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Des bâtons dans les roues des camionneurs devant le Parlement à Québec

logo de Le Devoir Le Devoir 2022-02-05 Jean-Louis Bordeleau
Les membres du convoi ont prévu se réunir à nouveau devant le Parlement samedi matin. Plus de 3000 personnes sont attendues. © Jacques Boissinot La Presse canadienne Les membres du convoi ont prévu se réunir à nouveau devant le Parlement samedi matin. Plus de 3000 personnes sont attendues.

La Ville de Québec met tout en œuvre pour barrer le chemin aux convois de camions qui menacent de paralyser le centre-ville de la Vieille Capitale.

Des camionneurs organisés en convois ont quitté vendredi la Côte-Nord et le Saguenay en direction du parlement pour imiter leurs confrères stationnés dans le centre-ville d’Ottawa depuis plus d’une semaine. Ils se sont toutefois heurtés à des forces de l’ordre déterminées à empêcher que le même scénario se produise sur leur territoire.

Des policiers en grand nombre ont assuré toute la journée la fluidité de la circulation sur le boulevard René-Lévesque. Quelques camions ont symboliquement été autorisés à s’arrêter. Les chauffeurs des autres poids lourds se sont résignés à tourner en rond, klaxonnant à chacun de leur passage devant une foule menue. Quelques centaines de manifestants ont tout de même bravé le froid au pied du parlement pour exprimer leur exaspération vis-à-vis des règles sanitaires.

Des manifestants ont aussi tenté de dresser des tentes afin de ravitailler leurs alliés en nourriture et en boissons chaudes. C’était peine perdue : les policiers de Québec ont successivement freiné l’installation de ces campements au pied du Grand Théâtre et sur les plaines d’Abraham. « Tout le monde a été très collaboratif », a précisé un porte-parole du Service de police de la Ville de Québec, David Pelletier, qui ne recensait aucun incident majeur en début de soirée.

« C’est le jeu du chat et de la souris », a laissé tomber un des contestataires, frustré de ne pas pouvoir installer un réchaud dans le quartier des ministères.

Le premier ministre François Legault avait donné le ton quelques heures plus tôt. « Ce dont on a convenu, avec Bruno Marchand [le maire de Québec] et les policiers, c’est d’agir rapidement, de ne pas les laisser s’installer », avait-il déclaré en conférence de presse à Montréal, mentionnant avoir « profité de l’expérience, de ce qui s’est passé à Ottawa ».

M. Marchand avait commenté la situation en affirmant vouloir respecter le droit de manifester, mais qu’en cas de dérapage, ce serait « tolérance zéro ».

Cette démonstration de force à Québec n’a attiré la sympathie d’aucun membre de l’Assemblée nationale. Même le chef du Parti conservateur, Éric Duhaime, et sa députée, Claire Samson, ont refusé de participer à la manifestation.

Les membres du convoi ont prévu se réunir de nouveau devant le parlement samedi matin. Plus de 3000 personnes sont attendues.

Indélogeables à Ottawa

À 450 kilomètres de là, dans la capitale fédérale, les autorités tentaient toujours de déloger les protestataires, maintenant bien installés devant la colline du Parlement.

Le service de police municipal a indiqué qu’il serait présent « 24 heures par jour durant les quatre prochains jours ». La GRC a également été appelée en renfort. Les forces de l’ordre ont expliqué qu’elles utiliseraient toute manifestation de haine, tout acte de harcèlement ou tout débordement pour justifier une arrestation ou le remorquage des camions. « Les véhicules stationnés illégalement seront remorqués et envoyés à la fourrière si nécessaire », a indiqué le chef de police d’Ottawa, Peter Sloly. Des barrières de béton et de l’équipement lourd ont aussi été déployés pour empêcher tout accès au centre-ville.

La stratégie de « siège » des partisans du « Convoi de la liberté » a subi un autre revers vendredi soir. La plateforme de sociofinancement GoFundMe a mis un terme à la levée de fonds destinée à financer ce mouvement d’opposition aux mesures sanitaires.

« Nous avons maintenant une preuve de la part des forces de l’ordre que les manifestations précédemment pacifiques sont devenues une occupation, avec des incidents violents et d’autres activités illégales », a expliqué l’entreprise dans un communiqué. GoFundMe remboursera ou redirigera vers des organismes de bienfaisance la grande majorité des plus de 10 millions de dollars recueillis.

Une nouvelle vague de manifestants devrait rejoindre ceux qui occupent Ottawa depuis plus d’une semaine. Les services de renseignement prévoient qu’entre 300 et 400 camions tenteront d’intégrer le rassemblement cette fin de semaine, ainsi que 1000 à 2000 personnes à pied.

Avec La Presse canadienne

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