Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

La Nation Nishnawbe-Aski veut un meilleur financement du service de sécurité incendie

logo de La Presse CanadienneLa Presse Canadienne 2022-01-18
© Fournis par La Presse Canadienne

TORONTO — Un organisme représentant les Premières Nations du nord-ouest de l'Ontario demande aux gouvernements fédéral et provincial de rehausser le financement des services de protection contre les incendies dans les communautés autochtones à la suite du décès de trois enfants.

Le grand chef adjoint de la Nation Nishnawbe-Aski, Bobby Narcisse, affirme que la tragédie qui a frappé la Première Nation de Sandy Lake, vendredi dernier, est la conséquence des ressources inadéquates dans les services de protection contre les incendies.

Selon lui, Ottawa et Toronto devraient aider les Premières Nations à mettre en place des plans d'action en matière de sécurité incendie pour s'assurer que toutes les résidences et les infrastructures à l'intérieur des réserves respectent le Code national de prévention des incendies.

«Dans le fond, on demande l'équité en matière de ressources pour être en mesure de faire ce travail très important dans nos communautés», a soutenu M. Narcisse en entrevue.

«Aucune autre perte de vie inutile ne devrait survenir. Et nos enfants et nos familles méritent de vivre dans des logements adéquats, sécuritaires, et de bénéficier d'infrastructures de prévention contre les incendies», a-t-il ajouté.

La cheffe de la Première Nation de Sandy Lake, Delores Kakegamic, a rapporté que les pompiers de la communauté s'étaient rapidement rendus à la résidence en flammes, vendredi dernier, mais que les bornes d'incendie ne fonctionnaient pas en raison du froid trop intense. Une seule citerne devait donc faire l'aller-retour pour alimenter les pompiers en eau.

De nombreuses communautés autochtones doivent s'en remettre à des pompiers volontaires sous-équipés en guise de service de protection contre les incendies. Une réalité qui s'explique par le manque de financement nécessaire à l'embauche de directeurs de service permanents et d'acquisition d'équipement, explique M. Narcisse.


Vidéo: Les mesures se resserrent un peu partout au pays (Radio-Canada.ca)

Le ministère des Services aux Autochtones indique sur son portail web qu'il fournit un financement annuel général aux Premières Nations qui peut être utilisé pour la protection contre les incendies. Le montant dépend du nombre de bâtiments de chaque communauté, de sa localisation et de sa population.

Toujours selon le ministère, 33,7 millions $ ont été investis en moyenne chaque année, en dehors du financement général, pour soutenir les services incendie des Premières Nations entre 2015-16 et 2019-20.

Un porte-parole du ministère, Matthew Gutsch, a indiqué qu'une nouvelle caserne d'incendie avait été inaugurée à Sandy Lake l'été dernier grâce à un financement de 1,2 million $ de Services aux Autochtones Canada.

Le Bureau du commissaire des incendies de l'Ontario dit être prêt à collaborer avec les Premières Nations pour régler tout enjeu lié à la protection contre les incendies.

Blaine Wiggins, directeur général de l'Association des pompiers autochtones du Canada, explique que ce qui nuit grandement aux efforts des Premières Nations pour combattre les incendies mortels c'est que les normes de protection contre les incendies ainsi que les normes de santé et sécurité au travail ne s'appliquent pas sur les réserves.

«L'enjeu principal réside dans ces normes applicables qui n'existent pas à l'intérieur des communautés des Premières Nations», insiste M. Wiggins.

«Dans chaque province et territoire, il y a une loi sur la sécurité incendie. Pour les Premières Nations, il n'y a pas de loi sur la sécurité incendie», renchérit-il.

M. Wiggins reconnait tout de même que certaines Premières Nations ont adopté leurs propres règlements en la matière, comme la Première Nation Rama, au nord de Toronto. Cette dernière n'a enregistré aucun décès lié à un incendie depuis l'adoption de son règlement en 2015.

Toutefois, d'autres enjeux favorisent un taux plus élevé de décès liés aux incendies dans les communautés autochtones. On parle notamment de l'état des logements, du manque d'entretien et de la surpopulation.

Maan Alhmidi, La Presse Canadienne

Publicité
Publicité
image beaconimage beaconimage beacon