échec équivaudrait donc à retarder la diplomation de ces étudiantes d’un an. Cela représente donc des répercussions financières très importantes pour ces étudiantes.

L’Association des étudiantes sages-femmes du Québec a indiqué au Nouvelliste qu’elle a rencontré une avocate, jeudi matin, au sujet de cette décision de la direction de l’Université qui est tombée mercredi. L’UQTR leur accorde 15 jours pour réagir à sa proposition. Anabelle Gravel-Rancourt, une des sages-femmes touchées par cette situation, indique que l’UQTR a fait une offre aux étudiantes qui contenait entre autres un refus de reprise de l’examen.

L’offre de l’UQTR contient d’autres éléments, dont un ferait en sorte que les étudiantes n’aient pas à sauter une année. L’offre de l’UQTR permettrait aux étudiantes visées de continuer leurs cours, mais non pas sans subir un petit examen préalable «mais qui n’est pas l’examen qu’on a manqué», explique Josiane Riopel qui, comme ses six compagnes, est en troisième de quatre années de formation. Cela leur permettrait de continuer leurs cours et plus tard, «de refaire notre examen et être capable de continuer notre parcours», explique-t-elle.

Le Nouvelliste a tenté à deux reprises d’obtenir de l’UQTR les raisons qui ont motivé cette décision, mais n’a obtenu aucune réponse.

Dans une entrevue accordée il y a quelques jours au Nouvelliste, les sages-femmes avaient rappelé qu’elles avaient exercé leur droit de grève à la suite d’une décision votée démocratiquement par l’Association générale des étudiants de l’UQTR de tenir une journée de grève pour le climat.

«C’est une question de principe et de conviction profonde», explique l’une d’elles, Josiane Riopel. «Ça ne faisait aucun sens pour nous d’aller faire nos cours alors que des milliers d’étudiants se mobilisaient pour faire connaître l’urgence climatique. À quoi ça sert d’aller à l’école et de continuer comme si de rien n’était si on n’est pas capable de changer les choses?», fait-elle valoir.

Selon elle, il y avait moyen de manquer l’examen si la direction du département avait estimé qu’il s’agissait d’un motif sérieux. «C’est de toute évidence un motif sérieux que de mobiliser la société à faire des changements maintenant. C’est important que ça passe avant nos études», dit-elle, très déçue «que l’Université ne prenne pas ça au sérieux».

La décision ultime a été prise, dit-elle, par le doyen et le recteur.

Rappelons que la direction de l’établissement avait refusé la levée des cours pour prendre part à cette manifestation qui a été tenue un peu partout dans le monde. Tous les stages, examens et cours ont donc eu lieu quand même à l’Université ce jour-là.

Rappelons que l’Association générale des étudiants de l’UQTR s’était rapidement portée à la défense des étudiantes sages-femmes en demandant à la direction de revoir les sanctions imposées. La demande était également adressée aux professeurs du département, les invitant à trouver «des solutions alternatives».

La situation, avait notamment plaidé l’AGÉUQTR, retardait également les stages des étudiantes au moment où le Québec est en pénurie de sages-femmes.

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