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Rising Phoenix et ses collèges privés se mettent à l’abri de leurs créanciers

logo de Radio-Canada.ca Radio-Canada.ca 2022-01-10 Romain Schué, Daniel Boily
Situé à Montréal, le Collège M du Canada a été créé en 2018. Ses dirigeants tentent désormais de vendre l'établissement. © Ivanoh Demers/Radio-Canada Situé à Montréal, le Collège M du Canada a été créé en 2018. Ses dirigeants tentent désormais de vendre l'établissement.

Rising Phoenix International inc. (Groupe RPI) et ses filiales qui exploitent le Collège M du Canada à Montréal, le Collège CDE de Sherbrooke et le Collège de comptabilité et de secrétariat du Québec (CCSQ) à Longueuil, ont recours depuis le 7 janvier à la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC).

Selon la requête déposée en Cour supérieure, ce processus vise à commercialiser et solliciter des offres pour la vente des Collèges en tant qu'entreprise en activité, ou alternativement vendre le bien immobilier».

Les documents consultés par Radio-Canada font état d’un passif de plusieurs millions de dollars pour cette firme et ses collèges privés non subventionnés, créés ou rachetés ces dernières années, qui sont dirigés par Caroline Bonneville (Mastantuono) et sa famille.

Ces derniers se sont spécialisés dès 2018 dans le recrutement d’étudiants indiens au niveau collégial, qui, par centaines, ont récemment exigé des remboursements.

À ce jour, les frais de scolarité dus aux écoles et les demandes de remboursement de 633 étudiants contre les entités faisant partie du Groupe RPI sont estimées à 6 390 000 $», peut-on lire dans la requête. En plus des demandes de remboursement ci-dessus, il existe des demandes supplémentaires potentielles d'environ 5 millions de dollars des étudiants [...] en attente d'une décision sur leur Demande de visa étudiant.»

Le groupe RPI a sollicité une protection contre ses créanciers jusqu’à la fin du mois de mars. La firme Richter a été nommée pour superviser le processus et accompagner les dirigeants du groupe RPI.

Une cascade d'événements malheureux»

Fondé en 2017, le Groupe RPI a fait venir au Québec de nombreux étudiants indiens, qui, par le biais d’une formation courte donnée en anglais, pouvaient immigrer au Canada.

Les étudiants sont facturés entre 28 000 $ et 30 000 $ en frais de scolarité et frais connexes pour un programme éducatif de deux ans.

Durant la première année de la pandémie, est-il écrit dans cette requête, les revenus de RPI Group ont diminué d’environ 45 %» et ont poursuivi leur déclin». Les Indiens représentant la quasi totalité» des étudiants du Collège M du Canada, leur intérêt a considérablement diminué» avec la fermeture des frontières.


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À l’automne 2020, le taux de refus des visas par le fédéral est devenu une catastrophe», ajoute-t-on aussi.

Plusieurs milliers d’Indiens dans les collèges privés québécois

Les Indiens représentent actuellement 95 % de la population étudiante au sein du Collège M, créé en 2018, du CDE et du CCSQ, est-il noté dans la requête déposée devant la Cour supérieure. Cela représente 1118 étudiants indiens.

D’autres établissements montréalais non subventionnés se sont également spécialisés dans le recrutement d’étudiants provenant d’Inde ces dernières années, à l'instar du Collège CDI, du Collège Canada ou encore du Collège Matrix. Leur nombre a particulièrement augmenté à partir de 2018. Le cégep de la Gaspésie et des Îles a lui aussi ouvert une antenne dans la métropole avec plus d’un millier d’étudiants indiens.

Le groupe RPI évoque également plusieurs acquisitions immobilières visant à étendre leurs activités. L’achat d’un immeuble à Gatineau a par exemple contribué à la chute de RPI».

En mars 2020, alors que la pandémie de COVID-19 commençait, RPI a avancé 9 500 000 $ [...] pour l'achat de la propriété Gatineau, en utilisant son propre fonds de roulement qui provenait des frais de scolarité qu'il avait perçus et les commissions qu'il avait gagnées», indique-t-on dans la requête.

Le groupe s’est également porté acquéreur les mois suivants des collèges CDE et CCSQ pour 10,9 millions de dollars.

Les tentatives du groupe RPI pour financer ces expansions se sont avérées infructueuses.

Devant les tribunaux, RPI déplore aussi des reportages négatifs» dans les médias, tout en mentionnant l’arrestation, en novembre 2020, de Caroline Bonneville (Mastantuono) et de sa fille, Christina, par l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

Les demandeurs reprochent par ailleurs les dommages significatifs» des actions menées par le gouvernement Legault, qui avait lancé une enquête sur les pratiques de leurs collèges privés.

Un avenir incertain pour les étudiants étrangers

Les trois collèges visés par la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies ont temporairement fermé leurs portes dès le 30 novembre. Tel que le décrit cette procédure judiciaire, 150 mises à pied ont été décrétées, dont 80 enseignants.

En attendant la décision des tribunaux et l’éventuelle cession des actifs de RPI, l’avenir des étudiants indiens inscrits dans ces collèges est incertain.

RPI et les collèges travaillent sur un plan visant à graduer 320 étudiants d'ici le 30 janvier 2022, et un autre groupe de 181 étudiants d'ici le 28 février 2022, pour un total de 501 étudiants», indique-t-on.

Pour les autres étudiants», dont le nombre n’est pas précisé, leur formation académique sera temporairement suspendue, afin que le Contrôleur, en concertation avec le Groupe RPI, puisse déterminer si un acheteur potentiel pour les trois Collèges peut être sécurisé rapidement, faute de quoi, les étudiants auront le temps de faire la transition vers d'autres collèges.»

Dans une lettre destinée aux étudiants, RPI dit chercher des solutions avec le ministère de l'Enseignement supérieur.

Contactés par Radio-Canada, les dirigeants de Rising Phoenix International et des différents collèges concernés sont restés silencieux. Le dossier est actuellement devant les tribunaux, [on] ne fournira pas de commentaires additionnels pour le moment», nous a écrit, par courriel, un représentant de la firme Richter.

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