Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

Bilan de l'an 1 : le gouvernement Legault accusé de « dogmatisme »

logo de Radio-Canada.ca Radio-Canada.ca 2019-10-01 Stéphane Bordeleau
© Mathieu Potvin

Un an jour pour jour après l’arrivée de la Coalition avenir Québec (CAQ) au pouvoir, les partis d’opposition dénoncent l'aveuglement du gouvernement, qui, disent-ils, s'entête à réaliser des projets qu’ils jugent contraires à l’intérêt public, notamment en matière d’éducation et d’environnement.

Dans le bilan qu’ils livraient mardi matin de la première année au pouvoir du gouvernement de François Legault, les partis d'opposition ont unanimement critiqué l’empressement des caquistes dans la réalisation de leurs projets, et ce, sans égard à l’avis des experts, des parlementaires et de la population.

La CAQ, qui avait promis en campagne un gouvernement du gros bon sens, a plutôt produit un gouvernement obsédé par des projets qui n’ont en fait aucun bon sens, a lancé le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois,

Depuis un an, la CAQ travaille au service de ses obsessions idéologiques. Obsession pour le troisième lien, malgré le fait que tous les experts reconnaissent qu’un tunnel routier ce n’est pas du développement durable, a-t-il déploré.

C’est un gouvernement qui fait la sourde oreille à tous ceux qui ne sont pas d’accord avec lui : les experts, les scientifiques, les partis d’opposition et pas plus tard que vendredi dernier, les jeunes.

Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de Québec solidaire

Gabriel Nadeau-Dubois a également dénoncé l'obsession des caquistes pour les maternelles 4 ans, une lubie de plus en plus coûteuse. Ou encore l’obsession pour GNL Québec, le gaz naturel que la CAQ s’obstine malgré toutes les évidences à nous présenter comme une énergie verte.

Les solidaires n’avaient par ailleurs pas de fleurs à offrir à François Legault pour la première année de son bilan environnemental.

Si ce n’était des efforts répétés et soutenus de Québec solidaire, le gouvernement n’aurait à peu près rien fait en matière d’environnement, a souligné l'autre co-porte-parole du parti, Manon Massé.

À Québec solidaire, on a poussé la CAQ. On les a poussés à se préoccuper de cette question-là. À ouvrir le dossier et se dire "qu’est-ce qu’on pourrait faire ?", a-t-elle souligné.

Les co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé livraient leur bilan de la première année au pouvoir des caquistes. © Fournis par Canadian Broadcasting Corporation Les co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé livraient leur bilan de la première année au pouvoir des caquistes.

Ce gouvernement vend de l’idéologie plutôt que ce qui est bon pour les Québécois.

Manon Massé, co-porte-parole de Québec solidaire

La santé et les aînés oubliés

Le constat de la première année au pouvoir de la CAQ est sensiblement le même dans les rangs de l’opposition libérale, dont le chef intérimaire, Pierre Arcand, a lui aussi souligné le dogmatisme de François Legault et de ses troupes.

Il avait le moyen d’accorder des baisses d’impôts, il ne l’a pas fait. Il s’acharne plutôt à vouloir tout réaliser en même temps, peu importe combien ça lui coûte, a-t-il déclaré.

Le premier ministre aurait aimé qu’on le laisse faire un chèque en blanc pour les maternelles 4 ans. Mais plus on pose des questions, plus on se rend compte que c’est boiteux, ce déploiement mur à mur des maternelles 4 ans, a rappelé M. Arcand, soulignant que 70 % des enfants des classes de maternelles 4 ans proviennent en fait des CPE.

Le chef intérimaire du PLQ, Pierre Arcand, estime que le gouvernement Legault n'aime pas « être redevable à lapopulation». © Fournis par Canadian Broadcasting Corporation Le chef intérimaire du PLQ, Pierre Arcand, estime que le gouvernement Legault n'aime pas « être redevable à lapopulation».

M. Legault gouverne un peu comme un exécutif qui n’a pas l’air d’aimer le Parlement, l’Assemblée nationale, les commissions parlementaires. […] Il ne semble pas toujours vouloir être redevable à la population.

Pierre Arcand, chef intérimaire du Parti libéral du Québec

Pour les libéraux, le gouvernement a été plutôt tranquille en matière de santé au cours de la première année de son mandat. Ce qui ne devrait pas être le cas compte tenu de toute l’importance que revêt cette mission de l’État et notamment de l’allongement des délais d’attente dans les hôpitaux depuis son arrivée au pouvoir.


La ministre [de la Santé] a été assez discrète au cours de la dernière année. Pourtant la santé est un dossier qui préoccupe la population, a-t-il rappelé.

L’opposition libérale souligne aussi l’oubli des aînés au cours de la dernière année par le nouveau gouvernement. Aujourd’hui, c’est la journée nationale des aînés et nous attendons toujours des actions concrètes de la ministre Blais, qui, jusqu’à présent, a plutôt mené une opération de relations publiques, a déploré le chef intérimaire du PLQ.

M. Arcand a aussi tenu à rappeler que sans le travail des députés libéraux Dominique Anglade et Monsef Derraji, le gouvernement caquiste aurait passé à la déchiqueteuse plus de 18 000 demandes d’immigration.

Euphorie du pouvoir

Chez les péquistes, on a plutôt mal accueilli la sollicitation d’un second mandat par le premier ministre Legault, qui expliquait dans une récente entrevue au réseau TVA qu’il aurait besoin de plus de temps pour compléter ses réformes.

Le faux pas c’est d’évoquer après un an de mandat que ça prend un deuxième mandat. Il y a un mot pour ça. C’est faire preuve d’outrecuidance, et c’est le mot qui définit le mieux la situation. Mais d’ici à ce qu’il sollicite son deuxième mandat, on aura des questions à lui poser.

Pascal Bérubé, chef intérimaire du Parti québécois

Le chef libéral Pierre Arcand a pour sa part parlé d’arrogance pour qualifier cette demande du premier ministre.

Le ministre de l'Immigration et leader parlementaire de la CAQ, Simon Jolin-Barrette, et le premier ministre François Legault se félicitent de l'adoption du PL 21, dimanche soir, au Salon bleu. © Fournis par Canadian Broadcasting Corporation Le ministre de l'Immigration et leader parlementaire de la CAQ, Simon Jolin-Barrette, et le premier ministre François Legault se félicitent de l'adoption du PL 21, dimanche soir, au Salon bleu.

Constatant que l’euphorie s’est installée ces derniers jours au sein du gouvernement Legault où on célèbre une première année passée au pouvoir, Pascal Bérubé a tenu à rappeler au gouvernement « qu’il y a des gens qui n’ont rien à célébrer ».

Des familles qui cherchent des places en CPE, des familles qui aimeraient que leurs enfants qui sont lourdement handicapés soient pris en charge. Dans le domaine de la santé, des gens qui voient que l’attente s’est prolongée, qui attendent pour des chirurgies, des régions qui attendent l’Internet haute vitesse, ces gens-là ne célèbrent pas.

Rappelant la crise qui secoue l’UPAC et la direction de la Sûreté du Québec, le chef péquiste a souligné l’inaction, voire l’improvisation du gouvernement dans ces dossiers.

Pascal Bérubé n'avait pas davantage de meilleurs mots pour la réforme du scrutin présentée la semaine dernière. Déçu, le chef péquiste a estimé que le gouvernement, qui s’était engagé à réformer le système électoral avant les prochaines élections de 2022, n’avait en fait aucune intention de le faire parce qu’il bénéficie actuellement de l’ancien système.

Ce n’est pas tellement différent de Justin Trudeau, au fond c’est la même chose.

Pascal Bérubé, chef intérimaire du Parti québécois


Publicité
Publicité
image beaconimage beaconimage beacon