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4 mois après avoir claqué la porte de son parti, la députée Amanda Simard ne regrette rien

logo de Radio-Canada.ca Radio-Canada.ca 2019-03-20 avec Angie Bonenfant
© Olivier Plante

Visiblement, la députée Amanda Simard s'est plutôt bien remise des circonstances qui ont mené à son départ du caucus progressiste-conservateur en novembre dernier. Elle ne regrette rien. Et si c'était à refaire, la « p'tite fille » d'Embrun n'hésiterait pas une seule seconde.

Mme Simard fait preuve de résilience. Elle n’a pas l’intention de ralentir ni même de baisser le ton. Elle défendra les francophones de sa circonscription, que cela plaise ou non au parti qui est pouvoir.

Lorsque ces décisions-là ont été prises lors de la crise linguistique, il était clair que la bonne chose à faire — la seule chose à faire — était de quitter, a rappelé l'élue de Glengarry—Prescott—Russell, en entrevue à Radio-Canada.

À ce moment-là, je voyais que l'alternative de rester n’était pas bien pour les gens de chez nous. Ce n’était pas la façon dont je pouvais les représenter, a-t-elle ajouté. En quelque sorte, a-t-elle expliqué, ce n’était pas une option pour elle de rester.

Définitivement, c’était la chose à faire.

Amanda Simard, députée de Glengarry—Prescott—Russell

C’est certains qu’il y en a qui ont dit qu’ils ont voté pour le parti et qu’ils n’ont pas voté pour la personne, a-t-elle concédé. Moi, je leur dis que je suis encore conservatrice fiscale et progressiste, socialement. Je suis la même personne qui a cogné à vos portes. Je crois encore qu’il faut mettre de l’ordre dans les finances du gouvernement.

Pas tous demeurent convaincus, toutefois. Beaucoup croient qu’Amanda Simard a fait le mauvais choix.

Les maires des Comtés unis de Prescott-Russell (CUPR) l’ont bien exprimé, en février dernier, en boudant la jeune députée lors du congrès de l'Association des municipalités rurales de l'Ontario (AMRO). Maintenant qu’elle siège comme indépendante, ils croient qu’elle n’a plus la légitimité pour les représenter.

Mme Simard se défend. Au début, je pense que les maires n’ont pas compris la situation et que l'alternative était pire que de rester à l’intérieur du parti, a-t-elle plaidé.

Si j’étais restée, j’aurais été benchée.

Amanda Simard, députée de Glengarry—Prescott—Russell

Son manque allégué de légitimité, c'est aussi ce que lui a maladroitement reproché l’ancien premier ministre conservateur Brian Mulroney, dimanche, à l'émission Tout le monde en parle. Comment espère-t-elle influencer le gouvernement en demeurant à l’extérieur du parti au pouvoir?

Une voix minoritaire même au sens du parti au pouvoir

Mme Simard rappelle qu’elle n’avait pas beaucoup de poids ni de pouvoir à l’époque où elle était l’adjointe parlementaire de Mme Mulroney. Le cercle restreint du premier ministre Doug Ford, qui tire pratiquement toutes les ficelles dans ce gouvernement, ne l’a jamais consultée.

Je ne suis plus autour de cette table-là, c’est vrai, mais il n’y a pas plus de différence maintenant qu’au moment où je l’étais, a-t-elle affirmé. Ironiquement, j’ai plus souvent un temps de parole à la Chambre en tant qu’indépendante. Je peux poser une question à chaque huit jours. Quand j’étais dans le caucus conservateur — il y avait 76 députés, à l’époque, il fallait attendre chacun notre tour.

Olivier Plante © Fournis par Canadian Broadcasting Corporation Olivier Plante

Présentement, Mme Simard est heureuse d’avoir retrouvé une liberté de parole. Elle savoure chaque moment de son statut d’indépendante, qu’elle n’est pas encore prête à troquer pour un poste dans une autre formation politique. Là, j’ai une plateforme pour parler et je peux dire les vraies choses et c’est ça qui est important, s’est-elle exprimé.

J’ai été élue pour représenter les gens de Glengarry—Prescott—Russell à Queen’s Park, pas pour représenter un parti dans Glengarry—Prescott—Russell.

Amanda Simard, députée de Glengarry—Prescott—Russell

Avant d'envisager un transfert au Parti libéral de l'Ontario, la jeune députée veut attendre de connaître l'identité du nouveau chef pour voir si sa vision est compatible avec la sienne. Elle ferme aussi la porte pour l’instant à une candidature libérale ou conservatrice aux prochaines élections fédérales du mois d’octobre.

Sa seule certitude, c’est qu’un retour au Parti progressiste-conservateur de l’Ontario est impossible, même si Doug Ford révise ses positions. La confiance est brisée, a-t-elle lâché. Je verrais ça difficilement. Il faudrait qu’il y ait beaucoup de changements dans les circonstances et dans l’environnement actuels à l’intérieur du parti.

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