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Legault prévient les syndicats du secteur public: il n'y a plus d'argent

logo de La Presse canadienneLa Presse canadienne 2019-09-13 Jocelyne Richer
© Fournis par Canadian Press Enterprises Inc

RIVIÈRE-DU-LOUP, Qc — Les prochaines négociations entre l'État et les syndicats du secteur public, qui doivent débuter cet automne, s'annoncent difficiles.

Les employés du secteur public ne doivent pas s'attendre à obtenir des augmentations salariales supérieures à l'inflation, a dit le premier ministre François Legault, vendredi.

Il y aurait quelques exceptions, dont les préposés aux bénéficiaires et les enseignants au bas de l'échelle, deux groupes qui pourraient espérer davantage.

On croyait que le Québec avait accumulé dans ses coffres des milliards de surplus, et que tout un chacun pourrait se servir, mais apparemment ce n'est plus le cas. Les syndiqués du secteur public ont donc intérêt à avoir des attentes salariales bien modestes.

Pour l'essentiel, c'est le message que le premier ministre François Legault a lancé vendredi, en conférence de presse, à la clôture du caucus de deux jours de ses députés, tenu à Rivière-du-Loup, pour préparer la rentrée parlementaire.

M. Legault a tenu d'entrée de jeu à corriger le tir, affirmant que les milliards de surplus engrangés sont déjà affectés à remplir certaines promesses électorales coûteuses, comme la réduction d'environ de moitié de la taxe scolaire et les allocations familiales, qui ont été bonifiées pour le deuxième et le troisième enfant.

«Quand on respecte l'engagement de remettre de l'argent dans le portefeuille des Québécois, il n'en reste plus de marge de manoeuvre», a commenté le premier ministre.

Le surplus budgétaire, qui attise bien des convoitises, devrait atteindre cette année 4,3 milliards $, selon l'Institut du Québec, après le versement au Fonds des générations de quelque 3,1 milliards $. Il pourrait même dépasser les 5 milliards $, selon certaines estimations.

«Les surplus appartiennent aux Québécois, ils n'appartiennent pas aux groupes de pression, ils n'appartiennent pas aux syndicats», a martelé M. Legault, qui se dit en faveur de l'instauration de «rémunérations différenciées», variant selon les catégories d'employés, une pratique qui ne fait pas partie des moeurs du secteur public.

«C'est pas une bonne idée de donner la même augmentation à tout le monde», selon lui.

C'est le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, qui pilotera les négociations.

«On va pas s'asseoir sur notre steak dans les prochains mois», a prédit M. Legault, en parlant du menu chargé de la prochaine session parlementaire, qui débute mardi, et qui inclut la négociation des contrats de travail du demi-million d'employés de l'État.

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