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Le français négligé par le gouvernement du N.-B. pendant la pandémie

logo de Radio-Canada.ca Radio-Canada.ca 2021-10-27 Pascal Raiche-Nogue
La commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, Shirley MacLean, a présenté son rapport annuel mercredi matin. © /Radio-Canada La commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, Shirley MacLean, a présenté son rapport annuel mercredi matin.

La langue française a souvent été reléguée au second plan par le gouvernement du Nouveau-Brunswick dans ses communications liées à la COVID-19. C’est ce que souligne la commissaire aux langues officielles dans son rapport annuel, déposé mercredi.

Dès le début de la pandémie de la COVID-19 au Nouveau-Brunswick, le Commissariat aux langues officielles du Nouveau-Brunswick a remarqué que les langues officielles étaient malheureusement trop souvent reléguées à l’arrière-plan lors des communications en temps de crise», affirme Shirley MacLean dans son rapport.

Cette relégation au second plan s’est poursuivie au cours des mois qui ont suivi l’arrivée du virus dans la province.

Au cours de l'année 2020-2021, 38 des 127 plaintes recevables déposées au Commissariat étaient liées à la pandémie. L'écrasante majorité, soit 35 d''entre elles, étaient pour des lacunes en matière de services en français.

Blaine Higgs lors du point de presse sur la COVID-19, le jeudi 21 janvier 2021. Malgré une traduction simultanée, l'anglais est prédominant lors des mises à jour provinciales sur la pandémie. © /Radio-Canada Blaine Higgs lors du point de presse sur la COVID-19, le jeudi 21 janvier 2021. Malgré une traduction simultanée, l'anglais est prédominant lors des mises à jour provinciales sur la pandémie.

Plusieurs plaintes de francophones

Des francophones ont notamment rapporté qu’ils n’ont pas obtenu de services dans leur langue aux postes frontaliers interprovinciaux à Aulac, à Saint-Jacques et à Cap-Jourimain.

Dans les quatre cas, les plaignants ont demandé un service en français, et les employés sur place ne pouvaient pas parler français. Les plaignants ont donc dû poursuivre leurs échanges en anglais», précise Shirley MacLean.

Un autre plaignant a rapporté que les appels automatisés de suivi effectués par le gouvernement provincial – pour vérifier s’il respectait les règles sanitaires à son retour d’un voyage au Québec – étaient seulement en anglais.

Le Commissariat a également reçu des plaintes dénonçant la présence d’agents de sécurité unilingues anglophones chez Alcool NB à Caraquet et dans des bureaux de Service Nouveau-Brunswick à Dieppe et à Bouctouche. Ces agents avaient été dépêchés à l’entrée de ces lieux afin de contrôler l’entrée des clients, en raison de la COVID-19.

Le magasin d'Alcool NB à Caraquet © René Landry/Radio-Canada Le magasin d'Alcool NB à Caraquet

D’autres plaintes liées à la pandémie portent entre autres sur les services en français offerts à des centres de dépistage de la COVID-19 et lors d’une réunion virtuelle regroupant des élus municipaux et provinciaux.


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La commissaire vante la coopération des institutions visées

Dans son rapport, Shirley MacLean reconnaît que le gouvernement du Nouveau-Brunswick a fait face à une tâche herculéenne » et qu’il a dû s’adapter rapidement, surtout au début de la pandémie.

Mais lorsqu’il est question de santé, l’importance de recevoir des informations précises et fiables en temps opportun est d’autant plus évidente», dit-elle en rappelant que les francophones et les anglophones ont le droit d’obtenir des services dans la langue officielle de leur choix.

La commissaire note également la coopération et le dévouement des institutions visées» par les plaintes en vertu de la Loi sur les langues officielles (LLO).

Jamais nos correspondances, nos courriels, ou nos appels téléphoniques n’ont été ignorés. Nous avons pu constater que, même sous un stress énorme, les institutions ont continué à reconnaître leurs obligations linguistiques en vertu de la LLO. Elles ont reconnu leurs erreurs et se sont rapidement engagées à faire mieux», dit-elle dans son rapport.

Un rapport qui manque de mordant, selon la SANB

La Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick a rapidement réagi au rapport, mercredi. Elle l'a critiqué en affirmant qu'il manque de mordant».

Alors que le Commissariat a traditionnellement joué le rôle de chien de garde des droits linguistiques, il est clair que Mme MacLean cherche à jouer un rôle de promotion plutôt que de défense des droits linguistiques des francophones, qui sont année après année les grands perdants du bilinguisme officiel tel qu’incarné par le gouvernement Higgs», affirme l'organisme dans un communiqué de presse.

Selon la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick, le Commissariat semble très peu engagé dans la défense des droits linguistiques».

Le député vert de Kent-Nord, Kevin Arseneau, a pour sa part affirmé sur Twitter qu'il est déçu par le rapport » puisqu'il comprend peu de recommandations fermes».

II invite Shirley MacLean à exiger des améliorations et à faire preuve de plus d'audace.

Le député libéral de Kent-Sud, Benoît Bourque, a adopté un ton moins dur.

Dans une déclaration écrite, il affirme que le rôle de la commissaire est à la fois d'enquêter, de déposer des rapports et de faire des recommandations.

La commissaire semble mettre l’accent sur la promotion des deux langues officielles. Son rapport comporte peu de recommandations», affirme-t-il.

Benoît Bourque s'en prend plutôt au gouvernement de Blaine Higgs, qu'il accuse de ne pas s'acquitter de ses obligations en matière de droits linguistiques.

Le manque de communication en français est non seulement inacceptable vis-à-vis de la loi, il pourrait avoir de graves conséquences sur la santé et la sécurité des gens. On voit également de nombreuses plaintes contre des ministères du gouvernement, c'est totalement inacceptable.»

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