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Le Trudeau nouveau est arrivé

logo de Radio-Canada.ca Radio-Canada.ca 2018-06-11 CBC/Radio-Canada
Le Trudeau nouveau est arrivé © Justin Tang Le Trudeau nouveau est arrivé

Quand on écrira l'histoire de ce mandat de Justin Trudeau comme premier ministre, il y a fort à parier qu'on dira que le moment le plus sombre a été sa tournée théâtrale en Inde. Mais on dira aussi que la remontée a commencé quelques semaines plus tard, quand il a pleinement assumé son rôle de président du G7.

Une analyse de Michel C. Auger , animateur de Midi info

En fait, ce n’est pas tant la réunion de La Malbaie qui est importante, c’est la réaction de M. Trudeau aux tentatives du président Donald Trump de bouleverser le commerce international, essentiellement pour des raisons à court terme, soit les élections de mi-mandat en novembre.

C’est peu avant La Malbaie que M. Trudeau a fini par changer de ton avec Donald Trump et qu’il a dit ce que bien des Canadiens souhaitaient qu’il réponde enfin au président américain.

Le ton était, franchement, plus important que la substance. Le Canada en avait assez des discours du président Trump sur l’injustice subie par les États-Unis dans tous les accords commerciaux signés par tous ses prédécesseurs depuis des décennies.

D’autant que ce discours ne tient pas la route. Oui, le Canada impose des droits sur les produits agricoles américains et tient à son système de gestion de l’offre. Mais les États-Unis subventionnent largement leur agriculture, y compris pour des fermiers morts et d’autres dont les fermes ne produisent plus rien, ce que dénoncent régulièrement les républicains comme preuve de l’inefficacité gouvernementale!

On parle donc de subventions estimées à plus de 20 milliards de dollars américains pour le seul gouvernement fédéral. Ce qui ne tient pas compte des subventions des États ou des programmes comme l’assurance-récolte.

Dans un monde idéal, disait M. Trump en fin de semaine, il n’y aurait ni barrières tarifaires ni subventions. Mais le président ne dénonce jamais que les premières et oublie commodément les secondes.

Répéter ce qu’ils avaient dit

En fin de semaine, et en particulier à la fin du Sommet du G7, M. Trudeau et les porte-parole du gouvernement canadien n’ont rien fait d’autre que de répéter ce qu’ils avaient dit déjà sur les grands médias américains sept jours plus tôt : dire que l’imposition de tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium canadien était justifiée par la sécurité nationale des États-Unis représentait une insulte pour le Canada.

On pourrait ajouter que depuis quelques semaines, il est devenu de plus en plus clair que les Américains ne négociaient pas en totale bonne foi la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain. Des questions essentielles pour le Canada, comme l’absence d’une clause crépusculaire – qui aurait forcé la renégociation totale de l’accord tous les cinq ans –, ont été régulièrement ramenées sur la table par les Américains.

L’avantage est pourtant simple : en l’absence de stabilité, les investisseurs auront plus facilement tendance à choisir de placer leur argent aux États-Unis plutôt qu’au Mexique ou au Canada.

Pourquoi le Canada accepterait-il un tel marché qui est aussi évidemment contraire à ses intérêts? C’est pourtant ce que reproche le président Trump au premier ministre Trudeau, ses thuriféraires ajoutant même qu’il a été poignardé dans le dos.

Cela a causé deux répliques très différentes. D’abord, les autres membres du G7 se sont rangés, pour l’essentiel, du côté du Canada. Et les politiciens américains ont, du côté démocrate et aussi de plusieurs républicains, fait fi du principe non écrit voulant qu’on ne critique pas le président quand il est en mission à l’étranger.

Tout cela renforce, au moins à court terme, la main du premier ministre Trudeau. Fort de l’appui d’adversaires politiques comme le premier ministre désigné de l’Ontario, Doug Ford, ou du chef conservateur albertain, Jason Kenny, M. Trudeau peut penser qu’il est le grand défenseur de son pays et qu’il a retrouvé la cape de « Capitaine Canada », qui avait si bien servi son père à l’époque.

Alors même que le président Trump s’engage dans un sommet avec un dictateur asiatique, il lui sera difficile de faire oublier qu’il a abandonné, quelques jours plus tôt, certains de ses alliés les plus sûrs.

Un G7 difficile, certes, mais pas nécessairement au désavantage du premier ministre canadien. Parce que celui qui s’y retrouve isolé n’est pas Justin Trudeau, mais Donald Trump.

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(Vidéo par Radio-Canada)

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