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Offensive numérique en vue de la rentrée

logo de Le Devoir Le Devoir 2020-08-05 Lisa-Marie Gervais
Le Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) estime que 6800 élèves n’ont pas d’ordinateur à la maison. © Alain Jocard Agence France-Presse Le Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) estime que 6800 élèves n’ont pas d’ordinateur à la maison.

Des centres de services scolaires disent mener une véritable « offensive numérique » en prévision d’une possible deuxième vague du coronavirus. Si de nombreux centres se disent prêts — sans toutefois le souhaiter — à un retour à l’enseignement à distance, beaucoup de chemin reste à faire.

« On est loin du mois de mars. On ne tombera pas dans le même chaos », assure Hélène Bourdages, présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (AMDES). « Ça ne veut pas dire qu’il n’y aura pas d’inconnu. Mais on ne sera pas au même niveau d’inconnu. »

À Montréal, un sondage auprès des parents a permis de connaître les besoins informatiques de 90 % des foyers. « Il reste un peu d’ajustement avec les nouveaux élèves et le personnel qui va arriver, mais, si on doit quitter une classe, on va savoir à qui donner un ordinateur pour faire l’enseignement à distance. »

Ayant mené sa propre enquête au printemps, le Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) a réalisé que 6800 élèves n’ont pas d’ordinateur à la maison, 3000 auraient un accès limité à un tel appareil et 3500, aucune connexion à Internet. Grâce à des fonds gouvernementaux et à des dons d’ordinateurs d’occasion de la Fondation de la CSDM, « nous avons aussi déjà livré plus de 1000 ordinateurs et, en vertu de l’entente gouvernementale avec Apple et Telus, 1220 tablettes aux élèves », a indiqué le porte-parole Alain Perron.

Ce qu’il qualifie de « vaste offensive numérique » bénéficiera en priorité aux élèves de 4e et 5e secondaire, dont une partie des cours, sauf avis contraire de la Santé publique, sera donné en ligne. Si les commandes rentrent « progressivement », il n’en demeure pas moins que des milliers d’ordinateurs se font toujours attendre, à trois semaines de la rentrée.

Des ordinateurs pour tous

Mais commander et recevoir les ordinateurs ne suffit pas. Il faudra ensuite les équiper d’antivirus et des bons logiciels, souligne la présidente de l’AMDES. « On veut quelque chose de sécuritaire à fournir aux élèves. » Au moins, croit-elle, tous pourront partir sur un pied d’égalité. « Au printemps dernier, les élèves les plus vulnérables n’étaient pas à l’école et n’avaient pas nécessairement d’ordinateurs. Faire une composition de français sur l’iPhone de sa mère, ce n’est pas gagnant. »

Sans pouvoir fournir le nombre précis d’achats, le centre de services scolaire de Saint-Hyacinthe indique qu’en juillet, les directions d’écoles ont commandé, après inventaire, « les équipements nécessaires » pour répondre aux besoins de tous les élèves, y compris en matière de connexion Internet. À la rentrée, les parents seront à nouveau contactés et des commandes supplémentaires seront faites au besoin.

Dans d’autres centres de services, les écoles ont entrepris de fournir des ordinateurs ou des tablettes à l’ensemble de ses élèves. Au Centre de services des Premières-Seigneuries, 7200 tablettes ont été commandées pour chacun des élèves du primaire et du secondaire. « Si on avait à fermer par zone ou l’ensemble du centre de services, chaque enfant aura sa tablette maintenant et si on ne ferme pas, ces tablettes seront en classe », a dit la directrice générale, Marie-Claude Asselin, en entrevue à une émission matinale de Radio-Canada à Québec.

Pour la présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), Josée Scalabrini, le besoin est encore plus grand en formation. « On le dit depuis le mois de mai, ça va prendre de la formation pour les familles parce qu’elles ont trouvé ça terriblement difficile. Et pour les enseignants aussi. Même si plusieurs se sont mis à jour pendant le confinement, la technologie évolue à une telle vitesse qu’il faut s’assurer que tout le monde va être capable de bien travailler dans ce contexte. »

Les écoles doivent élaborer, de concert avec le ministère de l’Éducation, leur plan d’urgence d’ici la mi-septembre, advenant une 2e vague. « Si on devait fermer soudainement à la rentrée comme en mars ? Non, on n’est pas prêts », affirme Mme Scalabrini, qui demande que la rentrée des élèves soit reportée après la fête du Travail.

29 questions sur la rentrée

Les attentes des partis d’opposition sont tout aussi grandes envers le gouvernement. La députée libérale Marwah Rizqy a fait parvenir une lettre au directeur national de santé publique, Horacio Arruda, tard lundi soir déclinant 29 questions sur la rentrée scolaire en pleine pandémie. « Face au silence du ministre de l’Éducation, je me tourne vers vous afin d’avoir des réponses claires à des questions légitimes dont les parents attendent impatiemment des réponses. »

Elle lui demande quel protocole sera mis en place pour éviter la contagion à l’intérieur d’une école si un enfant se présente avec des symptômes de la COVID-19 ou si un membre du personnel apprend qu’il est porteur du virus. Elle veut également savoir quelle sera la marche à suivre pour les établissements scolaires si un élève ou un membre du personnel reçoit un test positif. Et si les masques deviennent obligatoires, qui les fournira ?

Le Dr Arruda devrait répondre à ces questions en conférence de presse la semaine prochaine. « Des discussions portant sur l’actualisation de ce plan sont en cours entre le ministère de l’Éducation et la Santé publique », a répondu le ministère de la Santé et des Services sociaux. Le ministre Roberge et le Dr Arruda dévoileront publiquement cette actualisation au début de semaine prochaine. Le ministre Roberge aura alors l’occasion de « rassurer les parents et le personnel », a indiqué son attaché de presse, Francis Bouchard. « Dans l’intervalle, les préparatifs se poursuivent, et nous sommes confiants que tout sera en place afin d’accueillir les élèves et le personnel, et ce, de manière sécuritaire », a-t-il ajouté.

Avec Mylène Crête

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